Énergies renouvelables

Eviva Nalbant

À Bucarest, une société à l’effectif déclaré minimal encaisse des profits nets qui feraient pâlir bien des opérateurs industriels ; à Tulcea, 20 éoliennes quadrillent 260 hectares sur l’un des berceaux du vent roumain.

« Filiale Martifer 42 MW à Babadag marge haute et revenus sous volatilité »

À propos de Eviva Nalbant

1. Modèle économique

Eviva Nalbant est une SPV d’exploitation éolienne : la documentation marché et projet l’identifie comme propriétaire-exploitant du complexe Babadag I et II (The Wind Power). Les revenus relèvent de la vente d’électricité et des mécanismes de soutien historiques associés aux certificats verts sur le marché roumain, sous tutelle ANRE. Sur exercice 2024, les indicateurs agrégés font état d’un chiffre d’affaires de 31,13 millions RON (recul d’environ 18 % après un pic 2023), pour un résultat net de 17,06 millions RON (fiche MetricBiz) — un niveau de rentabilité nette très élevé au même périmètre déclaré. L’effectif moyen est indiqué à zéro en 2024 sur cette même base, ce qui milite pour une structure de détention où fonctions et coûts peuvent être internalisés côté groupe ou sous‑traités (fiche MetricBiz). Le siège est à Bucarest (secteur 3) et le statut actif est attesté sur registre au 26 février 2026 (fiche ListaFirme).

2. Impact réel

Le site Babadag est présenté comme un parc 42 MW équipé de Suzlon S88 2,1 MW, pour 260 ha en Dobrogée (projet Martifer) — soit, à l’échelle nationale, un actif emblématique mais de taille modérée comparé au parc éolien total roumain. Aucun document public n’attribue à cette SPV un bilan annuel de GES évité exploitable ici ; l’effet climat se lit donc surtout par substitution d’électricité fossile sur le réseau, dans un pays dont la dynamique EnR est suivie au niveau européen (profil EnR Roumanie). Pour les lecteurs français : la PPE3 ne cadre pas directement cette entité ; en revanche, l’arbitrage climat à l’échelle de l’UE et le marché européen de l’électricité conditionnent prix, échanges nets et concurrence pour les producteurs. Le PNESC roumain et ses objectifs 2030 révisés (synthèse juridique récente : cible 38,3 %) placent les producteurs historiques dans un contexte d’ambition nationale à mettre en parallèle avec leurs actifs amortis (cadre juridique EnR Roumanie).

3. Innovations / partenariats

Le parc appartient à une vague d’investissement antérieure (phases opérationnelles 2011–2014 selon les bases projet) (Global Energy Monitor) : repowering, extension de durée de vie et optimisation contractuelle pèsent plus que brevets ou levées de *scale-ups*. Les partenariats lisibles sont ceux du montage initial : Martifer comme bras EnR du groupe, Suzlon en fournisseur d’aérogénérateurs, BCR pour une dette de projet d’environ 23 M€ (Global Energy Monitor). Pour le groupe, Martifer met en avant revenus opérationnels et EBITDA au S1 2025 dans ses publications — agrégats consolidés, distincts de la micro-comptabilité roumaine d’Eviva Nalbant (rapport Martifer 2024 PDF). Veille médias France : aucune analyse ADEME, Greenunivers ou « Connaissance des Énergies » repérée sous la dénomination exacte Eviva Nalbant lors de cette recherche — silence médiatique qui n’innocente ni n’accuse, mais oblige à lier le récit aux registres roumains et sectoriels.

4. Greenwashing / zones grises

Sans condamnation, plainte ou enquête ONG publique nommant Eviva Nalbant dans le périmètre consulté, on écarte la rumeur ; la pression est économique et systémique. Fait chiffré : le recul de 18 % du CA 2024 après une année 2023 plus haute traduit une exposition directe aux conditions de marché — paradoxalement cohabitant avec une marge nette massive sur les mêmes agrégats déclarés (fiche MetricBiz). Deuxième fait chiffré : l’ANRE calibre annuellement la cote d’achat obligatoire de certificats verts pour les fournisseurs ; une synthèse de presse reprend, pour 2024, une cote de 0,496 certificat/MWh au titre d’une ordonnance récenteparamètre qui structure indirectement la liquidité et la valorisation des actifs EnR historiques (décryptage quota certificats verts 2024). Concentration géographique sur la Dobrogée, contraintes de réseau et enjeux des corridors migratoires constituent des frictions environnementales classiques de l’éolien mature — sans les transformer en verdict judiciaire sans pièce. Enfin, la refonte législative autour de l’éolien (dont le cadre 121/2024) actualise l’environnement prospectif du secteur (loi 121/2024 – PDF ANAF).

5. Positionnement stratégique

Stratégiquement, Eviva Nalbant se lit comme poche d’actifs Martifer en Roumanie : cash-flow et couverture EnR du groupe, avec visibilité liée au schéma des certificats et aux prix de l’électricité. Signal récent : la dynamique publiée côté Martifer en 2025 contraste avec le repli de revenus 2024 au niveau filiale, ce qui illustre un découplage possible entre agrégats groupe et réalité de projet (rapport Martifer 2024 PDF) / (fiche MetricBiz). À l’horizon 2030, ce qui comptera pour cette génération d’actifs, ce n’est plus la nouveauté, mais la valeur résiduelle, un repowering éventuel et la capacité à arbitrer entre marchés et politique nationale dans le sillage du PNESC (cadre juridique EnR Roumanie).

Verdict WattsElse

Ici, le vert ne se brode pas en storytelling : il se facture au MWh et au certificat. La marge suit le marché ; le marché suit l’ANRE — et le vent, lui, ne lit pas le rapport annuel.

Sources : thewindpower.net · metricbiz.ro · listafirme.eu · martifer.com · eea.europa.eu · iclg.com · gem.wiki · martifer.com · termene.ro · static.anaf.ro

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