Énergies renouvelables

Fred Olsen Renewables AB

Le compte suédois de Fred.

« Nordique marin mais pris au collet par le onshore politique »

À propos de Fred Olsen Renewables AB

1. Modèle économique

Fred. Olsen Renewables AB est la société suédoise du développeur nordique Fred. Olsen Renewables, côté groupe via Bonheur ASA (Oslo). D’après les comptes publics agrégés sur Hitta.se, l’entité a enregistré en 2024 environ 10,7 MSEK de chiffre d’affaires, un résultat d’exploitation d’environ –25,3 MSEK et une perte nette d’environ 31,8 MSEK pour 16 salariés — signal d’une structure légale de présence / montage plutôt que d’un hub de chiffre d’affaires consolidé tout seul. Le cœur du business model du groupe reste le développement, la détention et l’exploitation d’éoliennes terrestres (Norvège, Suède, Royaume-Uni) avec extension du pipeline (hybridation solaire, nouveaux marchés, offshore via partenariats comme le Codling Wind Park en Irlande). Côté holding, les agrégats publiés par Bonheur montrent que le segment renouvelable vacille en fin d’année : au T4 2025, les revenus du segment auraient été d’environ 726 MNOK et l’EBITDA d’environ 444 MNOK, avec des marges sous pression (production en baisse, rigidité du réseau britannique sur certains parcs), selon le rapport du quatrième trimestre 2025. Le rapport annuel 2025 du groupe est par ailleurs publié côté Euronext pour le détail consolidé et les commentaires de direction.

2. Impact réel

Le bilan de durabilité 2024 et le résumé dédié (PDF) font état, au niveau Fred. Olsen Renewables (périmètre opérationnel du groupe, pas la seule AB), de 805 MW installés fin 2024, 1,8 TWh produits et l’équivalent d’environ 518 000 foyers servis, avec une estimation d’environ 390 000 tonnes de CO₂ évitées sur l’année. Les émissions opérationnelles propres du développeur sont quantifiées à 7 900 t d’éq. CO₂ pour 2024 dans ce même document — utile pour relativiser le discours « zéro carbone » : la production bas-carbone ne supprime pas l’empreinte de chantiers, mobilités et chaînes d’approvisionnement. Aucune donnée ADEME ou PPE3 ne relie directement cette entité suédoise à un périmètre français : l’intérêt pour le lecteur français est plutôt comparatif (enjeux de planification éolienne et de déploiement maritime que la programmation pluriannuelle de l’énergie en France poursuit sur un autre calendrier, mais avec des goulots d’étranglement autorisation / réseau comparables).

3. Innovations / partenariats

Le groupe pousse la hybridation : le consentement écossais pour 27,5 MW de solar sur le site Crystal Rig illustre le passage d’un parc « pur vent » à un hub multi-technologie. En parallèle, Windy Standard III (87,6 MW, mise en service visée fin 2026) et les dossiers récents comme Långhult en Suède (20 éoliennes, hauteurs annoncées jusqu’à ≈270 m) témoignent d’une montée en échelle technologique sur le onshore. L’Italie signe l’entrée dans l’agrivoltaïsme (6 MWc dans le Latium, permis 2025). L’Irlande reste le pari offshore volumétrique (≈1,3 GW annoncés, dossier de planification 2024), pivot stratégique pour diluer la dépendance au onshore continental où les véto se multiplient.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque n’est pas tant un storytelling « vert » creux que l’écart entre promesses de gigawatts et mise en service effective sous tension démocratique et sécuritaire. Chiffrage + date + source : en septembre 2025, le projet Horn (Kinda), valorisé à 1,7 Md SEK, est enterré après un deuxième veto politique local, selon Corren. En mai 2025, la Défense suédoise freine le parc Gällingsbo (15 turbines, hauteurs jusqu’à 270 m invokées dans la presse locale) au motif de dommages aux intérêts militaires, relate Vimmerby Tidning. En Norvège, le projet Nord-Gudbrandsdalen attire une opposition environnementale et politique marquée (proximité de massifs classés, controverses sur l’échelle des 47 éoliennes évoquées), comme le détaillent NRK et la presse locale à partir de ce dossier. Enfin, la fragilité financière apparente de l’AB suédoise (perte nette 2024 ≈ –31,8 MSEK sur Hitta.se) pose la question du coût du capital et de la capacité à porter des actifs long-courriers sans surf sur les mécanismes de soutien ou CfD britanniques (là aussi, l’équité « vert » se joue dans les règles du jeu tarifaire, pas seulement dans le discours climatique).

5. Positionnement stratégique

La stratégie affichée combine intensification du onshore (turbines plus grandes, solaire en adjuvant) et montée en puissance offshore (Codling) pour compenser les blocages municipaux et militaires en Suède. Le signal récent côté groupe est financier et infrastructurel : baisse d’activité et de marge au T4 2025, exposition à des coupures réseau prolongées sans indemnisation sur Mid Hill (détail dans le rapport trimestriel), alors même que des extensions Crystal Rig IV / Windy Standard III avancent. Dans un marché européen où l’éolien terrestre subit la pression démocratique et l’éolien marin la complexité réglementaire, Fred. Olsen joue cur de fer : il faut autant de GW adossés aux feux verts que de MW annoncés.

Verdict WattsElse

Fred. Olsen Renewables AB n’est pas « l’énorme machine à cash » du portrait corporate : c’est l’épingle suédoise d’un groupe qui produit déjà des térawattheures bas-carbone, mais paie comptant les vetos et les raisons d’État du vent terrestre. Le récit climat tient aux permis ; le kappa tient aux électrons effectivement injectés — et aux lignes qui les avalent.

Sources : fredolsenrenewables.com · hitta.se · codlingwindpark.ie · live.euronext.com · live.euronext.com · fredolsenrenewables.com · fredolsenrenewables.com · ecologie.gouv.fr · press.fredolsenrenewables.com · press.fredolsenrenewables.com · press.fredolsenrenewables.com · press.fredolsenrenewables.com · corren.se · vimmerbytidning.se · nrk.no

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