Gecalsa - Montamarta
Ce n’est pas un start-up glamour : sous l’étiquette historique Gecalsa, le groupe espagnol a avalé au milieu des années 2010 un producteur indépendant pour verrouiller le nord-ouest péninsulaire.
À propos de Gecalsa - Montamarta
1. Modèle économique
À l’échelle du marché européen, Gecalsa désigne avant tout une opération stratégique de consolidation : selon les communiqués du groupe désormais connu sous le nom Naturgy, l’accord du 22 juin 2015 portait sur 260 millions d’euros pour prendre 100 % du producteur qui faisait tourner alors 201,3 MW nets répartis sur dix parcs éoliens et une unité photovoltaïque. La logique était celle du bouclage vertical dans la génération : accumuler une base amortie d’éolien terrestre et un pipeline de projets, au lieu de laisser ce trésor de sites ventés à des fonds spécialisés. Le site industriel Montamarta s’inscrit dans ce socle : la base The Wind Power retient 23,38 MW de puissance nominale et 14 turbines Ecotecnia 80/1,6, soit environ 1,67 MW par machine. À ce niveau « site », il n’existe pas en ligne de compte d’exploitation séparé exploitable comme un rapport annuel startup : le chiffre d’affaires et l’effectif propres à Montamarta ne sont pas publiés ; le revenu est celui de l’électricité vendue par le portefeuille consolidé de Naturgy, via un mix de marché de gros, contrats et mécanismes réglementés propres à l’Espagne. En clair : Gecalsa–Montamarta n’est plus un visage boursier autonome ; c’est un bloc d’actifs amortis** au sein d’un groupe diversifié où le gaz et les réseaux continuent de structurer les marges.
2. Impact réel
L’impact climat au sens strict dépend du coefficient du parc, de son facteur de charge et du mix qu’il déplace sur le réseau ; ces paramètres ne sont pas tous accessibles fichier par fichier. Ce qu’affirment des sources sectorielles ou de presse régionale, c’est la densité du parc régional : selon Castilla y León Económica, en 2024 Naturgy aurait produit 1 561 GWh d’EnR dans la communauté autonome, avec 970 MW installés sur 41 sites — au-delà du seul Zamora mais indicatif de l’empreinte physique du groupe. Le même article explique que la production équivalait alors à « la moitié des foyers » de la région, ce qui donne l’ordre de grandeur social de la production. Par rapport aux trajectoires françaises évoquées dans la veille climat (PPE, fiches ADEME), il n’y a pas d’alignement obligé : Montamarta alimente surtout la décarbonation du mix ibérique et le couplage interconnexions avec la France, pas un objectif national hexagonal. Données partielles : aucun inventaire CO₂ certifié « parc Montamarta » n’a été trouvé en accès direct ; l’évaluation honnête reste macro (contribution à la part EnR du groupe) plutôt que micro-attribuée.
3. Innovations / partenariats
Le signal « innovation » du complexe zamorain date plutôt de sa naissance industrielle : un communiqué retenu par la presse économique à l’époque annonçait 90 millions d’euros d’investissement pour trois parcs totalisant 80 MW, dont Montamarta aux côtés de Peñarrolada et El Hierro, alors portés avec Ecotècnia — un bouquet de techno 2008 désormais classique. Aujourd’hui, l’argument technologique n’est pas le hardware glissant mais le parc raccordé et sa valeur de repositionnement potentielle (repowering, télé-surveillance, contrats maintenance) lorsque les machines arrivent au bout de leur cycle nominal. Naturgy, dans son plan 2025-2027, met en avant un véhicule d’investissement massif (6,4 Md€) et une capitalisation forte sur les EnR, ce qui peut financer soit du nouveau équipement, soit du grafting sur d’anciens sites — même si Montamarta n’est pas cité ligne par ligne dans ces slides grand public.
4. Greenwashing / zones grises
Premier risque de discours : parler « vert pur » alors que la holding-mère vend encore massivement du gaz et protège ses marges régulées. Les communiqués sur les résultats 2024–2025 mettent en avant la croissance du cash-flow renouvelable et du résultat net (2,023 Md€ en 2025, +6,4 %, selon la synthèse MarketScreener), mais n’effacent pas la structure fossilisée du bilan : chaque turbine du Douro zamorain doit être lue comme un actif amorti au service d’un portefeuille où le gaz reste le ciment comptable. Deuxième tension, documentée et datée : en novembre 2024, le ministère espagnol de l’énergie a annulé un projet éolien en Alta Sanabria (Zamora) au motif d’impacts environnementaux sous-estimés, dont la proximité de Natura 2000 et des risques incendie — preuve que la région n’est pas une banquise administrative pour l’éolien (annulation du parc). Troisième signal judiciaire : la Fiscalía de Zamora a ouvert des soupçons de prévarication autour d’informes municipaux rédigés par des promoteurs sur des dossiers éoliens du Sayago — non imputables en l’état à Gecalsa, mais matière à fragiliser la confiance sur l’ensemble des permis provinciaux. Enfin, la société civile pointe des effets sur la faune : des écologistes locaux alertent en 2024 sur des études d’impact jugées trop légères à l’égard des oiseaux et des chiroptères (alerte associations), ce qui nournit le risque d’injonctions ou d’arrêts techniques sur le modèle scandinave.
5. Positionnement stratégique
Pour Naturgy, Zamora est un hub éolien : la presse régionale rappelle neuf parcs rien que dans la province, Montamarta compris, au sein d’une matrice castillane qui alimente la plate-forme de résultats record du groupe. Le plan 2025-2027 et le capex EnR évoqués dans la note de résultats 2024 (ordre de grandeur >1 Md€ annoncé pour les renouvelables) confirment que l’Espagne reste le terrain privilégié des investissements. Concorrenza : la concurrence n’est plus les petits indépendants type Gecalsa des années 2000, mais Iberdrola, Endesa, Enel et les fonds infrastructure qui monnayent le repowering. Enjeu : transformer un stock de machines Ecotecnia en actif digitalisé ou le céder si le coût de maintenance dépasse le spread électricité.
Verdict WattsElse
Gecalsa–Montamarta, c’est la preuve que l’éolien terrestre n’est plus une romance de pionniers mais un actif de bilan dans un groupe gazier ; la tension n’est pas dans la blade, elle est dans le permis et dans le mix fossile-résiduel qui paie encore les dividendes.
Sources : naturgy.com · elpais.com · thewindpower.net · castillayleoneconomica.es · dicyt.com · naturgy.com · es.marketscreener.com · laopiniondezamora.es · eldiario.es · laopiniondezamora.es
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