Hebi Fenghe Power Generation Co Ltd
Le nom sonne comme une coentreprise locale ; il condense pourtant une grosse machine provinciale — 1 800 MW au charbon, pilotée depuis Shenzhen mais enracinée dans le Henan.
À propos de Hebi Fenghe Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
La 鹤壁丰鹤发电有限责任公司 exploite la centrale décrite dans les bases du Global Energy Monitor sous le nom « Hebi power station » : deux groupes de 300 MW (2003, subcritiques) et deux de 600 MW supercritiques (2007), soit 1 800 MW opérationnels dans le district de Qibin, à Hebi. L’actionnariat fait apparaître Henan Yuneng Holdings à 50 %, avec des minoritaires dont Henan Province Energy Chemical Group (~31,7 %) et Shenzhen Yingshui Investment (~12,8 %), selon la fiche d’entité OpenSanctions alimentée par GEM — à ne pas confondre avec la voisine Hebi Heqi, autre actif thermique du groupe sur la même ville. Le chiffre d’affaires consolidé de la maison mère atteint 11,23 milliards de RMB en 2025 après 12,15 Md RMB en 2024, avec un retour au bénéfice net de 390 millions de RMB en 2025 contre une perte de 121 millions en 2024, d’après la synthèse MarketScreener. Sur ce périmètre, 92,07 % du CA relève encore du segment « produits énergétiques » dominé par thermique et chaleur, contre 3,21 % cumulés pour éolien et photovoltaïque, selon les tableaux publiés dans le rapport annuel 2025 accessible via Sina Finance. Les comptes détaillés de Hebi Fenghe hors consolidation ne sont pas retrouvés dans les extraits consultés : la lecture financière reste celle du groupe.
2. Impact réel
L’empreinte climatique directe de la centrale est celle d’un parc charbon complet : hors données publiques de bilan carbone unitaire vérifiées en ligne, l’effet principal est la production baseload fossile dans une province industrielle chinoise où la substitution au charbon reste lente. Les indicateurs environnementaux disponibles sont surtout des intensités et concentrations publiées au niveau groupe : 295,68 g de charbon économisé par kWh et 15,6 mg/m³ de SO₂ sur le parc thermique au premier semestre 2025, selon le communiqué intermédiaire Sina Finance. Ces chiffres illustrent une stratégie de « très basses émissions » pour les polluants classiques, sans équivalent transparent sur les émissions de CO₂ dans les extraits utilisés ici — ni lien direct avec les trajectoires européennes (PPE) ou les fiches sectorielles françaises type ADEME : le geste politique comparable est national et régional, pas Bruxelles.
3. Innovations / partenariats
La « transition » passe d’abord par la flexibilité des groupes existants : en 2025, des travaux d’efficacité et de modulation sur les unités n°1 et n°2 de Hebi Fenghe (avec d’autres sites du groupe, dont une unité à Nanyang) sont assortis d’une enveloppe de 400 MW de capacités « nouvelles énergies », relate une dépêche Webull reproduisant le flux Zhitong Finance News. Parallèlement, un pilote de stockage thermique à sels fondus — présenté comme co-opéré avec China Resources Power / Rundian Energy — a servi de laboratoire jusqu’à l’accident du 7 mai 2023 (China Energy Storage Alliance), après quoi la NEA a ordonné une campagne d’inspections sur ces technologies (même source).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le slogan « net-zero » sur une brochure européenne, mais l’écart entre discourse régional et réalité comptable : avec 92,07 % du CA groupe encore accroché au thermique/chaleur et 3,21 % pour éolien + solaire en 2025 (Sina Finance), les bundles éoliens conditionnés à la flexibilité charbon apparaissent comme mécanisme de conformité locale, pas comme substitution massive. La brutale résiliation en octobre 2025 de dix-sept projets de photovoltaïque distribué pour « recentrer » le développement des EnR à grande échelle (Baidu Baike) fragilise tout récit linéaire de « bascule » rapide — surtout juxtapositionné au drame industriel de 2023 (un mort, treize blessés) et à la volatilité du résultat net (−121 M puis +390 M RMB en deux exercices, MarketScreener), révélatrice de dépendance aux prix du charbon et au dispatch.
5. Positionnement stratégique
Sur le marché obligataire domestique, Yuneng a levé 500 millions de RMB début 2026 sur une émission AA+ au service du fonds de roulement et de programmes labellisés « revitalisation rurale », détaille encore Baidu Baike. Côté capacité, les extensions historiques les plus ambitieuses sont désormais classées annulées dans les inventaires du Global Energy Monitor, ce qui fige le site dans son format 1 800 MW tout en le poussant vers flexibilité + quotas éoliens. La fiche Bloomberg confirme la société comme actif opérationnel sous la coquille de holdings provinciales.
Verdict WattsElse
Hebi Fenghe n’est pas une start-up du net-zero : c’est une forteresse thermique qui achète son droit à quelques mégaoctets verts en rendant ses turbines plus dociles pour le réseau ; tant que la rentabilité groupe oscille avec le charbon et que la mémoire de 2023 reste dans les dossiers de la NEA, tout récit lisse mérite le graisseur de réalité.
Sources : gem.wiki · opensanctions.org · marketscreener.com · money.finance.sina.com.cn · money.finance.sina.com.cn · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · webull.com · en.cnesa.org · baike.baidu.com · bloomberg.com
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