Saves Enerji A.Ş
Saves Enerji n’est pas une start-up brochure : filiale EnR du conglomérat turc Nakkaş, elle aligne grandes hydrauliques, parcs solaires et stockage, tout en jouant sur les marchés transfrontaliers.
À propos de Saves Enerji A.Ş
1. Modèle économique
Saves Enerji A.Ş se présente comme opérateur d’électricité renouvelable et de commerce de l’énergie, essentiellement en Turquie et en Roumanie. Selon la fiche groupe sur le site de la holding, la capacité installée en service s’élève à 122,74 MW, décomposée en 90 MW d’hydro et 12,5 MW de solaire en Turquie, plus 20,24 MW de solaire couplés à 3,05 MWh de batteries en Roumanie (portefeuille Saves chez Nakkaş). Le site corporate mentionne par ailleurs un périmètre licence d’environ 246,6 MWm et une puissance « en service » hydro autour de 111,36 MW et solaire 12,41 MW, chiffres à lire avec la prudence habituelle sur les distinctions MW / MWm (Saves). Les revenus combinent donc production (PPA, marchés de gros, mécanismes tarifaires turcs), arbitrage et, pour une partie du management citée en homepage, objectifs affichés d’~250 MW de capacité et 100 MW de volume de trading (Saves). Le premier grand actif roumain, Cojani 2 (20,24 MWp + BESS 3,05 MWh), a été mis en service le 23 décembre 2024 près de Târgu Cărbunești (Gorj) (communiqué Saves) ; le projet est présenté comme une investissement d’environ 20 millions d’euros côté presse roumaine (Green News) et a été financé à 65 % par la banque DHB selon la presse spécialisée turque (Yatırımlar). Chiffre d’affaires consolidé ou résultat net de Saves : non retrouvé dans les supports corporate consultés ; Nakkaş Holding, structure récente, ne substitue pas à des comptes publiés détaillés pour l’analyse externe.
2. Impact réel
Côté bilan carbone du parc, Saves met en avant un mix 100 % EnR au sein de sa filière production : hydro dominante en Turquie, solaire qui croît (Turquie + Roumanie), batteries sur Cojani 2. La centrale Çamlıca I est qualifiée de 84 MWe / 94,5 MWm, avec une production annuelle de l’ordre de 300 GWh selon le répertoire sectoriel (fiche Çamlıca I) — ordre de grandeur comparable à une ville industrielle annuelle en Turquie, mais sans bilan gaz à effet de serre vérifié publié par l’entreprise. Un projet solaire à Diyarbakır est décrit sur le site comme 93 MWe / 130,746 MWm avec 94 MWh de stockage (Saves), ce qui, s’il passe en exploitation, renforcerait fortement la flexibilité du mix. Pour une lecture française : ces actifs ne sont pas directement pris dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie ni dans les fiches ADEME nationales, mais l’implantation en Roumanie rattache une partie du pipeline aux dynamiques de décarbonation UE observées dans la presse régionale (Energy World).
3. Innovations / partenariats
Au-delà du hardware, Saves/Nakkaş annoncent une collaboration avec Presify fin 2024 pour l’optimisation par intelligence artificielle de la gestion d’actifs EnR (annonce Nakkaş). Sur le terrain financier, le couple banque + fonds européens non remboursables autour de Cojani 2 illustre la structuration type des PV+batterie en Roumanie (Green News, Yatırımlar). Le groupe de développement Enexus avait été associé en amont au montage « premier » parc solaire + stockage pour l’investisseur turc dans un communiqué industrie (pv magazine).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant dans le kilowattheure produit que dans le périmètre corporate. Nakkaş affiche une capacité de stockage pétrolier de 721 600 m³ via Global Terminal Services dans la région méditerranéenne (historique du groupe), et annonce l’acquisition d’Alpet, distributeur d’hydrocarbures, pour bâtir une « structure énergétique intégrée » mêlant stockage, retail et marque carburant (communiqué Alpet / Nakkaş). Autrement dit : Saves peut être irréprochable sur son périmètre EnR tout en servant la communication d’un groupe dont la trajectoire net-zéro globale reste à démontrer. Côté Turquie, la Göngele HES est présentée comme éligible au mécanisme YEKDEM jusqu’en 2030 (avec prolongations tarifaires détaillées sur la page d’accueil corporate) (Saves) : la marge après 2030 dépendra des règles locales, pas d’un argument marketing. Enfin, la montée à 180 MW de capacité d’export d’électricité vers la Syrie valorise la plateforme de trading mais l’expose à la volatilité géopolitique et réglementaire des interconnecteurs, signal repris sur le site (Saves). Aucun élément de condamnation judiciaire ou de plainte ONG n’a été identifié dans ce brief ; la critique porte sur l’incohérence de bilan carbone au niveau holding et la transparence financière limitée.
5. Positionnement stratégique
Saves incarne la montée en gamme techno-financière du producteur EnR turc à l’export (Roumanie, BESS, IA). L’enjeu est de capitaliser sur les pipelines hydro-solaire-batterie (Diyarbakır, licences >130 MWm affichées côté corporate, Saves) pendant que Nakkaş épaissit sa couche fossile aval. Dans un marché européen en quête de fiabilisation du réseau, Cojani 2 est un étiquette de crédibilité ; dans l’écosystème turc, le groupe reste doublement dépendant des prix de gros et des cadres d’aides (YEKDEM). La taille du groupe mère (ordre de grandeur >3 000 salariés mentionné dans la presse économique autour de l’opération Alpet, Anadolu Agency) dessine un partenaire systémique, pas un pur-play EnR.
Verdict WattsElse
Saves Enerji prouve qu’on peut basculer du MWh hydro au MWh photovoltaïque européen avec des batteries ; elle prouve surtout que, dans les conglomérats, la couleur du bilan dépend du zoom — et qu’un holding peut paralléliser le solaire et le super-tanker.
Sources : nakkasholding.com.tr · saves.com.tr · saves.com.tr · greennews.ro · yatirimlar.com · enerjiatlasi.com · energyworld.ro · nakkasholding.com.tr · pv-magazine.com · nakkasholding.com.tr · nakkasholding.com.tr · aa.com.tr
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