PARQUE EOLICO LOS CURUROS LTDA.
Au pied des Andes, près d’Ovalle, un parc éolien de 110 MW tourne depuis 2014 dans la plus pure dépendance au système chilien : synonyme d’électrons « propres », mais aussi de décote du réseau et de batailles de gouvernance autour d’AES Andes et de ses partenaires.
À propos de PARQUE EOLICO LOS CURUROS LTDA.
1. Modèle économique
Sans états financiers publics consolidés au niveau de la coquille locale, les éléments disponibles dessinent un actif de génération inséré dans la stratégie Greentegra d’AES : revenus issus de la vente d’électricité et des services système sur le SEN, avec une sensibilité forte aux prix de marché et à la congestion du transport. L’ensemble historique « Los Cururos » (aliases La Cebada, El Pacífico) est recensé comme onshore 110 MW, en service depuis 2014, avec AES comme propriétaire déclaré dans les bases sectorielles (fiche Los Cururos). L’acquisition par AES Gener (aujourd’hui AES Andes) du parc et de la sous-station La Cebada a été annoncée à 138 millions USD au total (communiqué représ par ACERA). Dans la structure capitalistique publiée par le groupe, Chile Renovables SpA détient Parque Eólico Los Cururos SpA ; GIP est entré à 49 % de ce véhicule pour 441 millions USD, AES conservant 51 % (AES Andes). Attention d’identité : la forme Ltda apparaît dans les bases de données pour le volet d’extension Los Cururos Sur (profil BNamericas) ; il ne faut pas extrapoler des chiffres d’investissement du Sur (dossier e.g. au SEA) vers le parc historique sans lire l’arrêté projet par projet.
2. Impact réel
Sur le papier, l’actif ajoute des TWh éoliens à un mix chilien où les énergies renouvelables non conventionnelles ont représenté 42,4 % de la production en 2025 selon la lecture ACERA relayée par la presse spécialisée (synthèse 2025 du système) — contribution compatible avec la feuille de route nationale vers une neutralité carbone 2050, régulièrement invoquée lors des visites d’autorités sur le site (cf. ElectroIndustria). Comparaison France : il n’existe pas de parallèle direct avec la PPE ou les fiches ADEME pour cet actif chilien ; l’impact « climat » est à lire dans le registre du SEN, pas dans la comptabilite carbone d’un opérateur européen. Les gains CO₂ évités au niveau de la coquille LTDA/SpA ne sont pas publiés de manière isolée dans les sources consultées.
3. Innovations / partenariats
Le partenariat GIP–AES sur Chile Renovables est le fait marquant : levée de capitaux massives pour déployer solaire, éolien et batteries autour du même écosystème que Los Cururos (AES Andes). Côté territoire, AES Chile a institutionnalisé un Fonds participatif — annoncé avec 20 millions CLP de dotation pour des projets loc à La Cebada (communiqué AES Chile) — mécanisme de stabilisation relationnelle autant que d’« innovation » technologique. L’extension Sur, suivie au SEA, prolonge la logique d’industrialisation éolienne sur la même empreinte socio-spatiale.
4. Greenwashing / zones grises
Intégration réseau : la transition chilienne ne se joue plus surtout au compteur des MW installés mais sur flexibilité et transport ; en 2025, l’écrêtement (curtailment) des renouvelables a atteint 6 084 GWh, en hausse de 7,8 % sur un an, ce qui « décote » mécaniquement la valeur des flux produits par des actifs comme Los Cururos dans les heures surabondantes (analyse ACERA via pv magazine). Fossile résiduel : le même groupe affiche encore un pilotage politique du retrait du charbon ( 1 097 MW mentionnés pour certaines unités) conditionné à la « sécurité » du système (AES Andes), ce qui maintient une cohabitation stratégique avec le thermique tant que le coordinateur ne donne pas le feu vert. Acceptabilité : le fonds de 20 millions CLP est un signal explicite de gestion des tensions foncières avec La Cebada plutôt qu’un démenti des conflits d’usage (AES Chile).
5. Positionnement stratégique
Los Cururos est devenu une pièce de monnaie d’échange dans la décarbonation AES : actif cash-générant et bankable pour GIP, tout en servant la narration Greentegra mise en avant lors des déplacements ministériels (ElectroIndustria). La phase suivante se lit dans les GW de stockage et de lignes pressés par ACERA : sans elles, même les meilleurs vent du Coquimbo restent otages du nœud prix.
Verdict WattsElse
Les éoliennes de Los Cururos sont un viseur sur le Chili entier : elles créditent la neutralité 2050 tout en payant l’addition d’un réseau qui jette chaque année des TWh renouvelables — la transition n’y est plus un combat de volume, mais de prix et de fiabilité.
Sources : gem.wiki · acera.cl · aesandes.com · bnamericas.com · seia.sea.gob.cl · pv-magazine.com · emb.cl · aeschile.com
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