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PLANCK TECHNOLOGIES

Start-up norvégienne née en 2023, Planck Technologies joue la carte des solides poreux et de l’IA pour stocker ou séparer des gaz — hydrogène, CO₂, méthane — alors que ses derniers comptes déposés dessinent une structure quasi startup « sous respirateur » financier et encore très éloignée d’un produit industrialisé.

« MOF et IA à Lysaker : science ambitieuse trésorerie sous tension »

À propos de PLANCK TECHNOLOGIES

1. Modèle économique

La société Planck Technologies AS (numéro d’organisation 930 758 965) est un aksjeselskap enregistré à Lysaker (adresse Forretningsadresse Oksenøyveien 10, Bærum), avec une date de constitution au 13 janvier 2023 selon le registre central norvégien. Son objet légal — vente de biens et services pour les industries chimiques et énergétiques — cadre avec une offre de R&D et de solutions matériaux plutôt qu’avec une production de masse déjà stabilisée.

Sur l’exercice clos le 31 décembre 2024, les comptes publics indiquent 525 000 NOK de revenus d’exploitation (« sumDriftsinntekter »), un résultat d’exploitation de −867 091 NOK et un résultat avant impôt de −905 333 NOK. Les capitaux propres rapportés sont négatifs (−1 134 480 NOK) pour un bilan total de 640 000 NOK, avec une dette longue courante importante (1 554 100 NOK) dans la même liasse — signal typique d’endettement ou d’avances liées au développement plus que d’une PME rentable.

Le programme norvégien FORISS, sous l’angle « digital design » des matériaux d’adsorption, finance explicitement le projet intitulé *Advanced digital design of Adsorption-based porous material Technologies* porté par Planck Technologies sur 2025–2026, avec un montant projet affiché à 49 999 NOK dans Prosjektbanken (champ `totalFunding`). Une fourchette de levée historique 100 000–500 000 € figure aussi dans un annuaire startup (fiche EU-Startups), à prendre comme estimation tierce, non auditée.

En synthèse : revenus encore maigres, pertes élevées au regard du bilan, et dépendance probable aux financements publics et aux soutiens actionnariaux ou créanciers pour passer la phase laboratoire–pilote.

2. Impact réel

Les matériaux poreux de type MOF peuvent, en théorie, contribuer à une chaîne d’hydrogène ou de capture de CO₂ plus compacte qu’avec certaines technologies de référence, mais aucun bilan carbone vérifié, aucun volume de gaz stocké industrialisé et aucun inventaire GES publié par la société n’ont été repérés dans les sources consultées. La fiche projet du Conseil de la recherche de Norvège souligne la phase de validation expérimentale en laboratoire avec des partenaires académiques et la recherche de brevets pour des cas d’usage précis (résumé officiel du projet).

À ce stade, l’impact climat reste donc potentiel et indirect : il dépendra du mix énergétique servant à fabriquer les matériaux, de la durabilité des cycles adsorption–désorption, et du fait que l’hydrogène ou le méthane stockés soient bien « verts » ou accompagnés de réductions nettes de GES — dimensions absentes des données publiques exploitables ici. Aucune mention spécifique dans les guides français type ADEME ou dans les synthèses PPE n’a été trouvée pour cette entité lors des recherches ciblées ; le rattachement aux objectifs européens sur l’hydrogène reste donc contextuel, pas mesuré au niveau de cette start-up.

3. Innovations / partenariats

Sur son site, la société met en avant le stockage gazeux dans des matériaux avancés, les MOF, et une démarche de conception sur mesure (page « Technology »). Le dossier FORISS détaille une approche de criblage matériaux piloté par IA, la recherche de « super-adsorbants », et des tests avec SINTEF, NMBU et IFE (description projet), ainsi qu’un objectif de propriété intellectuelle (brevets sur un cas d’usage clé).

Une vitrine sur les réseaux professionnels mentionne une entreprise à très petite échelle (page LinkedIn), cohérente avec une deep-tech encore en amont de commercialisation. Une base de données VC classe la société comme « unfunded » hors levées privées identifiables (profil Tracxn), ce qui recoupe la prépondérance des flux observés via subventions et capitals propres internes.

4. Greenwashing / zones grises

Il n’existe pas de signalement public documenté (presse, autorité, ONG) nous permettant d’étiqueter la société en « greenwashing » au sens d’allégations climatiques mensongères — aucune zone grise de ce type n’a été trouvée avec citation vérifiable.

En revanche, la fragilité financière est objective et datée : toujours selon la liasse 2024 déposée au registre public, la société affiche −1 134 480 NOK de capitaux propres pour −905 333 NOK de résultat sur 525 000 NOK de chiffre d’affaires déclaré (extrait registre comptable ouvert). Ce n’est pas une opinion : c’est une photo comptable qui pose la question de la solvabilité perçue par clients industriels et partenaires gaziers.

Autre tension stratégique : le segment MOF/LDES attire une concurrence intense en laboratoires et en capital-risque ; une base sectorielle recense plus d’un millier d’acteurs apparentés au stockage d’énergie (Tracxn), ce qui rend le différenciateur techno-économique indispensable — et encore non démontré à l’échelle marché pour Planck.

5. Positionnement stratégique

Planck Technologies se positionne explicitement sur la chaîne de valeur hydrogène – CO₂ – méthane via matériaux poreux et validation expérimentale 2025–2026 (Prosjektbanken), dans un écosystème norvégien où l’hydrogène fait l’objet d’investissements industriels plus massifs par d’autres acteurs (production, infrastructure). Pour elle, l’enjeu est double : convertir la subvention FORISS et les collaborations IFE/SINTEF/NMBU en données reproductibles, puis verrouiller l’IP avant une licence ou un pilote avec un opérateur gazier — sans quoi la « transition » restera un objet de slide decks.

Verdict WattsElse

Planck Technologies incarne la deep-tech nordique au bon endroit thématiquement — gaz et matériaux — mais avec un bilan 2024 qui crie le besoin de cash et de preuves terrain ; tant que les tonnes stockées et les euros récurrents ne suivent pas la science, l’hydrogène poreux restera une promesse de laboratoire, pas un levier climat chiffré.

Sources : virksomhet.brreg.no · data.brreg.no · data.brreg.no · prosjektbanken.forskningsradet.no · eu-startups.com · planck-tech.no · no.linkedin.com · tracxn.com

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