El Pelícano Solar Company SpA
Derrière une success story de décarbonation du transport public — centaine de MW injectés sur le réseau et contrat long terme avec le métro — se profilent des frictions réglementaires sérieuses et un dossier de conformité environnementale encore ouvert.
À propos de El Pelícano Solar Company SpA
1. Modèle économique
El Pelícano Solar Company SpA est la société titulaire d’un parc photovoltaïque de grande taille sur le secteur La Higuera, à la limite des régions de Coquimbo et d’Atacama, structuré autour d’une production vendue en gros sur le système interconnecté central et d’un lien contractuel majeur avec Metro de Santiago via un achat d’électricité à long terme. Selon le portefeuille d’Actis, il s’agit d’un actif d’environ 110 MWc dont la production moyenne annuelle est de l’ordre de 300 GWh, alimentant en partie la demande du métro capitalino (fiche investissement Actis). À l’époque du chantier, le ministère chilien de l’Énergie quantifiait l’enveloppe d’investissement à 212 millions de dollars pour une centrale alors annoncée à 100 MW de capacité installée et 300 GWh/an, avec un impact sur environ 42 % de la consommation électrique du métro pour la part purement photovoltaïque du schéma (visite ministérielle de 2017). La chaîne de valeur combine propriété financière étrangère — au sein du périmètre Phoenix Infrastructure d’Actis, après acquisition historique depuis SunPower en 2018 (communiqué de presse) — et gestion locale confiée selon le site corporate à SolarPack (présentation Pelicano Solar). Chiffre d’affaires annuel consolidé et effectif permanent du véhicule SpA : non retrouvés dans les jeux de données publiques accessibles sans bases commerciales spécialisées ; en phase de construction, le ministère évoquait jusqu’à 500 emplois en période de forte intensité de travaux (même source ministérielle).
2. Impact réel
L’impact climat du site se lit d’abord à l’échelle du réseau : chaque année, des centaines de GWh photovoltaïques remplacent, en moyenne, de l’électricité qui aurait sinon été produite par un mix encore partiellement thermique. Le portefeuille Actis arrondit l’équivalence sociale à 125 000 foyers pour cette production (fiche investissement Actis ; le ministère de l’Énergie reprenait déjà en 2017 le même ordre de grandeur des « 125 mil hogares » — source gouvernementale). Pour le transport urbain, la success story se complète par l’éolien en complément : des reportages de presme généraliste attribuent au couple solaire–vent une réduction d’environ 130 000 tonnes de CO₂ par an pour le métro, chiffre à comprendre au niveau du programme global de renouvelables du réseau, pas d’El Pelícano isolé (Swissinfo). Hors Union européenne, ces actifs ne tombent pas sous le CSRD : la lecture « PPE3 / ADEME » reste surtout un repère pour le lecteur français — la trajectoire nationale de référence est celle fixée par la politique climatique chilienne, que les médias résument souvent autour d’une montée en charge des renouvelables à l’horizon 2050 (Swissinfo), sans ligne directe avec les objectifs français.
3. Innovations / partenariats
Le projet a été un cas d’école d’appel d’offres public pour le métro et de PPA institutionnel à très long terme, avant l’entrée d’Actis et la professionnalisation des opérations. Techniquement, la fiche sectorielle BNamericas recense 253 920 panneaux et un positionnement précis côté Atacama/Coquimbo (profil BNamericas). La durabilité opérationnelle repose aujourd’hui sur la combinaison « propriété infrastructure + administreur expérimenté » décrite sur le site Pelicano Solar, qui institutionnalise le rôle de SolarPack (site corporate). Côté « soft power », Actis met en avant des actions locales chiffrables — 109 kits solaires pour des familles rurales, 200 élèves touchés par des ateliers, 60 panneaux offerts à la municipalité (fiche investissement Actis).
4. Greenwashing / zones grises
Le discours RSE ne suffit pas quand le cadre réglementaire local s’alourdit. Depuis le 28 février 2023, la Superintendencia del Medio Ambiente a ouvert une procédure sanctionnatoire F-013-2023 sur le « Proyecto Fotovoltaico El Pelicano », avec des charges formelles pour non-respect de conditions attachées à la résolution de qualification environnementale RCA n° 200/2015 (fiche SNIFA) : au 10 décembre 2024, le contentieux concurrentiel éclate au grand jour lorsque le Tribunal de Défense de la Libre Concurrence rejette la plainte de Phoenix Infrastructure Holdings SpA et El Pelícano Solar Company SpA contre Transelec pour abus de position dominante sur des clauses de transport, validant en substance la posture du gestionnaire de réseau (sentencia TDLC 198/2024). Sur le voisinage, une presse locale de La Higuera relate en juillet 2025 des organisations qui se disent exclues de plans de gestion environnementale côtiers, dans un climat déjà tendu autour des arbitrages publics sur le territoire (El Comunal). L’addition est pénible pour une bannière « solaire exemplaire » : greenwashing factuel si l’on surenchérit sur le bilan carbone sans mentionner 110,46 MWp et des manquements mis en cause par la SMA (fiche SNIFA), ou risque réputationnel si l’on passe sous silence le désaccord structurel avec le transport d’électricité (analyse Concurrences).
5. Positionnement stratégique
El Pelícano reste un actif clé dans la plate-forme d’infrastructures énergétiques d’Actis en Amérique latine : un gisement solaire de classe mondiale, verrouillé par un PPA avec un acheteur quasi monopolistique du transport public à Santiago. La valeur résiduelle dépend cependant de la qualité du lien transport et du respect des engagements environnementaux — deux variables où 2024–2025 ont livré un signal négatif aux investisseurs comme aux parties prenantes (sentencia TDLC, fiche SNIFA). Dans un marché chilien où la croissance du renouvelable est rapide mais conflictuelle, la différenciation ne passe plus seulement par le compteur MWh : elle se joue au tribunal, chez le régulateur, et dans la salle du conseil communal.
Verdict WattsElse
Un joyau du désert utile au climat urbain, mais terni par un double échec de conformité et de stratégie réseau : le photovoltaïque n’achète pas l’impunité sur le droit de l’environnement ni sur les lignes haute tension.
Sources : act.is · energia.gob.cl · prnewswire.com · pelicanosolar.cl · swissinfo.ch · bnamericas.com · snifa.sma.gob.cl · tdlc.cl · elcomunal.cl · concurrences.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
SIREA
Spécialiste français de l'automatisme industriel et du stockage d'énergie, SIREA aime aussi les batteries de seconde vie, autant que sa levée de fonds fraîchement mise au chaud.
Voir la ficheBlue Ape Renewables
Installateur résidentiel et PME régionale né du boom post-Covid, Blue Ape vend la promesse d’un « energy stack » domestique sous un angle anti-arnaque : prix affichés, vidéos de chantiers, labels MCS et accolades de presse spécialisée.
Voir la ficheAnhui Huainan Luoneng Power Generation Co Ltd
Anhui Huainan Luoneng Power Generation — la société de droit chinois qui exploite la centrale de Luohé, dans l’Anhui — incarne le paradoxe national : records d’énergies renouvelables en façade, charbon en fondation.
Voir la ficheGR Canelo
GR Canelo SpA n’est pas un « géant » en soi : c’est une boîte de production raccordée au réseau chilien, érigée autour de la centrale PV de Marchigüe.
Voir la ficheDommo Energia
** Ce qui s’appelait encore OGX il y a quinze ans incarne aujourd’hui la revanche industrielle du pétrole brésilien mature : intégrée à PRIO, absorbée en Bourse, la coquille Dommo ne vend plus de barils sous sa propre étiquette — mais ses champs continuent de structurer la rentabilité d’un groupe qui vise désormais des volumes d’indépendant majeur.
Voir la ficheCenal Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Cenal n’est pas une « énergie verte » : c’est un des plus gros blocs charbon ultra-supercritique de Turquie.
Voir la ficheGeneradora Metropolitana
À Santiago comme dans le désert d’Atacama, Generadora Metropolitana incarne le pari d’une filiale électrique « binationale » : moitié EDF (France), moitié AME (Chili), accrochée aux grands comptes industriels et minière.
Voir la ficheHydro-Morin (Société en Nom Collectif)
Le fichier WattsMonde dit « Société en Nom Collectif » et « pays non précisé » : sur le terrain public, la piste la plus solide ne mène pas à une SNC française d’EnR introuvable dans les annuaires habituels, mais à un duo de minicentrales sur le fin fond du Lac-Saint-Jean, dans l’orbite du Groupe Morin.
Voir la ficheGading Kencana Sdn Bhd
Pionnier du photovoltaïque outre-Mers, Gading Kencana Sdn Bhd aligne aujourd’hui 123 MW de solaire en exploitation ou en chantier et vise une cotation à Bursa Malaysia au quatrième trimestre 2027 — au moment où des agrégats financiers publics dressent un contraste brutal entre croissance d’actifs et effondrement de la marge opérationnelle sur l’exercice…
Voir la ficheAPI 653
API 653 n’est pas une « entreprise » au sens bilan/consolidé : c’est le référentiel mondial de l’American Petroleum Institute pour l’inspection, la réparation et la reconstruction des réservoirs de stockage atmosphériques.
Voir la ficheCompañías Asociadas Petroleras S.A.
Le nom juridique évoque le pétrole classique ; la cote boursière raconte une énergie « intégrée » qui empile gaz, export de brut, éolien, solaire et une timide filière hydrogène.
Voir la ficheFranco-German Office for the Energy Transition (OFATE)
Bureau franco-allemand qui troque la complexité énergétique contre un échange diplomatique bien huilé, avec une pincée d'événements pour la forme.
Voir la ficheIUE
L’İzmir Ekonomi Üniversitesi (IEU), fondée en 2001 et implantée à İzmir, n’est pas un opérateur énergétique classique : c’est une université privée turque qui a fait de l’énergie et du climat un levier d’influence — avec un centre dédié en 2024 et des projets européens à neuf chiffres.
Voir la ficheArverne Group
Exploiter la chaleur cachée sous nos pieds, avec un soupçon de lithium, voilà le programme d'Arverne Group — pour une énergie verte... mais pas complètement enfouie sous la surface.
Voir la ficheVantaan Energia Sähköverkot Oy
Vantaa (Finlande) — Filiale du groupe municipal Vantaan Energia, Vantaan Energia Sähköverkot Oy n’est ni un producteur grand public ni une start-up : c’est le gestionnaire de réseau de distribution qui tient la « prise » de la ville-région de Vantaa.
Voir la ficheRonneby Miljö & Teknik AB
Régie à 100 % du comté de Blekinge, Ronneby Miljö & Teknik AB incarne l’utilité municipale suédoise « tout-en-un » : électricité, chaleur urbaine, eau, déchets, fibre.
Voir la ficheINSTITUTE OF BIODIVERSITY AND ECOSYSTEM RESEARCH BAS
L’IBER n’est pas un producteur d’électricité : c’est l’un des poids lourds publics de la recherche sur les écosystèmes dans les Balkans, à Sofia, où l’éolien terrestre croise des zones Natura 2000 et des espèces emblématiques.
Voir la ficheGenius Watter
Genius Watter ne vend pas uniquement une centrale : elle promet une micro‑distribution d’eau couplée au photovoltaïque là où les canalisations urbaines sont absentes, avec une croissance très affirmée mais des signaux financiers et RH à redécouper à la loupe.
Voir la ficheElectroandina
Héritière directe d’Electroandina S.A., la filiale chilienne du groupe Engie affiche aujourd’hui des métriques de prime de croissance — et se retrouve en première ligne d’une bataille judiciaire et citoyenne sur la fin du charbon.
Voir la ficheM2i
L’oignon n’a pas de calotin, mais l’acier en a un : couche après couche d’hydrogène, de gaz et de subventions.
Voir la ficheUOA
Le sigle UOA tombe ici sur Waipapa Taumata Rau, University of Auckland : ville Auckland, création 1883, site auckland.ac.nz — le triptyque qui colle à vos métadonnées, pas à un gestionnaire de réseau électrique.
Voir la ficheVGBE ENERGY EV
vgbe energy se présente comme le réseau de l’industrie de la production et du stockage d’électricité et de chaleur ; derrière le sigle « EV », vous trouvez en réalité un Verein allemand, racine à Essen, avec un carnet d’adresses qui pèse des centaines de gigawatts.
Voir la ficheRefinaria de Manguinhos
À Rio, l’ancienne Refinaria de Petróleos de Manguinhos — commercialisée sous la marque Refit — incarne un paradoxe brutal : une infrastructure qui dit produire du carburant alors que l’État lui reproche avant tout des trous fiscaux abyssaux et des risques industriels jugés insupportables.
Voir la ficheSapphire Electric Company Limited
Producteur indépendant pakistanais accroché au RLNG et aux paiements publics, Sapphire Electric incarne la friction entre sécurité d’approvisionnement et facture de la transition.
Voir la fiche