Forth Lake Hydropower JSC
Forth Lake Hydropower JSC est la forme internationalisée d’une société par actions vietnamienne derrière la centrale Ho Bon : 18 MW, mise en service en 2012, sur le cours d’eau Black–Li Xian dans la province de Yên Bái (district de Mù Căng Chải), selon l’inventaire mékong compilé par Open Development Mekong.
À propos de Forth Lake Hydropower JSC
1. Modèle économique
Le cœur du métier est classique pour une JSC hydro : produire de l’électricité bas-carbone et la vendre sur le marché vietnamien, dans la continuité des centrales « petites » qui alimentent les réseaux régionaux (souvent \<30 MW selon les travaux de référence sur la petite hydro au Vietnam). Historiquement portée par l’écosystème Sông Đà, elle figure parmi les cibles explicites de cession en 2024 : le groupe indique vouloir se désengager, entre autres, de Ho Bon Hydropower Joint Stock Company. Ce mouvement s’inscrit dans un plan plus large : Sông Đà annonce un retrait de 23 filiales d’ici 2028, dans un contexte où son rendement des actifs (ROA) n’a atteint que 1,86 % en 2023, contre 2,24 % pour la moyenne sectorielle. Chiffre d’affaires consolidé, masse salariale et contrats d’achat d’électricité au nom précis de Forth Lake / Ho Bon n’ont pas été retrouvés dans l’espace public francophone et anglophone consulté : la lisibilité financière reste donc celle du portefeuille mère et des annonces boursières partielles.
2. Impact réel
Avec 18 MW et une technologie 100 % hydro, la centrale déplace des combustibles fossiles à la marge sur un pays où sécheresses et pointes de demande tendent encore à mobiliser le charbon et le gaz, d’après les synthèses grand public sur la sécheresse et l’électricité au Vietnam et sur les mécanismes de l’hydroélectricité. L’échelle reste modeste vis-à-vis des mastodontes nationalisés du bassin du Đà (la centrale de Hòa Bình cumulait ainsi plus de 250 TWh livrés au réseau jusqu’en 2022, rappelle la Chambre de commerce et d’industrie vietnamienne). On n’a pas identifié de bilan carbone publié ou de garanties d’origine exportables au sens européen pour ce site : l’impact climatique indirect est donc structurellement positif, mais non chiffré au niveau de l’actif.
3. Innovations / partenariats
La fiche ne révèle ni brevet distinctif ni levée de fonds récente mise en avant par la presse technique. L’« innovation » est plutôt organisationnelle et réglementaire : une décision de fin 2024 actualise les annexes de la planification électrique nationale (PDP8) 2021‑2030, dont dépendent calendriers, autorisations et investissements réseau pour toutes les sources — hydro comprise. Côté partenariats, la trajectoire observable est celle d’une sortie d’actionnaires industriels (Sông Đà) qui pourrait redistribuer le jeu des investisseurs institutionnels domestiques, mais les contours post-cession de Ho Bon ne sont pas stabilisés dans les sources citées.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de « vernis vert » tient moins au carburant — l’hydro est renouvelable — qu’aux externalités hydrologiques et sociales et à la volatilité climatique. En avril 2025, un reportage d’opérateur fait état d’une baisse d’environ 30 mètres du niveau du réservoir de Hòa Bình par rapport à la même période en 2024 en raison d’une absence de pluies marquantes, illustrant la pression sur la génération hydro du Nord (baisse record du lac de Hòa Bình). Parallèlement, la gouvernance sectorielle se durcit : le ministère MARD consulte fin 2025 pour réviser les protocoles de mise en cascade sur cinq bassins après des lâchers d’urgence records à la centrale de Sông Ba Hạ (revue des opérations « multi‑réservoirs »). Enfin, un projet totalement différent à Thanh Hóa entre en suivi national pour « signes de gaspillage » au premier trimestre 2025 (projet Hoi Xuan sous surveillance) : Ho Bon n’y est pas cité, mais le climat anticorruption autour des grands hydro contamine la réputation de l’ensemble des JSC.
5. Positionnement stratégique
Forth Lake incarne la petite hydro de montagne vietnamienne : flexible pour le réseau, mais exploitation sensibles aux aléas de précipitation et aux arbitrages énergie / irrigation / crues. Sa valeur stratégique pour un acquéreur dépendra du prix de cession des actions Sông Đà, de la courbe des tarifs d’EVN et de la priorité donnée aux énergies renouvelables intermittentes dans la PDP8 révisée. Le signal le plus net demeure politique : l’État pousse à la fois l’intégration des projets dans la roadmap PDP8 et une gestion des lâchers plus intégrée, signe qu’un opérateur de « seulement » 18 MW n’échappe plus au maillage institutionnel du paysage hydro national.
Verdict WattsElse
Électricité propre à la carte du réseau, mais réputation et cash‑flow attachés aux cycles de l’eau et aux restructurations des géants d’État : une hydro vietnamienne utile, pas tranquille.
Sources : worldpowerplants.com · data.opendevelopmentmekong.net · data.opendevelopmentmekong.net · esmap.org · vir.com.vn · vietnamnews.vn · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · vccinews.com · vietnamenergy.vn · huongdienjsc.vn · thethao.thanhnien.vn · news.laodong.vn
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