Kongsberg Offshore
Née dans le sillage d’Ekofisk, la division pétrolière de Kongsberg a changé de nom, de propriétaire et de bourse : aujourd’hui, son ADN sous-marin vit surtout dans le segment Subsea de TechnipFMC, pas dans un logo « Kongsberg Offshore ».
À propos de Kongsberg Offshore
1. Modèle économique
La trajectoire industrielle est claire : création d’une division pétrolière à Kongsberg en 1974, rebaptisée Kongsberg Offshore en 1986, puis vente hors sphère d’État norvégienne et passage chez Siemens, avant rachat par FMC en 1993 — chaîne qui prépare l’intégration ultérieure dans FMC Technologies puis la fusion avec Technip donnant naissance à TechnipFMC en 2017. Le cœur du modèle actuel, c’est l’ingénierie et l’exécution intégrées sous-marines (iEPCI™), assorties de services et d’équipements pour développer et prolonger des champs offshore à l’échelle multinationale.
Les chiffres 2025 publiés par le groupe font office de référence : environ 9,93 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un carnet de commandes record de 16,6 milliards de dollars au 31 décembre, un EBITDA ajusté d’environ 1,8 milliard en hausse marquée par rapport à 2024, et une manne vers les actionnaires de l’ordre d’un milliard de dollars sur l’exercice — le tout détaillé dans les communications officielles de résultats (communiqué T4 2025, présentation investisseurs). Les prises de commandes Subsea dépassent la barre des 10 milliards de dollars sur 2025 selon le même corpus. L’effectif mondial est indicatif d’environ 22 000 personnes dans le rapport UK 2025. Pour 2026, la direction vise un CA Subsea entre 9,2 et 9,6 Md$ avec une marge EBITDA d’environ 21–22 % (présentation T4 2025).
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’impact direct dominant de cette chaîne de valeur est la mise en service et l’extension de capacités d’extraction pétrolière et gazière en mer — champs norvégiens, Golfe du Mexique, Paléogène « ultra-high pressure », etc. Les projets CCS ou « all-electric » n’effacent pas cette empreinte : ils peuvent réduire l’intensité carbone de certains développements ou industrialiser le stockage de CO₂, mais demeurent imbriqués dans des filières fossiles et des infrastructures lourdes. Côté cadres publics français et européens, la stratégie nationale sur le CCUS et les objectifs de long terme sur les énergies fossiles situent le débat : la France table sur un déploiement structurant du captage-stockage dans un bouquet encore très exposé aux liquides et au gaz, comme le rappellent le document d’étape CCUS et les analyses de société civile relayées par Connaissance des énergies ; l’ADEME insiste, elle, sur la nécessité de réduire massivement la consommation d’énergies fossiles pour tenir des trajectoires compatibles avec les objectifs climatiques — angle qui juge plutôt l’offshore pétrolier « classique » comme levier de production, non comme solution de substitution aux combustibles.
3. Innovations / partenariats
Le différenciateur technique mis en avant est le paquet intégré iEPCI (ingénierie, approvisionnement, construction, installation), désormais central dans le flux de contrats : sur 2025, plus de 80 % des entrées de commandes Subsea relèvent de ce modèle intégré ou de services associés (Business Wire, résultats 2025). Côté « frontière du possible », la plateforme 20 000 psi sert de récit à des développements Paléogène pour bp, avec des contrats publics sur Kaskida puis Tiber (fourchette d’ordre de grandeur 600–800 M$ annoncée pour Tiber en janvier 2026). En Europe du Nord, la prolongation de vie des gisements continue : Johan Sverdrup phase 3 (contrat « large » 500 M$–1 Md$) et extension Heidrun (significatif, 75–250 M$) illustrent le couple Equinor–TechnipFMC. Sur le CCS, l’avis de procéder sur le projet Northern Endurance pose un jalon « bas carbone » à grande échelle. Par ailleurs, le groupe a cédé Measurement Solutions pour 186 M$ en 2024 au titre d’un recentrage (rapport annuel Form 10-K).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réputationnel tient au décalage volume : discours ESG et feuille de route « New Energy » côtoient un backlog et des entrées de commandes massivement tournés vers l’offshore pétrolier et gazier (rapport UK 2025, communiqué T4 2025). Le CCS peut être présenté comme une brique de décarbonation industrielle — ce que reconnaissent les cadres publics européens — mais il facilite aussi la pérennisation d’actifs fossiles, ce que soulignent les débats français sur le rôle exact du captage-stockage dans la transition (rapport CCUS). La dépendance au modèle propriétaire iEPCI concentre en outre le risque d’exécution : un retard ou un surcoût sur ces méga-contrats se répercute vite sur les marges, thème récurrent dans les rapports SEC / facteurs de risque. Enfin, la géographie du cycle reste volatile : au second semestre 2025, certaines zones (mer du Nord, Amérique latine) ont montré des signes de ralentissement, compensés par d’autres bassins — signal que le « record » n’est pas mécaniquement homogène (Business Wire).
5. Positionnement stratégique
TechnipFMC capitalise sur une rareté industrielle : peu d’acteurs maîtrisent bout-en-bout la chaîne sous-marine des grands projets en eaux profondes. La feuille ESG 2024–2026 et le tableau de bord publié, complétés par la page durabilité, traduisent une instrumentalisation légitime des objectifs pour les financeurs et les donneurs d’ordre — mais la tension reste celle d’un groupe dont le cash-flow et le multiple boursier sont indexés sur la prolongation du cycle offshore. Côté « Kongsberg » contemporain, la scission de Kongsberg Maritime finalisée en avril 2026 concerne le groupe Kongsberg resté sur le maritime et la défense, pas la branche pétrolière vendue dans les années 1990 ; l’éclairage boursier en est donné par Euronext — utile pour situer l’écosystème norvégien sans amalgamer les personnes morales.
Verdict WattsElse
L’histoire « Kongsberg Offshore » est un contre-exemple élégant de la transition annoncée : le nom a disparu des portefeuilles, mais la compétence sous-marine a été capitalisée à l’échelle d’un champion fossile dont les records 2025 disent surtout que le deepwater n’a pas rendu les armes — il a rendu les comptes.
Sources : en.wikipedia.org · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · businesswire.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · technipfmc.com · live.euronext.com
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