Ekium
Ekium ne vend pas une énergie, mais la capacité à faire tourner les usines, les réseaux et les grands chantiers qui doivent survivre à la décennie carbone.
À propos de Ekium
1. Modèle économique
Ekium est une société d’ingénierie et d’automation née à Lyon, aujourd’hui forte de 2 500 collaborateurs dans 11 pays, adossée depuis 2017 au groupe SNEF. Son métier: vendre des études, de l’intégration de systèmes, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, du pilotage de projets et de l’exécution technique pour les industries de procédés, du nucléaire à la pharma en passant par l’hydrogène, l’hydraulique ou l’offshore. En public, l’entreprise ne publie pas de chiffre d’affaires standalone récent sur les pages consultées; en revanche, sa maison mère revendique 1,965 milliard d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2024 et 3,5 milliards d’euros de carnet de commandes, Ekium faisant partie des sept marques du groupe.
La dépendance économique d’Ekium est claire: elle vit de la dépense d’investissement et de modernisation de ses clients industriels. Cela lui donne un profil moins spéculatif qu’une cleantech pure, mais très exposé aux cycles de capex, aux grands contrats et aux arbitrages réglementaires. L’intégration de Sofresid Engineering début 2025 et l’acquisition de Scitech ont encore élargi ce portefeuille, notamment dans les life sciences, l’éolien offshore et l’ingénierie process.
2. Impact réel
L’impact climatique d’Ekium est indirect mais tangible: l’entreprise intervient là où se jouent les gains réels, dans l’électrification des procédés, la valorisation de chaleur fatale, le monitoring énergétique, l’optimisation des utilités et le montage de dossiers de financement ADEME ou Bpifrance. Elle est positionnée sur des briques utiles de la transition industrielle française, au moment où la PPE 3 pousse à la baisse de la part des fossiles dans la consommation finale d’énergie à 40% en 2030, contre 58% en 2023.
Dans le concret, Ekium accompagne H2V59 à Dunkerque sur une unité d’hydrogène vert par électrolyse, a piloté une étude d’e-kérosène de 30 kt/an pour Hynamics et intervient sur la rénovation de l’aménagement hydroélectrique du Cheylas, dont les travaux courent de 2023 à 2029. Mais il faut garder la tête froide: l’ADEME rappelle que l’hydrogène français reste largement fossile aujourd’hui, et ses électrocarburants nécessitent des volumes massifs d’électricité bas carbone et de CO2 non fossile pour devenir crédibles à grande échelle.
3. Innovations / partenariats
Ekium avance moins par effet d’annonce que par maillage industriel. Le partenariat signé avec Schneider Electric à Global Industrie 2025 lui ouvre le programme Alliance Partner et l’écosystème EcoStruxure, après un premier ancrage chez AVEVA. Sur le front techno, l’entreprise revendique aussi un brevet développé avec EDF pour améliorer la performance des systèmes de sécurité incendie.
Côté projets, le portefeuille est large: contrats-cadres Edvance au Royaume-Uni pour Hinkley Point C et Sizewell C, design sur les parcs offshore de Fécamp et du Calvados, montée en puissance dans les carburants de synthèse avec Hynamics. Ekium n’est pas un inventeur de rupture; c’est plutôt un agrégateur d’expertises capable de transformer une intention politique ou industrielle en installation exploitable.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de greenwashing existe précisément parce qu’Ekium occupe les deux côtés du miroir. L’entreprise parle décarbonation, efficacité énergétique et achats responsables dans sa charte RSE 2023, mais l’intégration de Sofresid a aussi renforcé son exposition à l’upstream oil & gas, présenté noir sur blanc comme un axe de compétences depuis 2025. Sa vitrine brestoise assume d’ailleurs des références subsea pétro-gazières pour Saipem entre 2022 et 2024.
Deuxième zone grise: l’e-kérosène et l’hydrogène vert sont politiquement désirables, mais industriellement encore fragiles. Connaissance des Énergies souligne que les projets européens d’e-SAF se multiplient sans décision finale d’investissement massive, tandis que l’ADEME rappelle leur appétit colossal en électricité et en CO2 biogénique. Autrement dit: l’ingénierie est prête plus vite que l’économie réelle.
5. Positionnement stratégique
Ekium est bien placée sur un marché qui va grossir: l’industrie française doit électrifier, moderniser et sécuriser ses sites sous pression combinée de la PPE 3 et du futur plan d’électrification suivi par GreenUnivers. Son atout, c’est de vendre de la mise en œuvre là où beaucoup ne vendent encore que de la narration. Son talon d’Achille, c’est que cette même polyvalence l’oblige à rester branchée sur des secteurs carbonés tant qu’ils paient les études.
Verdict WattsElse
Ekium ressemble à la transition telle qu’elle est vraiment: hybride, rentable, parfois contradictoire, mais opérationnelle. Une ingénierie qui peut accélérer la bascule bas carbone, à condition de ne pas continuer trop longtemps à monétiser l’ancien monde au même rythme que le nouveau.
Sources : ekium.eu · snef.fr · ekium.eu · ekium.eu · ekium.eu · connaissancedesenergies.org · ekium.eu · ekium.eu · ekium.eu · librairie.ademe.fr · ekium.eu · ekium.eu · ekium.eu · ekium.eu · connaissancedesenergies.org · librairie.ademe.fr · greenunivers.com
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