Feni Lanka Power Limited
Société bangladaise née du groupe srilankais Lakdhanavi, Feni Lanka Power Limited incarne la tension classique de l’électrification par le mazout lourd : revenues nominalement « en dollars », réseau affamé, acheteur public à l’agonie financière.
À propos de Feni Lanka Power Limited
1. Modèle économique
Feni Lanka Power Limited (FLPL) est, selon son profil corporate, une société anonyme constituée le 4 juillet 2017 au Bangladesh, filiale du producteur indépendant Lakdhanavi Ltd (Sri Lanka). Elle exploite une centrale thermique d’environ 114 MW nets (138,68 MW bruts), équipée de sept moteurs Wärtsilä et raccordée au réseau via la sous-station de Feni, selon la fiche projet du site Lakdhanavi et le profil d’infrastructure Energy Transition Bangladesh. Le modèle est celui du PPA : vente d’électricité au Bangladesh Power Development Board (BPDB) pour 15 ans, avec échéance indiquée au 23 novembre 2034 et mise en service commerciale (COD) au 24 novembre 2019 (sources citées). L’enveloppe d’investissement citée dans la littérature spécialisée tourne autour de 100 millions USD. L’actionnariat minoritaire coté Colombo est documenté : LVL Energy Fund PLC détenait 29,17 % au 31 mars 2025, selon ses relations investisseurs. Chiffre d’affaires consolidé ou effectif de FLPL : non retrouvé dans les extraits publics analysés pour cette fiche (les flux financiers apparaissent surtout à travers la holding et la presse financière srilankaise).
2. Impact réel
Le parc est décrit comme 100 % fioul lourd (HFO) dans la base Energy Transition Bangladesh : aucun mix EnR, aucun « CO₂ évité » à la française au sens des bilans carbone volontaires. L’empreinte brute relève des centrales thermiques à flamme : pour un lecteur européen, l’ADEME (Base Carbone – électricité) rappelle que ce type de production se situe dans la partie à forte intensité carbone du spectre électrique, par contraste avec le nucléaire et les renouvelables. Côté trajectoire politique, la France a fait machine arrière sur le fioul « classique » en production centralisée (Connaissance des Énergies sur la fermeture des grandes centrales au fioul) : le Bangladesh, lui, a besoin de capacité dispatchable et importe encore massivement son énergie fossile, ce qui maintient ce genre d’actifs sur le réseau mais accentue la dépendance aux importations et à la qualité de l’air. Au district de Feni, les signaux hydriques signalés par *The Business Standard* en 2024 rappellent que l’infrastructure lourde côtoie des aléas climatiques qui peuvent perturber chaînes logistiques et accès site.
3. Innovations / partenariats
L’« innovation » est surtout industrielle : chaîne d’approvisionnement Wärtsilä–ABB et appui O&M de la maison mère jusqu’en 2034, comme le résume le projet Lakdhanavi. Sur le plan financier, l’investisseur LVL a dû mobiliser un augmentation de capital par « rights issue » de 465,8 millions LKR.pdf) (document CSE, 2025, cité dans le pack source) pour apaiser des tensions de trésorerie liées aux participations bangladaises — signal de partenariat capitaliste serré entre Colombo et Dacca, plus que de rupture technologique. Les activités RSE publiées par FLPL évoquent des investissements d’ordre de quelques millions de taka dans l’éducation locale, ce qui structure la relation avec le territoire sans changer la nature fossile du réacteur.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réside moins dans un slogan « vert » que dans l’écart entre discours de stabilité contractuelle et réalité de contrepartie. D’une part, la presse srilankaise rapporte que LVL a reconnu fin 2024 des « contraintes financières significatives » après des retards de dividendes depuis le Bangladesh, avec restructuration de dette auprès de DFCC et NDB et usage d’un découvert de 350 millions LKR. D’autre part, le **journal *Bonik Barta* évoque pour le BPDB des pertes record de 170,21 milliards BDT sur le 2024-25. Ce couple retards de cash / acheteur déficitaire fragile la chaîne de valeur pour une IPP en HFO. Enfin, l’horizon 2034 du PPA se lit aussi à contre-courant des travaux de think tanks : le CPD a plaidé pour un désengagement de centrales inefficaces d’ici 2030, liste élargie incluant 3 655 MW de capacités — un vent réglementaire qui peut, à terme, rogner les rentes des thermiques les plus coûteuses, comme le souligne aussi l’analyse IEEFA** sur la soutenabilité du secteur bangladais.
5. Positionnement stratégique
FLPL reste un puzzle de couverture électrique pour le Bangladesh : actif opérationnel selon Global Energy Monitor, localisé Kashimpur (Feni), avec un prix politique attaché à l’énergie peu chère pour les ménages. Pour Lakdhanavi et LVL, l’engagement bangladais est une diversification géographique à rendement contractuel… mais exposée aux capitaux bloqués et au taux de change. À l’échelle du Pay, l’enjeu n’est pas la CSRD : c’est la réforme du secteur électrique et la capacité du BPDB à honorer ses obligations sans déraper davantage dans la dette, thème central des analyses IEEFA.
Verdict WattsElse
Contrat jusqu’en 2034, mais créance qui vieillit mal : Feni Lanka Power Limited cristallise une époque du Bangladesh où le fioul lourd comble un déficit de capacité ; la suite se jouera dans la trésorerie du BPDB et dans le tri politique des centrales « inefficaces », pas dans une transition auto-proclamée sur le site corporate.
Sources : flplbd.com · lakdhanavi.lk · energytransitionbd.org · lvlenergyfund.lk · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · connaissancedesenergies.org · tbsnews.net · 377_1756736670910.%20(1 · flplbd.com · lankabizz.net · en.bonikbarta.com · thedailystar.net · ieefa.org · gem.wiki
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