Greenalia
Greenalia incarne la fracture d’un producteur indépendant d’électricité renouvelable coincé entre une Galice où les tribunaux freinent l’éolien terrestre et un Texas où il mise des milliards pour grossir vite.
À propos de Greenalia
1. Modèle économique
Basée à A Coruña, Greenalia se présente comme producteur indépendant combinant principalement éolien terrestre, solaire photovoltaïque et biomasse forestière (site corporate). Selon son rapport intégré FY24, publié à l’été 2025, le groupe a réalisé 51,5 M€ de chiffre d’affaires en 2024 pour une perte nette de 8,4 M€, alors que l’exercice précédent était bénéficiaire au même titre ; l’effectif consolidé est donné à 125 salariés à fin 2024. La presse régionale rapporte une compression marquée de l’EBITDA consolidé à 23,9 M€ en 2024, contre environ 39 M€ un an plus tôt (La Voz de Galicia). Sur la structure du bilan, la société affiche une dette nette de 667,7 M€ à fin 2024 (données financières), chiffre ensuite contextualisé dans les médias économiques comme un empilement autour de 900 M€ de dette financière après opérations de refinancement liées au gabarit américain (Economía Digital). Pour fluidifier la trésorerie sans abandonner la rampe de capex, Greenalia a aussi placé en vente un panier d’actifs valorisé à près de 462 M€ entre développements espagnols et actifs aux États-Unis (Faro de Vigo).
2. Impact réel
Sur le fond physique, Greenalia ajoute bien des capacités renouvelables — au prix d’un mix où la biomasse reste une colonne technique et réglementaire sensible. Les publications disponibles en ligne détaillent peu, dans les extraits accessibles sans ouverture complète du PDF, une ventilation publique minute par filière en GWh ou en tonnes de CO₂ évitées pour 2024 ; ces agrégats précis ne sont pas repris de façon vérifiable ici au-delà du renvoi au rapport intégré FY24. En revanche, la mise en service du géant photovoltaïque MISAE II (430 MW) au Texas, avec communication officielle sur des volumes de production vendus sous contrats long terme (communiqué MISAE II), confirme un apport climatique « classique » du remplacement de kWh fossiles. Côté références françaises et communautaires, **aucune fiche ADEME ou article spécifique de type *Connaissance des Énergies* portant sur Greenalia n’a été identifiée ; l’alignement macro reste celui des trajectoires européennes de décabonation du secteur électrique évoquées par la Commission sur les énergies renouvelables. Dans le même temps, les médias galiciens soulignent des pertes ou charges liées aux enchères renouvelables et au volet biomasse Curtis-Teixeiro, où des évolutions normatives auraient pesé à hauteur d’environ 8 M€** sur l’exercice (La Voz de Galicia).
3. Innovations / partenariats
Le chantier américain fonctionne comme laboratoire de taille : Greenalia annonce pour MISAE II une entrée progressive en exploitation à partir de juillet 2025, avec quatre PPAs couvrant environ 70 % de la production attendue (communiqué MISAE II), dans la lignée d’un investissement global supérieur à 500 M$ relayé par la holding Smarttia (note Smarttia). Sur la partie marchés de capitaux, novembre 2025 voit la société lever son premier green bond nordique de 50 M€, assorti d’opinion de seconde partie et notation ESG externe selon son annoncé corporate. Ce type d’instrument matérialise la quête de finance durable tout en reflétant un coût du risque non neutre pour un profil aussi endetté.
4. Greenwashing / zones grises
Le positionnement « *The Green Company* » heurte un quotient d’endettement qui grimpe jusqu’à environ 667,7 M€ de dette nette fin 2024 puis une fourchette médiane autour de 900 M€ de dette financière en 2025 selon la presse spécialisée (données financières, Economía Digital), soit un rapport délicat avec la réduction du risque financier verteusement vendue aux investisseurs. La même tension apparaît sur le terrain juridique : en octobre 2024 le TSXG suspend sous réserve le parc Penas Boas, au motif d’un risque de dommages environnementaux jugés difficilement réversibles (La Opinión Coruña), rappel relayé au niveau judiciaire national (CGPJ). Par ailleurs, l’annulation du projet Bustelo pour fragmentation illégale des évaluations d’impact remonte au jugement du TSXG en juin 2023 (La Voz de Galicia), ce qui nourrit le débat sur la robustesse procédurale derrière certaines autorités régionales. Enfin, la galaxie politico-administrative fait l’objet d’enquêtes journalistiques sur des proximités avec d’anciens responsables du PP galicien (Público), alors même que la direction annonce mi-2025 un remaniement du conseil après le départ de figures publiques identifiées (Galicia Press).
5. Positionnement stratégique
Greenalia joue désormais une partie bilatérale : stabiliser la Galice avec une stratégie de cession/recyclage d’actifs à très forte valeur nominale (Faro de Vigo), tout en engageant au Texas des capacités photovoltaïques massives financées par levée de dettes et instruments verts (Economía Digital, green bond). Dans un marché européen où les énergéticiens courent après les GW pilotables et les projets admissibles au fond vert, cette société incarne la fusion du risque américain fiscal-réglementaire — avec provisions ou charges évoquées dans la presse sur les contrats solaires outre-Atlantique (La Voz de Galicia) — et du risque judiciaire européen sur l’éolien continental.
Verdict WattsElse
Greenalia n’est pas « verte » ou « brune » au slogan marketing : elle est verte à coups de milliards empruntés et rouge au crayon en Galice, où les juges ont appris à lire les dossiers environnementaux aussi vite que les banques lisent les ratios de levier — une puissance renouvelable qui paie désormais ses déficits deux fois : sur la balance et sur le terrain.
Sources : greenalia.es · greenalia.es · lavozdegalicia.es · greenalia.es · economiadigital.es · farodevigo.es · greenalia.es · commission.europa.eu · smarttia.es · greenalia.es · laopinioncoruna.es · poderjudicial.es · lavozdegalicia.es · publico.es · galiciapress.es · economiadigital.es
Données clés
- Forme
- sociedad de responsabilidad
- Siège
- A Coruña, Spain ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q113464714
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
IMEC-NL
Imec aux Pays-Bas, ce n’est pas une « boîte solaire » au sens étroit : c’est l’antenne néerlandaise du géant de la nanoélectronique imec, structurée surtout autour du Holst Centre à Eindhoven (co‑porté avec TNO depuis 2005) et complétée par d’autres pôles comme le OnePlanet Research Center.
Voir la ficheCông ty cổ phần Thép Hoà Phát Dung Quất
Le complexe sidérurgique Công ty cổ phần Thép Hòa Phát Dung Quất — filiale cotée du groupe Hòa Phát dans la zone économique de Dung Quất (Quảng Ngãi, Viêt Nam) — n’est pas un producteur électrique « au sens grand public » : il fabrique surtout de l’acier et produit une très grande partie de son électricité en captif, à partir du gaz de cokerie et de la…
Voir la ficheGöltaş Enerjİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Une filiale dont le siège légal comme les centrales se situent en Turquie (Muğla), adossée au cimentier coté GÖLTAŞ Çimento : tout le paradoxe du renouvelable « maison ».
Voir la ficheFredängen AB
Avant toute chose, le filtre identité : les requêtes ouvertes sur les annuaires d’entreprises nordiques et le web grand public ne livrent aucune fiche exploitable associant strictement la raison sociale « Fredängen AB » à un opérateur documenté des énergies renouvelables*.
Voir la ficheTecnalia
Tecnalia ne vend pas de kilowattheures: elle vend de la capacité à industrialiser des technologies.
Voir la ficheBalmoral Station Solar Array
Sur la Balmoral Station, au bord du lac Tekapo (district de Mackenzie, île du Sud), un projet de parc solaire géant empoigne des terres où l’on trouve encore des habitats sensibles : environ 135 000 panneaux envisagés, 88 MW visés dans les dossiers publics récents, et une généalogie réglementaire surprenante — refus d’autorisation pour biodiversité, puis…
Voir la ficheOPRA Turbines
Petite par la taille, stratégique par sa niche, OPRA Turbines vend une promesse très actuelle: faire du courant avec des gaz que l’industrie préfère d’ordinaire brûler à la torche ou ventiler.
Voir la ficheAlperen Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Une société cotée sous le titre « Alperen Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ » désigne très probablement la Alperen Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheSamsung Display
Filiale sud-coréenne de Samsung Electronics spécialisée dans les panneaux, Samsung Display incarne à la fois la « tech de tête » des smartphones premium et une industrialisation extrêmement énergivore au cœur d’une péninsule encore calée sur les fossiles.
Voir la ficheGrand Valley 1 LP
Une commandite ontarienne née avant la mue Veresen → Pembina : quelques turbines documentées depuis 2012, peu de données financières autonomes, mais un dossier préemption / Cour d’appel qui résume mieux les tensions transitions que n’importe quel communiqué net‑zero.
Voir la ficheITG
Le cache « Réseaux & Distribution » heurte tout de suite une homonymie notoire : plusieurs « ITG » traînent sur le web, dont une licence ludique sans lien avec l’énergie.
Voir la ficheGrupo Negratín
Le champion andalou du solaire enchaîne les contrats EPC et bascule en producteur d’électricité, porté par des fonds et par un marché latino-américain en ébullienon.
Voir la ficheConexus Baltic Grid
Le transporteur letton assure le gazoduc national et le seul stockage souterrain des pays baltes, Inčukalns — plaque tournante entre la Finlande, les États voisins et les marchés européens.
Voir la ficheExxonMobil Fuels, Lubricants & Specialties Marketing Company
Le nom ExxonMobil Fuels, Lubricants & Specialties Marketing Company recouvre, selon les éléments publics disponibles, le volet commercial et de distribution carburants, lubrifiants et produits spécialisés au sein du groupe Exxon Mobil Corporation — la couche « production et distribution » mondiale qui alimente les réseaux Esso, Exxon et Mobil et les…
Voir la ficheTüpraş
** Première capitalisation industrielle de Turquie, Tüpraş incarne la tension brutale entre cash-flow pétrolier et narrative « bas carbone ».
Voir la ficheHYNAZUMA
Cabinet créé en 2024 dans l’Aude, Hynazuma incarne la partie cachée de l’iceberg : le management de transition et l’« audit 360 » là où des boardrooms doivent avaliser des usines d’électrolyse ou des e-SAF.
Voir la fichePuntiagudo Energy SpA
Petite structure juridique à l’affiche d’un parc précis, Puntiagudo Energy SpA incarne la multiplication des projets « PMGD » au Chili — avec l’avantage d’une géographie proche de Santiago et l’inconvénient d’un pays où l’éolien et le solaire sont massivement « décrochés » du réseau.
Voir la ficheGR Roble
Le libellé « GR Roble » file aujourd’hui les bases ouvertes sous cette graphie exacte : aucune raison sociale repérable publiquement ainsi dans la filière « énergies renouvelables ».
Voir la ficheEOLICA MONTE REDONDO S.A.
Coquille juridique au nom d’un parc éolien, Eólica Monte Redondo porte à la fois le glamour des 48 MW de Coquimbo et la culpabilité judiciaire sur une hydraulique du Biobío.
Voir la ficheFVE 25
FVE 25 n’est ni une startup ni une vitrine RSE : c’est une SPV tchèque née au moment du pic photovoltaïque, aujourd’hui coincée entre des marchés de l’électricité plus durs et des règles publiques qui repèrent sans cesse le « boom » de 2009-2010.
Voir la ficheElectriciens sans frontières
Electriciens sans frontières tire son levier là où le développement vacille : éclairer une école, faire tourner une pompe, éviter que « transition » ne se résume à un badge marketing chez les bailleurs.
Voir la ficheE-REDES
E-REDES incarne invisiblement une pièce critique de la transition : distribuer sans faillir, tout en avalant vague après vague d’énormismes PV, véhicules branchés et compteurs vivants qui racontent chaque watt.
Voir la ficheSkelleftekraft
D’un côté, un groupe public du nord de la Suède ancré dans l’hydro et l’éolien ; de l’autre, une bulle prix de l’électricité qui a écrasé l’EBIT en 2024 et réorienté les investissements en 2025, pendant que la faillite de Northvolt et un litige sur des barrages cristallisent les risques territoriaux.
Voir la fiche