Intermare Sarda
Sous le nom historique d’Intermare, le site d’Arbatax fabrique des cathédrales d’acier pour l’offshore — hier des jackets éolien pour la mer du Nord, aujourd’hui une structure de plus de 7 000 t pour le gaz roumain Neptun Deep, demain peut‑être les fondations STAR‑1** promises aux parcs flottants méditerranéens.
À propos de Intermare Sarda
1. Modèle économique
Intermare Sarda n’est pas une « startup énergie » autonome : selon les documents groupe, il s’agit du chantier de fabrication d’Arbatax, l’un des grands sites italiens de structures offshore lourdes (jackets, équipements associés), positionné pour desservir Méditerranée, mer du Nord et bassins voisins, comme le résume la fiche officielle du cantiere d’Arbatax. Une brochure technique « Arbatax Yard » précise encore l’ancrage historique sous le nom d’Intermare Sarda. Le revenu du site n’est pas publié séparément dans les comptes consolidés : il se lit indirectement dans le carnet de commandes et la stratégie de Saipem (EPC/offshore), où Arbatax apparaît comme exécutant chaudronné de contrats internationaux. Le contrat phare actuel côté gaz est la plateforme Neptun Alpha du projet Neptun Deep en mer Noire : la découpe de première tôle du jacket a été annoncée pour octobre 2024 sur le yard sarde, pour une structure d’environ 140 m de haut et >7 000 t, avec premier gaz visé en 2027 selon la chaîne de décision du projet (communiqué technique, point d’étape OMV Petrom). Côté éolien offshore, la vocation du site est documentée par des livraisons récentes : en janvier 2023, le journal L’Unione Sarda relatait le lancement de deux jackets « maxi » fabriqués à Intermare pour un parc britannique — signal fort de fabrication export pilotée depuis l’Ogliastra.
2. Impact réel
L’empreinte climat directe d’Intermare se lit moins dans un bilan carbone publié au nom du seul chantier que dans la nature des ouvrages livrés : structures acier pour infrastructures gaz (locking des émissions du champ servi pendant des décennies) ou fondations éoliennes (électricité bas‑carbone en bout de chaîne). À l’échelle insulaire, le contexte énergétique reste thermique‑dominant pour l’électricité : selon L’Unione Sarda (données citées pour 2024), la Sardaigne aurait produit 12 563 GWh pour 7 637 GWh de consommation, avec par exemple 8 621 GWh d’origine thermique contre 1 935 GWh éolien et 1 520 GWh solaire — soit une île exportatrice nette (3 508,3 GWh exportés, 27,92 % de la production). Ce tableau tempère toute lecture « verte » du territoire : l’éolien et le solaire progressent, mais le socle fossile reste massif côté kWh. Aucun chiffre public de CO₂ évité ou de part EnR n’a été trouvé au seul niveau d’Intermare/Arbatax ; l’analyse doit donc rester amont industriel et contextuelle, pas comptable site par site.
3. Innovations / partenariats
Le levier « transition » du groupe passe par des briques technologiques revendiquées pour l’éolien flottant : Saipem a présenté la fondation STAR‑1 comme réponse aux turbines next‑gen (annonce Saipem). Sur le volet italien, un accord avec Divento vise explicitement le projet Ichnusa Wind Power en Sardaigne (capacité annoncée 504 MW) et 7 Seas Med en Sicile, autour de STAR‑1 (communiqué du 5 mars 2025). Côté capital immatériel, le document de synthèse Saipem at a glance (octobre 2025) indique 33 M€ d’investissement R&D sur 2024 et un parc de 2 639 brevets (avec 22 nouveaux dépôts sur l’exercice) — chiffres groupe, mais révélateurs de l’endettement technologique sur lequel un site comme Arbatax peut s’appuyer.
4. Greenwashing / zones grises
Exposition fossile tangible et datée : le même outil industriel qui s’affiche dans la « energy transition » du groupe exécute en parallèle un jacket gazier de plus de 7 000 t pour Neptun Deep, avec calendrier de premier gaz en 202716 décembre 2025 sur des articles de LR n° 20/2024 relatives aux énergies renouvelables et à zonages/permissions — décision consultable dans la sentenza n° 184/2025 de la Cour constitutionnelle italienne. Ce contexte peut ralentir ou brouiller le pipeline éolien (terrestre ou offshore) dont dépendrait indirectement le plein emploi « vert » des fondations flottantes. Coût politique de la filière gaz insulaire : selon Vaielettrico (2025, sur la base de positions ARERA), le plan de méthanisation sarde s’inscrit dans un enveloppement de plusieurs milliards d’euros de CAPEX avec des effets tarifaires attendus sur le transport du gaz — rappel utile quand on vente un hub de structures gaz offshore comme simple levier « transition ».
5. Positionnement stratégique
Intermare/Arbatax incarne la dualité industrielle du moment : capacité souveraine rare en Europe pour soudures XXL et assemblage jacket, donc carte maîtresse pour l’éolien offshore et les interconnexions/indirect gaz… mais aussi subcontractant incontournable des majors quand un Neptun Deep remplit le planning. Le succès commercial du site dépendra autant des appels d’offres flottants italien et méditerranéens que de la résilience réglementaire post‑2025 sur les zones EnR. Données ADEME, PPE française ou fiches « Connaissance des Énergies » spécifiques à Intermare Sarda : non trouvées dans la veille ouverte ; la lecture reste italo‑européenne (décision Consulta, pilotage ARERA, stratégie Saipem).
Verdict WattsElse
Intermare n’est pas une vignette ESG : c’est une presse hydraulique qui convertit l’acier en infrastructures fossiles ou en clefs de voûte renouvelables, avec un 2026‑2027 bien accroché au gaz de la mer Noire. Tant que le droit sarde sur les EnR restera sous tension juridique, le storytelling flottant risque de courir plus vite que le cadastre des autorisations.
Sources : saipem.com · saipem.com · offshore-mag.com · omvpetrom.com · unionesarda.it · unionesarda.it · saipem.com · saipem.com · saipem.com · cortecostituzionale.it · vaielettrico.it
Données clés
- Forme
- joint-stock company
- Fondée
- 1972
Identifiants publics
- Wikidata
- Q3799497
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