EOLICA DE CURISCAO PUMAR S.A.U.
Elle porte encore le nom des lieux-dits sur les collines asturiennes, mais Eólica de Curiscao Pumar, S.A.U.
À propos de EOLICA DE CURISCAO PUMAR S.A.U.
1. Modèle économique
L’entité était structurée comme une filiale dédiée à l’exploitation / gestion d’actifs éoliens terrestres sur le nord de la péninsule Ibérique : revenus typiques (vente d’électricité sur les marchés et mécanismes de régulation espagnols, contrats de disponibilité). La chaîne de valeur est aujourd’hui celle d’EDPR, qui consolidait 2 335 MW installés en Espagne fin 2024 et 293 MW de nouvelles capacités dans l’année, selon le rapport de résultats 2024 d’EDPR. Chiffre d’affaires ou effectifs propres à la seule S.A.U. après absorption : non retrouvés dans les sources publiques consultées ; la personne morale a été fusionnée dans une filiale espagnole du groupe, selon l’avis publié au BORME d’août 2017. Le profil « développeur » et les parcs historiquement rattachés sont synthétisés dans la base The Wind Power.
2. Impact réel
Les parcs associés au développeur dans les inventaires spécialisés — Curiscao d’une part, Baos y Pumar d’autre part — correspondent à des capacités d’ordre de 49 MW et 40 MW environ au total des phases recensées (The Wind Power), soit une contribution modeste au regard du portefeuille actuel du groupe (19,3 GW installés au 31/12/2024, 36,6 TWh produits sur l’année, rapport de résultats 2024 d’EDPR). Côté climat, le narratif consolidé d’EDPR met en avant environ 20,6 millions de tonnes de CO₂ évitées en 2024 (reprise par MarketScreener à partir des publications du groupe). Pour un cadre de comparaison français sur l’éolien et l’acceptabilité — sans équivalence directe avec un projet asturien — on peut se reporter aux fiches publiques de l’ADEME sur l’éolien terrestre et à la planification nationale des EnR.
3. Innovations / partenariats
Aucune innovation technologique ni partenariat n’est documenté au nom isolé de la S.A.U. après 2017 : l’intégration dans EDPR standardise la maintenance, le finance projet et la politique commerciale du groupe. Sur le marché, le mix technologique du groupe reste dominé par l’éolien onshore (~85 % de la génération), le solaire progressant à ~15 % en 2024 (rapport de résultats 2024 d’EDPR). Côté « deal », le groupe a aussi annoncé des cessions d’actifs — ~1,5 milliard d’euros de produits de cession en 2024 pour environ 1 GW de projets — dans le même document d’investisseurs.
4. Greenwashing / zones grises
L’enjeu n’est pas tant une accusation de greenwashing ciblant cette coquille juridique dissoute que le décrochage comptable du promoteur-mère sur des promesses de croissance heurtant des plafonds réglementaires et sociaux. Exemple chiffré : en décembre 2024, EDP annonce la sortie des projets éoliens Alpha/Beta en Colombie (0,5 GW) avec une dépréciation d’environ 0,7 milliard d’euros (communiqué EDP). En Espagne, le rapport 2024 d’EDPR mentionne un ajustement des revenus lié aux mécanismes d’écrêtement des rentes et à l’évolution du cadre tarifaire (rapport de résultats 2024 d’EDPR). Sur le terrain asturien, le refus en janvier 2025 du parc Palancas (Valdés/Cudillero) pour impacts sur faune protégée, paysage et patrimoine matérialise la pression d’acceptabilité locale (EnergyNews), dans un contexte où les oppositions aux grands complexes se sont structurées en milliers d’allégations (La Voz de Asturias).
5. Positionnement stratégique
Pour un lecteur WattsElse, l’histoire de Curiscao Pumar est celle d’une spécialisation locale avalée par un acteur européen qui vise la taille et la diversification géographique (l’Espagne reste un pilier avec +293 MW en 2024, rapport de résultats 2024 d’EDPR), tout en subissant des impairments étalés — sur le solaire américain, le document cite par exemple 133 millions d’euros de dépréciation en 2024 face aux incertitudes marché et réglementaires (rapport de résultats 2024 d’EDPR). Le risque métier pour les nouveaux GW espagnols est désormais aussi politique et paysagère qu’technique.
Verdict WattsElse
Eólica de Curiscao Pumar est un nom d’archive : la bataille pour l’éolien en Asturies se joue désormais sous le drapeau EDPR, entre courbe de capacité vertigineuse et coût réel des murs réglementaires — qu’ils soient comptables ou électoraux.
Sources : edpr-investors.com · boe.es · thewindpower.net · uk.marketscreener.com · agirpourlatransition.ademe.fr · ecologie.gouv.fr · edp.com · energynews.es · lavozdeasturias.es
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