Elliniki Technodomiki Anemos SA
L’Elliniki Technodomiki Anemos S.A.
À propos de Elliniki Technodomiki Anemos SA
1. Modèle économique
Sur le plan juridique, la trajectoire est limpide : en juillet 2019, Ellaktor fusionne avec sa filiale Elliniki Technodomiki Anemos, opération visant à internaliser le pôle énergies renouvelables au sein du groupe, comme le documente Ellaktor dans ses actes de société et comme le relatait déjà la presse spécialisée à l’époque (fusion Ellaktor–El.Tech. Anemos, Renewables Now). Les actifs concernés ont ensuite été structurés dans Anemos RES ; le 25 janvier 2024, MORE en a acquis les 25 % restants pour 123,52 millions d’euros, portant sa participation à 100 % (Naftemporiki, MORE Energy). Le modèle économique est celui d’un producteur indépendant : mise en service et valorisation de parcs (éolien majoritaire), montée en puissance du stockage et du pipeline de développement ; Motor Oil indique pour MORE une capacité installée d’environ 839 MW au premier trimestre 2026, dont 94 % d’éolien terrestre, et un pipeline d’environ 2,2 GW, avec 311 MW en construction ou prêts à construire (profil MORE). Chiffre d’affaires ni effectif ne sont plus attribuables à la seule raison sociale « Elliniki Technodomiki Anemos » après absorption et vente totale : la performance se lit désormais dans les comptes consolidés de Motor Oil et de ses filiales EnR.
2. Impact réel
L’impact climat se juge à l’aune des GWh produits et du décarbonage du mix grec : sans consolidation publique sous l’ancien nom, on retient surtout l’ampleur installée (ordre de grandeur gigawattique de capacité et de projets pipeline) et la composition (quasi exclusivement éolien terrestre côté parc opérationnel, selon Motor Oil). Ce placerait le portefeuille « hérité » d’Anemos dans la lignée des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables, rappelés par la Commission dans le cadre de la directive et de la stratégie énergie-climat (objectifs EnR de l’UE) — le lien n’est pas une « étiquette verte » : l’alignement dépend des permis, du facteur de charge et du report fossile résiduel du groupe mère. Sur le terrain, le développement éolien continental grec reste politiquement tendu : selon une analyse de terrain publiée en 2024, une très large part du parc national est en montagne, ce qui nourrit conflits d’usage et contestation locale (Euronews). Aucune fiche ADEME ou article Connaissance des Énergies dédié à cette entité n’a été repéré dans la veille publique française : les références françaises d’agences ne couvrent pas systématiquement les développeurs grecs.
3. Innovations et partenariats
Le calendrier récent d’Anemos RES / MORE mélange échelle et diversification technologique. Un parc de 43,2 MW en Macédoine occidentale (éoliennes Nordex N149) a été présenté comme entré en exploitation régulière début 2026 dans la presse régionale spécialisée (Balkan Green Energy News). Côté stockage, la presse grecque a largement relayé un projet batterie de 630 MW à Grevena, associé à la liste des travaux de l’autorité (World Energy News). À l’international, Motor Oil a formalisé en 2024 une coentreprise avec Premier Energy pour des photovoltaïques et du stockage en Roumanie, avec acquisition annoncée de deux centrales pour 86 MW au total (annonce Motor Oil, Renewables Now). Enfin, Motor Oil et Terna Energy annoncent conjointement le développement du premier offshore grec, projet présenté comme une ferme de 400 MW dans les communications de filiale et de presse spécialisée (communiqué Terna Energy, Offshore Wind).
4. Greenwashing et zones grises
La principale zone grise est structurelle : MORE est la vitrine EnR de Motor Oil Hellas, raffineur et acteur gaz. Sur le plan des volumes d’investissement, le groupe affiche plus de 4 milliards d’euros de capex prévus d’ici 2030, dont plus de 2,5 milliards orientés « croissance et transition énergétique » (EnR, gaz naturel, biocarburants, hydrogène, décarbonation) et plus de 1,5 milliard pour « infrastructures et résilience » (feuille de route « Motor Oil 2030 »). Ce découpage chiffré nourrit le débat sur le poids réel des activités « vertes » par rapport au socle fossile et aux actifs gaziers. Dans le même temps, Motor Oil et GEK TERNA ont porté un cycle combiné gaz de 877 MW à Komotini — projet sur lequel le groupe revient dans ses annonces de partenariat (partenariat stratégique Motor Oil–GEK TERNA, communiqué équipementier Siemens Energy). Réglementairement, la Grèce durcit le cadre spatial des EnR : selon To Vima, le futur cadre spatial spécial doit interdire l’éolien sur quarante-six îles touristiques classées « groupe I », ce qui peut rogner des options de pipeline insulaires (To Vima).
5. Positionnement stratégique
Ellaktor, l’ancienne maison mère, a crystalisé sa sortie des EnR avec la cession finale à MORE puis le désinvestissement d’activités voisines (dont Helector), documenté dans ses rapports financiers et pages investisseurs — le groupe se recentre sur concessions et immobilier, tandis que le capital EnR bascule chez Motor Oil (rapport annuel Ellaktor 2024 – PDF, informations financières Ellaktor). MORE vise 2 GW installés vers 2030, en prise directe avec un marché où le permis et l’acceptabilité pèsent autant que la techno. Dans ce décor, l’empilement stockage (630 MW annoncés) + offshore pilote (400 MW annoncés) + internationalisation (Roumanie) ressemble à une montée en gamme industrielle ; la fragilité reste politique (montagne, îles, délais).
Verdict WattsElse
Les compteurs éoliens d’Anemos tournent désormais sous bannière MORE, mais la stratégie de groupe dit autre chose : 2,5 milliards pour la « transition » contre des centaines de MW de gaz neuf et un raffineur en arrière-plan — le vert et le brut partagent la même caisse, et c’est là que se joue la crédibilité.
Sources : ellaktor.com · renewablesnow.com · naftemporiki.gr · more-energy.gr · moh.gr · energy.ec.europa.eu · euronews.com · balkangreenenergynews.com · worldenergynews.gr · moh.gr · renewablesnow.com · terna-energy.com · offshorewind.biz · moh.gr · moh.gr · siemens-energy.com · tovima.com · ellaktor.com · ellaktor.com
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