HIS
Le dossier confond parfois la commune française His et un code métier « Autres énergies » : ici, il s’agit du groupe japonais H.I.S.
À propos de HIS
1. Modèle économique
Le cœur du groupe reste le tourisme et la distribution de voyages, segment qui tire la reprise post‑crise sanitaire : sur l’exercice clos le 31 octobre 2025, H.I.S. affiche un chiffre d’affaires consolidé de 373 106 millions de yens, un résultat opérationnel de 11 627 millions de yens et un bénéfice net attribuable de 4 719 millions de yens, selon les résultats financiers consolidés 2025. L’ rapport intégré 2025 recense 12 372 salariés en consolidé. La branche « power » a longtemps été symbolisée par H.I.S. SUPER Power, cédée le 31 octobre 2022 à Kyushu Ohisama Power Generation, filiale de Nangoku Shokusan, avec un perte exceptionnelle consolidée de 5 410 millions de yens comptabilisée sur l’opération, d’après la présentation FY2022 T4. Désormais, le site corporate « Energy » met en avant une transition post‑biomasse vers des options présentées comme plus durables (dont le solaire et le positionnement sur les services carbone liés au voyage), sans que l’ancienne architecture de production soit le moteur des marges (H.I.S. Energy).
2. Impact réel
L’empreinte structurante reste celle de la centrale de Kakuda (préfecture de Miyagi), présentée par la presse comme une installation d’environ 41 MW brûlant de l’huile de palme importée, suffisante selon The Asahi Shimbun pour l’équivalent d’environ 90 000 foyers (The Asahi Shimbun). Friends of the Earth Japan documente un projet prévu pour consommer à lui seul environ 70 000 tonnes d’huile de palme par an (FoE Japan, PDF). Pour le climat, l’ONG cite une étude commandée par la Commission européenne chiffrant l’huile de palme, biocarburant, à 231 g CO₂‑eq/MJ contre 90,6 g pour le charbon, avant même d’intégrer le débat sur la déforestation — donnée reprise dans leur argumentaire public (FoE Japan). Pour un lecteur français, le rappel pédagogique fait sens : toute biomasse « renouvelable » n’est pas interchangeables en neutralité carbone, selon l’origine, la gestion des sols et les imports (fiche biomasse ; communiqué ADEME sur la biomasse). Le Japon, lui, a poussé des projets de type FIT autour de la palme ; la mécanique tarifaire et ses effets rebond font l’objet d’analyses de fond comme Dialogue Earth.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet aviation, H.I.S. commercialise des offres qui mettent en avant la valeur de réduction de SAF (carburant durable d’aviation) via des mécanismes de « book & claim » et d’attribution des bénéfices carbone — détaillés dans une série corporate (STORIA H.I.S.). En 2025, Marubeni annonce explicitement une collaboration avec H.I.S. pour commercialiser un circuit en Espagne s’appuyant sur ces attributs de réduction liés au SAF (communiqué Marubeni). Côté discours groupe, la page Durabilité relie transition touristique et finance bas carbone — à distinguer des spectaculaires nouvelles sur un anneau solaire lunaire (Shimizu, médiatisé en parallèle dans la veille des titres comme L’Energeek), sans participation de H.I.S. au consortium.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le slogan, c’est le découplage entre label « renouvelable » et chaîne d’approvisionnement. FoE Japan aligne des chiffres de cycle de vie défavorables à l’huile de palme comparée au charbon dans les références qu’elle mobilise (231 contre 90,6 g CO₂‑eq/MJ) (FoE Japan), en parallèle du volume ~70 000 t/an annoncé pour Kakuda (FoE Japan, PDF). Mighty Earth a cadré la séquence comme un pari financier sur la biomasse palme, puis une sortie en urgence après pertes sur la filiale productrice d’électricité (enquête Mighty Earth) — récit cohérent avec la vente et la perte exceptionnelle publiées par le groupe en 2022 (présentation FY2022 T4). Enfin, la pénibilité réputationnelle des biocombustibles palme est un enjeu public en Europe (la France, dans ses politiques de biocarburants, a durci le traitement de filières trop sensibles environnementalement) (Ministère de la Transition écologique) : un voyagiste qui « achète du vert » sur le papier peut se retrouver décroché de la même opinion sur ses actifs thermiques importés.
5. Positionnement stratégique
Après la cession de la production d’électricité, H.I.S. recolle financièrement via le tourisme — les comptes FY2025 montrent une dynamique de ventes et de marge opérationnelle soutenues (résultats consolidés 2025). La montée en gamme climat passe désormais par le SAF et des produits « attributs carbone », en prise avec la pression réglementaire japonaise sur l’aviation et la course aux preuves sur les intrants durables (Marubeni). Dans « Autres énergies », l’entreprise n’est plus un producteur en quête de spread sur la palme, mais un agrégateur de services qui doit aligner marketing et passif carbone tropical — sinon le bilan voyage contraste avec les factures d’import toujours visibles .
Verdict WattsElse
H.I.S. a clos une ère où la palme était traitée comme cash‑flow en béton Miyagi, et ouvre une ère où le SAF sert de vernis à un passif dont les chiffres — 41 MW, 70 000 t, pertes exceptionnelles — restent publics et gênants. Dans l’énergie « autre », la leçon est vieille comme une forêt primaire : sans traçabilité, le renouvelable ne paie pas la transition.
Sources : his.co.jp · his.co.jp · his.co.jp · his.co.jp · asahi.com · foejapan.org · foejapan.org · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · dialogue.earth · his.co.jp · marubeni.com · his.co.jp · lenergeek.com · stories.mightyearth.org · ecologie.gouv.fr
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q1431491
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