KPMG
KPMG ne produit ni électron ni molécule.
À propos de KPMG
1. Modèle économique
KPMG vit d’un triptyque classique, mais redoutablement rentable: audit, conseil, fiscalité-juridique. À l’échelle mondiale, le réseau a affiché 38,4 milliards de dollars de revenus sur l’exercice clos au 30 septembre 2024, avec 275 288 salariés, en hausse de 5,1% à taux constants selon ses résultats FY24. Dans l’énergie, KPMG revendique en France un réseau de 19 000 professionnels et des relations avec 73% des 2 000 plus grandes entreprises du secteur, via ses offres de transition énergétique. Le coeur de la machine, ce sont les honoraires de conseil réglementaire, de transformation opérationnelle, de sourcing énergétique, de due diligence et d’assurance ESG. Le cabinet ne publie pas de CAPEX consolidé au sens industriel du terme; il parle plutôt d’investissements et dit avoir engagé plus de 1,7 milliard de dollars en FY24, notamment en technologie, IA et ESG, dans le cadre d’un plan global de 4,2 milliards de dollars sur trois ans via son reporting corporate.
2. Impact réel
L’impact direct de KPMG sur le climat reste celui d’une grande société de services: bureaux, achats, numérique, déplacements. Son Impact Plan 2024 indique une baisse de 22% des émissions brutes par rapport à 2019 et une part de 81% d’énergie renouvelable dans la consommation mondiale en FY23; en France, la page Planète signale que l’électricité 100% renouvelable représente près de 96% de la consommation du cabinet en FY2025, avec une empreinte ramenée de 39 607 tCO2e en FY24 à 23 914 tCO2e en FY25. Mais le vrai sujet est ailleurs: KPMG vend de la méthode plus que des mégawatts. Il conseille les entreprises sur les PPA, la sobriété, l’efficacité, les scopes 1 et 2 et les trajectoires bas carbone via ses offres de décarbonation, dans un pays où l’ADEME rappelle l’objectif de 33% d’EnR dans la consommation finale d’énergie d’ici 2030 et où la PPE3 pousse l’électrification et l’accélération solaire. Autrement dit: KPMG n’est pas un décarbonateur, c’est un accélérateur de décisions.
3. Innovations / partenariats
Le cabinet consolide rapidement son arsenal. En France, il a racheté Finexfi début 2024 pour muscler ses compétences en audit extra-financier, bilans carbone et CSRD, avec une équipe de 10 experts. À l’international, son accord Microsoft porte sur une logique massive d’industrialisation de l’IA dans l’audit, le tax et les solutions ESG, avec un engagement pluriannuel de plusieurs milliards de dollars. Sur le front énergie, KPMG co-signe avec l’Energy Institute le Statistical Review of World Energy, une publication de référence pour les décideurs. Et dans l’écosystème français du financement vert, KPMG Advisory est visible jusque dans les rendez-vous de place comme la conférence GreenUnivers sur le financement des infrastructures EnR.
4. Greenwashing / zones grises
C’est ici que KPMG cesse d’être confortable. Le cabinet aide les entreprises à raconter, structurer, contrôler et parfois certifier leur transition, tout en continuant à servir des secteurs à haut risque de transition. Son propre Climate Risk Report reconnaît que le pétrole-gaz et les mines sont parmi les secteurs les plus exposés dans un scénario 1,5°C, tout en expliquant que KPMG continuera à travailler avec eux. Le conflit potentiel entre accompagnement, audit et crédibilité climat n’est donc pas théorique. En 2021, ClientEarth a mis en cause les Big Four, dont KPMG, en s’appuyant sur une analyse de Carbon Tracker montrant que 80% des audits examinés ne donnaient pas d’indication claire sur la prise en compte des risques climatiques. Plus mordant encore: KPMG publie ses propres études sur le greenwashing, preuve qu’il connaît parfaitement le risque reputational qu’il aide aussi ses clients à contourner.
5. Positionnement stratégique
KPMG France a pris une longueur d’avance symbolique en devenant société à mission, et revendique plus de 100 experts ESG en France. Surtout, le cabinet est idéalement placé sur la grande vague réglementaire: CSRD, taxonomie, climat, énergie, achats, data. Son propre benchmark CSRD montre d’ailleurs à quel point le marché reste immature: collecte de données difficile, outils encore rudimentaires, plans de transition souvent incomplets. Dans une transition désormais tirée autant par la souveraineté énergétique que par le climat, comme l’assume KPMG dans Connaissance des Énergies, le cabinet vend moins une vision qu’une capacité à rendre l’incertitude gouvernable.
Verdict WattsElse
KPMG ne fabrique pas la transition: il la cadre, la chiffre, l’assure et la monétise. Puissant levier d’accélération, oui, mais avec une question qui colle au revers de la veste: peut-on être à la fois l’architecte du récit climat et son contrôleur indépendant ?
Sources : home.kpmg.com · kpmg.com · home.kpmg.com · kpmg.com · kpmg.com · kpmg.com · agirpourlatransition.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · kpmg.com · kpmg.com · kpmg.com · greenunivers.com · assets.kpmg.com · clientearth.org · carbontracker.org · kpmg.com · kpmg.com · kpmg.com · connaissancedesenergies.org
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