Gabrielsberget Vind Nord AB
Parc éolien terrestre entré en ligne au début des années 2010, la société Gabrielsberget Nord Vind AB (556811-6775, siège social à Stockholm) incarne le profil d’une filiale d’actif : peu ou pas de personnel en propre, bilan lourd d’immobilisations, résultat mis à mal par revenus modestes et charges financières ou techniques.
À propos de Gabrielsberget Vind Nord AB
1. Modèle économique
Gabrielsberget Nord Vind AB est, selon les fichiers d’entreprise consultés, une société productrice d’électricité rattachée à la sphère Enercon Independent Power Producer : la base LargestCompanies indique une filiale de groupe allemand, cohérente avec la stratégie « IPP » du constructeur d’Aurich. Les revenus proviennent typiquement de la vente d’électricité (et instruments associés) sur un actif nominal de 92 MW en 40 éoliennes Enercon E82 à Nordmaling (Västerbotten), parc en service depuis 2012 selon le recensement Global Energy Monitor. Les données Merinfo et Allabolag sur l’exercice 2024 dessinent toutefois un bilan délicat : chiffre d’affaires 19,497 MSEK, perte nette ‑39,366 MSEK, marge opérationnelle ‑266,25 %, effectif 0 et actifs totaux ~308 MSEK — signal d’une entité quasiment sans masse salariale directe, donc dépendante de prestataires et de la maison mère pour la gouvernance et la maintenance. Historiquement, le volet nord du projet a bénéficié d’un financement de la Nordic Investment Bank (prêt d’environ 33 M€ pour la première tranche de 20 turbines), ce qui ancre l’actif dans un réseau d’investisseurs de long terme et une époque de taux différente (NIB) ; le contexte 2024 n’en prolonge pas pour autant la sérénité comptable.
2. Impact réel
L’impact climat du site se lit d’abord électrique : 92 MW d’éolien en fonctionnement continu remplacent, en bout de chaîne, du fossile à la marge du système nordique. La fiche technique The Wind Power détaille les E82/2300 (hub ~108 m), références de la décennie 2010 adaptées au froid scandinave ; le rapport durabilité Enercon 2024 met en avant des systèmes anti-givre sur les pales (jusqu’environ ‑20 °C), argument d’exploitation hivernale. En l’absence, pour cette filiale précise, d’inventaire CO₂ évité ou de facteur de performance publié dans une communication RSE au même niveau qu’un grand producteur coté, on reste sur un constat structurel : électricité bas-carbone injectée sur un réseau déjà très décarboné à la suédoise — pertinent pour la souveraineté énergétique et la stabilité des prix, mais sans métrique carbone additionnelle traçable pour l’entité juridique seule. Aucune fiche ADEME ou article français type Connaissance des Énergies dédié à cette SPV n’a été repéré au moment de la rédaction ; le PPE européen reste le cadre général, pas une preuve chiffrée sur Gabrielsberget.
3. Innovations / partenariats
Sur le registre de l’innovation disruptive, ce n’est pas une licorne SaaS : c’est un parc mature avec turbines à vitesse variable et pas de rareté stratégique de composants racontée au niveau du site. Le lien fort est industriel : chaîne Enercon de la fabrication à l’exploitation « IPP », et ancrage historique avec la NIB. La presse suédoise évoquait, lors du montage du projet, des volumes annuels de production élevés pour le complexe (Aktuell Hållbarhet) ; selon les éléments disponibles, il s’agit plutôt d’ordres de grandeur de campagne que d’une série comptable 2024 publiée sous le nom de Gabrielsberget Nord Vind AB.
4. Greenwashing / zones grises
La valeur critique est ici comptable et sociétale, pas « marketing vert » vide. D’abord, la dégradation des résultats 2024 : perte nette -39,366 MSEK pour 19,497 MSEK de CA et marge ‑266,25 %, selon la synthèse Merinfo — un écart qui interroge la structure de financement, la politique de prix et les charges (y compris intra-groupe) plutôt que la « transition » en slogan. Ensuite, le risque de contagion groupe : la presse allemande rapporte des pertes massives chez Enercon et une échéance de dette publique WSF à repayer d’ici fin 2026 (Lokal26), ce qui recadre la solidité du soutien actionnarial perçu depuis Berlin. Côté Suède, la holding Enercon EIPP Sweden AB apparaît en liquidation décidée au 28 juillet 2025 selon la fiche Allabolag : signal récent sur la réorganisation du périmètre nordique, sans équation automatique avec le sort opérationnel immédiat du parc, mais avec effet de lecture pour tout observateur de chaîne de contrôle. Enfin, deux tensions d’exploitation documentées : les litiges d’indemnisation avec des éleveurs sames autour de l’éolien en Västerbotton (SVT) ; et, sur le plan technique, une sous-estimation systématique du bruit des parcs en Suède d’environ 5 dB(A) sur la période 2012‑2024 selon une analyse publiée chez INCE (étude 2024), vecteur de plaintes ou de contraintes d’exploitation futures. Ce tableau n’est pas du greenwashing de façade ; c’est le coût politique et financier réel du vent sur la toundra économique.
5. Positionnement stratégique
Pour WattsElse, l’enjeu n’est pas de « noter » une start-up : il s’agit de situer une SPV de 2010 dans la tempête de refinancement et de réputation qui frappe une partie de l’onshore scandinave. Le mégawatt est là ; la robustesse P&L du véhicule juridique est une autre histoire, visible dans les comptes 2024 (Allabolag). La stratégie groupe Enercon — capacités record annoncées en 2024 dans le rapport RSE Enercon versus pressions de bilan (Lokal26) — conditionne la marge de manœuvre de filiales comme celle-ci bien plus qu’un slogan « net zero ».
Verdict WattsElse
Gabrielsberget Nord Vind AB, c’est le rendez-vous manqué entre un actif éolien opérationnel et une structure financière qui crie : les comptes 2024 parlent plus fort que tout discours climatique — et la Suède, loin d’être un désert réglementaire, rappelle que le vent passe aussi par la case Sami et le décibel.
Sources : largestcompanies.com · gem.wiki · merinfo.se · allabolag.se · nib.int · thewindpower.net · 690dcf50fc1ddd32244c150f_ENERCON_Sustainability_Report_2024.pdf · aktuellhallbarhet.se · lokal26.de · allabolag.se · svt.se · ingentaconnect.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Pamir Energy (PPP set up by AKFED and IFC)
Dans l’oblast autonome du Haut-Badakhchan (GBAO), au Tadjikistan, un PPP où se croisent État, Aga Khan Fund for Economic Development et IFC fait tourner un parc quasi entièrement hydro : électrification spectaculaire, prix socialement bas, ouverture transfrontalière…
Voir la ficheOJSC "TGC-16"
Producteur d’électricité et surtout de chaleur pour l’industrie lourde du Tatarstan, l’AO TGC-16 avance sa modernisation dans le cadre du programme de capacité à long terme russe — tout en restant rivé au gaz et au fioul, exposé aux tensions clients amont et à un risque technique concret sur la turbine américaine de la TETs-3 de Kazan.
Voir la ficheSluneční park Dubí
Il se réduit à quelques lignes sur un trombinoscope d’actifs : environ 1 MW dans le nord de la Bohême, silicon cristallin, acheminements et maintenance intégrés au portefeuille de JUFA.
Voir la ficheAars EL-Forsyning
Petit opérateur d’infrastructure au nord du Danemark, Aars-Hornum El-Forsyning fait vivre un millier de kilomètres de câbles sans bruire sur la scène internationale — jusqu’à ce que la transition thermique locale (centaines de millions de couronnes, pompes à chaleur) rattache le fil à la grande histoire de l’électrification.
Voir la ficheSkjerstad Kraftlag
Le Skjerstad Kraftlag n’existe plus en tant que société : depuis novembre 2005, il est entré dans une recomposition du capital autour de Salten Kraftsamband (SKS), aujourd’hui premier producteur du Nord norvégien.
Voir la ficheSR Energy AB
Producteur dominant sur une Suède qui cherche encore son mix, SR Energy incarne mieux que d’autres la collision entre prix bas de l’électricité nordique et exigences démocratiques sur le terrain éolien.
Voir la ficheSoleq Private Limited
Soleq, c’est le nom d’une plateforme solaire singapourienne sortie du giron Equis : aujourd’hui rangée sous la marque Vena Energy, elle incarne la manière dont un véhicule de projet peut grossir jusqu’à peser des milliards sur une désinflation régionale…
Voir la ficheEmpresa De Energia Del Pacifico S.A. E.S.P
Le temps où elle s’appelait encore Empresa de Energía del Pacífico est révolu, mais le défi reste le même : faire tenir ensemble production, réseau et facture, tout en montant en puissance sur le solaire et l’éolien.
Voir la ficheCISA-Gamesa
Aucune personne morale significative en énergies renouvelables ne porte ce nom.
Voir la ficheParque Solar Cuz Cuz SpA
Au pied du désert d’Atacama, un petit parc photovoltaïque incarne une grande illusion industrielle : produire du courant « vert » tout en naviguant dans une tempête judiciaire et financière.
Voir la ficheCIC BIOGUNE
Le CIC bioGUNE n’est pas un opérateur électrique : c’est un centre sans but lucratif de biosciences, ancré à Derio depuis 2002, qui vit surtout de la R&D publique et des programmes européens.
Voir la ficheSchlumberger (kuwait)
Le géant des services pétroliers ne vend pas du pétrole : il le rend extractible, plus vite et à moindre coût.
Voir la ficheAksa Göynük Enerjİ Üretİm Anonİm Şİrketİ
L’Aksa Göynük Enerji Üretim Anonim Şirketi n’est pas une « boîte électrique » anodine : c’est la coquille opérationnelle qui tient la centrale à lignite de Bolu Göynük (270 MW), pièce structurante du modèle « charbon national + contrats longs » du groupe coté Aksa Enerji.
Voir la ficheORU
Sous l’étiquette « ORU », WattMonde renvoie en réalité à Orus Energy, française de la flexibilité électrique, pas au sigle d’un campus américain ni au cycle industriel ORC.
Voir la ficheElectra Irún Endara S.A.
Une PME vieille de plus de 120 ans joue encore sur la corde sensible de l’eau et du courant : Electra Irún Endara incarne une micro-structure rétro-financière, coincée entre patrimoine industriel hydro et chocs de prix.
Voir la ficheHygreen Energy
Le magicien chinois de l’électrolyseur vert, prêt à électriser l’Europe tout en pratiquant la fusion stratégique.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Srok Phu Miêng IDICO
Sur le troisième échelon de la cascade du Bé, à Bình Phước, une ETT de 51 MW enchaîne des trimestres records quand la mousson remplit le réservoir — puis encaisse des creux de trésorerie quand la saison sèche tasse la production.
Voir la ficheBP Petrochemicals
Le nom « BP Petrochemicals » ne renvoie plus aujourd’hui à une division comptable isolée : le géant a vendu l’essentiel de sa pétrochimie de commodité, et ce qui reste vit dans le raffinage intégré — jusque dans la vente de Gelsenkirchen annoncée en 2026.
Voir la ficheC-Tech Corporation
Filiale d’ingénierie et d’exploitation du groupe Chubu Electric, la C-Tech Corporation incarne la « tech » au service du réseau…
Voir la ficheSamkraft AB
On parle rarement de « Samkraft » sans préciser le bon numéro d’organisation : derrière ce nom se cache une coopérative historique d’énergies renouvelables ancrée en Suède centrale et orientale, mais aussi une homonymie piégeuse qui pollue les bases de données.
Voir la ficheUNIZA
L’Universidad de Zaragoza — souvent abrégée UNIZAR — incarne un cas d’école en Europe : une université historique (fondation attestée au XVIe siècle) qui tire l’essentiel de ses moyens du service public aragonais, tout en devenant un exportateur de solutions énergétiques via son centre technologique CIRCE…
Voir la fichePetrosalam
Petrosalam n’est pas un « petit pétrolier anonyme » : c’est une coentreprise égyptienne ancée dans la sphère EGPC, donc dans la logique de revenus de l’État et des cycles brutalement sensibles au prix du baril.
Voir la ficheEon Sverige AB
L’entité juridique suédoise E.ON Sverige AB porte une grande partie de la marque sur le territoire, mais son économie réelle s’étire entre monopoles techniques, investissements massifs et polémiques tarifaires qui confisquent l’attention des médias et des associations.
Voir la ficheShanxi Aoweiqianyuan Chemical Co.
Le nom évoquait une province voisine et un métier de producteur d’électricité : la fiche consultée mène en réalité à Shaanxi Aoweiqianyuan Chemical Co., Ltd.
Voir la fiche