Enairys Powertech
Enairys Powertech vend depuis plus de quinze ans une promesse simple et séduisante: stocker l’électricité renouvelable sans lithium, avec de l’air, de l’eau et de la mécanique.
À propos de Enairys Powertech
1. Modèle économique
Enairys Powertech, fondée en 2008 dans le canton de Vaud par Sylvain Lemofouet, développe des systèmes de stockage d’énergie par air comprimé baptisés HyPES, à destination du soutien réseau, de l’intégration des renouvelables et de l’autonomie énergétique locale, selon son site corporate et sa page EuroQuity. Son modèle économique repose a priori sur la vente ou l’intégration d’équipements de stockage et de conversion, plus que sur un logiciel ou des revenus récurrents. Les sources publiques consultables ne donnent ni chiffre d’affaires récent, ni effectif, ni carnet de commandes signé; il faut donc l’écrire clairement: ces indicateurs ne sont pas trouvables en accès ouvert dans les éléments disponibles. Côté financement, l’entreprise a surtout vécu sur de l’amorçage technologique et du soutien public: l’EPFL mentionne une aide cantonale de 1,66 million de francs suisses annoncée en 2014 pour industrialiser la technologie avec l’EPFL, la HEIG-VD et les Services industriels de Lausanne; l’agrégateur CB Insights évoque au total 1,8 million de dollars levés, sans détail public vérifiable sur des tours récents.
2. Impact réel
Sur le fond, la proposition d’Enairys a un mérite évident: remplacer une partie des matériaux critiques des batteries par une chaîne plus mécanique, centrée sur l’air comprimé, l’eau et des réservoirs, avec la promesse d’un système “clean and affordable” affichée sur le site Enairys. L’entreprise met en avant un couplage entre électricité, chaleur et froid, donc une logique de flexibilité multi-énergie plutôt qu’un simple stockage électrique. C’est pertinent dans un système où la flexibilité devient un sujet majeur: la PPE 3, résumée par Connaissances des Énergies, insiste justement sur la montée des renouvelables et sur la nécessité d’absorber les variations de production. Mais l’impact réel d’Enairys reste difficile à mesurer: aucun volume d’énergie déployé, aucune tonne de CO2 évitée, aucun parc installé, aucun taux d’utilisation n’est publié dans les sources ouvertes consultées. Selon les éléments disponibles, on est donc face à une promesse climatique crédible en théorie, mais encore peu documentée en exploitation.
3. Innovations / partenariats
L’innovation d’Enairys tient à son architecture hydropneumatique: un “piston liquide” pour approcher une compression-détente quasi isotherme, combiné à des briques propriétaires de compression/expansion basse et haute pression, détaillées sur la page Overview Technology. Ce n’est pas anodin: le stockage par air comprimé classique souffre historiquement d’un rendement limité, et le marché cherche précisément à corriger ce point, comme le rappelle Revolution Énergétique à propos de nouvelles approches à piston liquide. Les partenariats les plus solides et sourcés sont anciens mais réels: EPFL cite un pilote de 25 kW à l’EPFL et un autre prévu avec les SIL à Lausanne, après un premier démonstrateur de 10 kW. Enairys apparaît aussi dans l’écosystème suisse de l’innovation via startup.ch et Venturelab, avec des sélections et soutiens type Venture Kick, Top 100 Swiss Startups et Swiss Venture Day Romandie. En revanche, aucun contrat commercial structurant récent n’est visible publiquement.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque n’est pas un greenwashing grossier, mais un décalage persistant entre récit technologique et preuve de marché. Le site officiel affiche une promesse très large, mais ses rubriques d’actualité restent quasi vides et renvoient à des formulations du type “latest news will be published here soon” sur la page d’accueil, ce qui n’aide pas à documenter une traction récente. Deuxième zone grise: l’entreprise ne publie, selon les recherches disponibles, ni rapport RSE, ni rapport CSRD, ni indicateurs ESG auditables; ce n’est pas illégal pour une petite structure suisse, mais cela limite fortement l’évaluation de son empreinte réelle. Troisième tension: le CAES reste une techno de niche, en compétition avec des batteries de plus en plus bancables sur les usages courts, tandis que l’ADEME rappelle que le stockage est un champ intensif en démonstrateurs, aides publiques et incertitudes techno-économiques.
5. Positionnement stratégique
Enairys est bien positionnée sur le bon problème: la flexibilité des systèmes électriques à forte part renouvelable. Le contexte réglementaire joue plutôt pour elle, puisque la PPE 3 reconnaît explicitement le besoin croissant de flexibilité, et l’ADEME continue de documenter l’éventail des technologies de stockage. Mais le signal stratégique le plus important, aujourd’hui, n’est pas une grande annonce: c’est l’absence de trace publique récente d’un passage à l’échelle commerciale. Toute la question est là: rester une belle mécanique de labo, ou enfin devenir une brique industrielle utile.
Verdict WattsElse
Enairys n’est pas une chimère: la technologie a une base scientifique, des pilotes ont existé, et le besoin système est réel. Mais dans la transition, avoir raison trop tôt revient souvent à arriver sans marché.
Sources : enairys.com · euroquity.com · actu.epfl.ch · cbinsights.com · enairys.com · connaissancedesenergies.org · revolution-energetique.com · startup.ch · venturelab.swiss · librairie.ademe.fr · librairie.ademe.fr
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