Iberdrola México
Le rideau tombe sur un géant : en avril 2026, Iberdrola boucle la cession de son périmètre historique au profit de Cox, au prix d’un chèque de plusieurs milliards de dollars.
À propos de Iberdrola México
1. Modèle économique
Jusqu’à la clôture annoncée en avril 2026, Iberdrola structurait au Mexique un modèle de producteur–vendeur d’électricité mêlant cycles combinés, cogénération et parcs éoliens et solaires, adressé à une clientèle industrielle et commerciale de premier plan. La transaction avec Cox, annoncée à 4 milliards de dollars par Iberdrola à l’achèvement, transfère 2 600 MW en exploitation — 1 368 MW thermiques (cycles combinés/cogénération) et 1 232 MW éolien et photovoltaïque — ainsi que les activités commerciales associées (clôture de la vente). Cox revendique, de son côté, plus de 25 % du marché privé mexicain, plus de 500 grands clients, 20 TWh vendus dans l’année et une base de plus de 800 professionnels, avec un pipeline d’environ 12 GW de projets d’EnR à développer (reprise par Cox). En vision pro forma 2025, le périmètre cédé apparaît évalué autour de 2,55 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 786 millions d’euros d’EBITDA selon Cox — agrégats utiles pour calibrer l’échelle du legacy mexicain, distincts des comptes consolidés monde du groupe. Pour la suite « pure EnR », Iberdrola joue désormais la carte développeurs via Green Park Energy, distinct du bloc cédé.
2. Impact réel
L’empreinte climat du schéma « Iberdrola au Mexique » ne se lit plus sur un bilan unique : le lot cédé à Cox mélange explicitement 1,2 GW d’éolien et de solaire avec 1,4 GW de thermique, donc un impact net dépendra de la politique de dispatch et de décarbonation du repreneur (reprise par Cox). Sur la branche photovoltaïque neuve, Iberdrola annonce 535 MW répartis entre Saltillo (415 MW), San Diego de la Unión (120 MW) et un troisième site de 120 MW à Villa Juárez (Aguascalientes) (retour au solaire mexicain). À Tecozautla (Hidalgo), la presse spécialisée et les autorités évoquent un parc d’environ 100 MW, 204 288 panneaux, et une enveloppe de l’ordre de 150 millions de dollars, avec mise en service échelonnée sur des horizons de chantier longs à l’échelle industrielle mexicaine (permis deux parcs solaires). Ces volumes alimentent le Sistema Eléctrico Nacional en MWh renouvelables additionnels ; en revanche, les trajectoires françaises (PPE, objectifs européens) ou les fiches ADEME n’ encadrent pas directement ce marché : le repère pertinent reste la combinaison CFE/investisseurs privés et la régulation mexicaine, pas un benchmark PPE3 appliqué localement.
3. Innovations / partenariats
Au-delà du classique géant PV, Green Park accumule les permis municipaux et fédéraux pour industrialiser des plaques standard haute puissance (680 W annoncées sur plusieurs dossiers), des postes élévateurs et, sur certains dossiers environnementaux, du stockage (BESS) en bout de ligne (Synthèse PV 535 MW). Le deal Cox — annoncé d’abord à 4,2 milliards de dollars « enterprise value » incluant une structure de financement-majoritairement-par-dette coté acheteur — illustre le couplage entre banques d’investissement et groupe espagnol multi-services cherchant une échelle utilitaire mexicaine (accord Reuters juillet 2025). Côté groupe, Iberdrola met en avant pour 2025 des investissements record de 14,46 milliards d’euros et une marge opérationnaire consolidée tirée très majoritairement par les réseaux réglementés aux États-Unis et au Royaume-Uni (résultats 2025), ce qui cadrage le rôle du Mexique : relais de développement EnR, plus cœur de rentabilité régulée comme outre-Atlantique.
4. Greenwashing / zones grises
Premier foyer de critique documenté : la vente massive au secteur public de plus de 8 400 MW de cycles combinés gaz en 2023, dans une opération d’environ 6 milliards de dollars qualifiée côté pouvoir mexicain de « nouvelle nationalisation » au bénéfice de la Comisión Federal de Electricidad (achat par l’État mexicain ; chiffrage aligné avec la communication officielle Iberdrola sur le périmètre gazier (accord Iberdrola 8 400 MW)). Mécaniquement, le transfert peut améliorer le profil scopes du vendeur sans réduire, à lui seul, les émissions nationales mexicaines. Second foyer, social et contractuel : en février 2024, la presse relève jusqu’à 300 paysans du sud d’Oaxaca inquiets pour trois parcs éoliens d’une capacité combinée voisine de 200 MW, avec des références de 10 000 à 15 000 pesos mexicains par MW dans les contreparties financières discutées, au moment où la revente préparée d’actifs Iberdrola brouille la visibilité des engagements locaux (reportage Istmo-Oaxaca). Ce duo — déplacement d’empreinte fossile versus charges locales sur le terrain — constitue le nerf de la critique factuelle, au-delà des slogans RSE.
5. Positionnement stratégique
Iberdrola affiche une trajectoire « cash-out Mexique / cash-in réseaux et EnR ciblés » : la cession à Cox libère du bilan pour accélérer des enveloppes d’investissement prioritairement anglo-saxonnes (accord Reuters juillet 2025), tout en conservant sous bannière propre une douzaine de gigawatts de projets EnR au Mexique via le dossier Cox — actifs et pipeline — jusqu’à reprise (reprise par Cox). La presse métier décrit sous le mandat Claudia Sheinbaum un climat réglementaire un peu plus ouvert aux investissements privés en renouvelable qu’aux années « bataille AMLO–Iberdrola », même si la prudence reste de mise (relance PV).
Verdict WattsElse
Iberdrola mexicanise désormais sa transition autrement : le kWh historique passe chez Cox, le kilowatt-heure solaire du futur reste Iberdrola — à condition que les engagements paysans tiennent la route mieux que les permis éoliens vieillissants. En clair : la photo carbone du groupe peut s’éclaircir vite ; celle du pays, pas automatiquement.
Sources : iberdrola.com · grupocox.com · pv-magazine.com · masquedinero.com.mx · reuters.com · iberdrola.com · reuters.com · iberdrola.com · oaxaca.eluniversal.com.mx
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