ALUAR Aluminio Argentino
Puerto Madryn ne joue pas dans la même cour que les pure players EnR européens, pourtant c’est là qu’Aluar tisse sa crédibilité « bas carbone ».
À propos de ALUAR Aluminio Argentino
1. Modèle économique
Aluar Aluminio Argentino est, selon ses propres communications, le seul producteur argentin d’aluminium primaire, avec environ 460 000 t/an et 80 % des volumes exportés. La rentabilité repose sur la fonderie de Puerto Madryn (Chubut), les dérivés (dont une unité d’aluminium élaboré à Abasto) et un accès historiquement avantageux à l’électricité — dont une part hydro via Futaleufú, où le groupe revendique une participation majoritaire dans la centrale. Sur l’exercice clos le 30 juin 2025, le rapport d’analystes relayé par MarketScreener fait état d’un chiffre d’affaires d’environ 1 562 Md ARS, en baisse d’environ 9,4 % sur un an, et d’un bénéfice net effondré à 7 513 M ARS contre 170 169 M ARS l’année précédente — à contextualiser avec l’hyperinflation et la volatilité du peso, mais signal fort de fragilité des marges. L’effectif consolidé récent n’a pas été extrait des extraits financiers consultés ; en revanche, la presse juridique indique qu’en février 2026 une grève a concerné 700 travailleurs syndiqués, ce qui donne l’échelle d’un site socialement dense.
2. Impact réel
L’intensité déclarée pour l’aluminium primaire — 6,21 t CO₂eq / t Al en 2024 — est présentée dans le rapport de durabilité 2024-2025 comme nettement inférieure à une moyenne mondiale citée à 15,1 t. Pour un lecteur français, ce type d’écart reflète surtout l’importance du mix électrique : l’ADEME rappelle que la décarbonation de l’aluminium dépend massivement de l’origine de l’électricité — raison pour laquelle l’UE pousse des trajectoires sectorielles strictes, sans équivalence automatique avec un exportateur atlantique. Côté outil, Aluar table sur un parc éolien de 582 MW attendu pour fin 2026, sur près de 200 km², avec 745 M$ cumulés sur les étapes de développement, selon la communication « 50 ans » et Energía Online — chiffres cohérents entre presse spécialisée et site corporate.
3. Innovations / partenariats
La « technologie » visible est avant tout électrique et géographique : extension par paliers du parc, raccordements HT 132 kV, éoliennes Goldwind 6 MW évoquées dans la presse argentine lors des annonces d’ampleur. Le dispositif vise à coupler production métal et génération éolienne localement — logique classique des smelters qui cherchent à verrouiller du MWh dédiés. Au-delà, les brevets ou alliances R&D ne sont pas documentés dans les sources ouvertes consultées pour cette fiche ; l’innovation stratégique se lit surtout en capex énergétique et en ingénierie de réseau.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart entre discours « renouvelable » et physiques se lit dans les agrégats électriques relayés par Urgente24 en 2026 : 44 % d’EnR pour l’aluminium primaire (contre 94 % pour les produits élaborés), une centrale thermique 676 MW fournissant 3,7 TWh/an, et un 661 GWh éolien — soit une empreinte encore structurée par le thermique gaz. Deuxième tension chiffrée et immédiate : l’expiration fin 2025 d’un tarif préférentiel évoked à 30 $/MWh avec risque de passage à 60 $/MWh, ce qui pourrait doubler le coût de l’électricité absorbée par l’électrolyse, selon Al Sur Noticias en février 2026. Troisième volet : contrôle de la pollution atmosphérique et des sols — un travail de l’Université nationale de Cuyo cité par Cholila Online en octobre 2025 pointe des lacunes dans les dispositifs de surveillance. Enfin, le climat social alimente le doute sur la durabilité d’appareil : mobilisations et licenciements suivis de conciliation ministérielle en 2026 (iProfesional), après une grève 2024 contre des licenciements à Puerto Madryn (ANRed).
5. Positionnement stratégique
La lecture WattsMonde « EnR » se tient si l’on prend l’éolien comme vecteur de valorisation boursière et d’accès aux marchés verts ; le cœur reste métallurgique, avec une exposition totale au prix global de l’aluminium et à la capacité politique de recoller un cadre tarifaire avantageux après Futaleufú. L’enjeu 2026-2027 est double : livrer les 582 MW annoncés et absorber un choc électricité sans retomber dans une spirale sociale — dans un contexte où l’Europe continue de durcir les critères carbone des importations industrielles, ce qui repositionne tout smelter exportateur sur un terrain compétitif plus exigeant.
Verdict WattsElse
Aluar fait monter la puissance éolienne pour ne pas laisser l’électrolyse se faire dicter son avenir par le gaz et la politique tarifaire ; mais tant qu’un 676 MW thermique portent une partie du flux et qu’un doublement du $/MWh reste sur la table, l’étiquette « transition » colle à une équation industrielle plus qu’à une vocation de développeur renouvelable.
Sources : aluar.com.ar · marketscreener.com · iprofesional.com · librairie.ademe.fr · aluar.com.ar · energiaonline.com.ar · urgente24.com · alsurnoticias.com.ar · cholilaonline.ar · anred.org
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