Olvondo Technology
Petite société norvégienne, Olvondo Technology attaque un angle mort de la décarbonation industrielle: la chaleur de procédé au-dessus de 150°C, là où beaucoup de promesses s’arrêtent.
À propos de Olvondo Technology
1. Modèle économique
Olvondo Technology vend une technologie de pompe à chaleur industrielle très haute température, la `HighLift`, capable de transformer de la chaleur fatale à basse température en vapeur jusqu’à 200°C, selon son site About us. L’entreprise, créée en 2016, est détenue à 50/50 par LOS Gruppen et Westcon, et fabrique ses machines sur le site de Westcon à Bømlo, en Norvège, ce qui l’ancre clairement dans une logique de filière industrielle plus que de pure software company About us.
Le modèle de revenus repose sur la vente, l’intégration et vraisemblablement l’exploitation de références industrielles, avec une dépendance forte à quelques grands partenaires commerciaux. Le plus structurant à ce stade est Tetra Pak, devenu en 2024 le canal de commercialisation exclusif de `HighLift` pour l’agroalimentaire. Côté finances, les chiffres publics norvégiens montrent une entreprise encore en phase de montée en charge: 6,248 millions de NOK de chiffre d’affaires en 2024, contre 11,866 millions en 2023, pour une perte avant impôt de 19,834 millions de NOK et 10 salariés Regnskapstall, DN Bedriftsbasen. Aucun capex détaillé ni contrat public significatif n’a été trouvé dans les sources ouvertes consultées.
2. Impact réel
L’intérêt d’Olvondo est concret: là où l’industrie brûle encore massivement du gaz ou du fioul pour faire de la vapeur, `HighLift` promet une électrification de la chaleur de procédé en valorisant des rejets thermiques déjà disponibles. Le projet européen CORDIS rappelle qu’environ 83% de la chaleur de procédé industrielle reste fournie par des chaudières fossiles; il avance pour `HighLift` des baisses de consommation d’énergie de 50 à 70% et de CO2 de 70 à 96% sur certains usages vapeur.
Sur les cas d’usage, l’entreprise commence à sortir du laboratoire. Le site Business Norway cite trois pompes `HighLift` installées chez TINE à Ålesund, avec une réduction de 66% des émissions de CO2. Chez FrieslandCampina, à Maasdam, Olvondo annonce une baisse de 6% de la consommation d’énergie et de 15% des émissions de CO2 après mise en service FrieslandCampina. L’enjeu sectoriel est loin d’être marginal: en Europe, jusqu’à 174 TWh, soit 8,7% de la demande de chaleur industrielle, pourraient être couverts par des pompes à chaleur pour des températures allant jusqu’à 150°C, selon Business Norway. Olvondo tente précisément d’aller au-delà de ce plafond technique habituel.
3. Innovations / partenariats
La singularité technologique tient au cycle de Stirling inversé et à l’usage de l’hélium comme fluide de travail, avec un GWP et un ODP annoncés à zéro sur le site About us. Tetra Pak met en avant une machine de 720 kW, capable de produire 1 000 à 1 100 kg de vapeur par heure à 10 bar(g), avec des applications allant de l’UHT au nettoyage en place Tetra Pak.
Côté crédibilité industrielle, Olvondo a coordonné le projet européen `Highlift`, avec 879 045 euros de contribution nette pour l’entreprise au sein d’un budget plus large impliquant notamment AstraZeneca et Åbo Akademi CORDIS. Iberdrola a aussi sélectionné Olvondo en 2022 comme lauréat de son challenge sur la chaleur industrielle sans émissions, avec à la clé un accord de collaboration et une possibilité de montée en échelle commerciale Iberdrola.
4. Greenwashing / zones grises
Le point de vigilance principal n’est pas la technologie, mais la robustesse des preuves. Beaucoup de chiffres d’impact proviennent de l’entreprise, de ses partenaires ou du cadre projet européen; ils sont intéressants, mais pas encore consolidés par un reporting climat public de niveau CSRD. Dans les sources ouvertes, on trouve un Supplier Code of Conduct, mais pas de rapport RSE ou CSRD détaillé publié par Olvondo.
Deuxième zone grise: l’économie du modèle. Tetra Pak illustre les gains avec des hypothèses très favorables sur les prix de l’électricité, des fossiles et du CO2 Tetra Pak. Autrement dit, la rentabilité dépend fortement du contexte énergétique local, de la disponibilité de chaleur fatale et du signal-prix carbone. Enfin, Olvondo reste une petite structure déficitaire: la technologie peut être prometteuse sans que l’entreprise soit encore sortie du risque de vallée de la mort industrielle.
5. Positionnement stratégique
Olvondo se place là où la transition énergétique industrielle devient enfin intéressante: non pas dans l’électricité verte générique, mais dans la vapeur, la chaleur de process et l’efficacité profonde des usines. Sa vraie carte maîtresse, c’est de proposer une solution déjà référencée au-delà de 150°C, un territoire où la concurrence reste clairsemée Iberdrola.
La stratégie est lisible: s’adosser à des grands noms comme Tetra Pak, FrieslandCampina ou Iberdrola pour transformer une belle techno en standard industriel. Si ces vitrines deviennent des séries, Olvondo change de catégorie. Sinon, elle restera une excellente démonstration de salon, trop petite pour imposer seule son marché.
Verdict WattsElse
Olvondo n’est pas une licorne de la chaleur: c’est une PME industrielle qui essaie de résoudre un vrai problème, au bon endroit du système énergétique. La promesse est sérieuse; la question, désormais, n’est plus technique mais commerciale: passer de quelques usines convaincues à une vraie cadence d’équipement.
Sources : olvondotech.no · los-gruppen.no · tetrapak.com · regnskapstall.no · dn.no · cordis.europa.eu · businessnorway.com · olvondotech.no · iberdrola.com · olvondotech.no · tetrapak.com
Données clés
- Forme
- Foreign company not registered w
- Fondée
- 2013
- Siège
- Dublin, France ↗
Identifiants publics
- SIREN
- 799162045
- Wikidata
- Q131253143
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Visakhapatnam Refinery
La côte est indienne n’a pas l’habitude des demi-mesures : chez HPCL, la raffinerie de Visakhapatnam (Andhra Pradesh) vient de franchir le cap des 15 MMTPA et d’accueillir une unité de valorisation des résidus inédite — tout en portant un passif juridique et social lourd.
Voir la ficheGreenstat ASA
Greenstat ASA n’est pas une start-up anonyme : c’est la vitrine « hydrogène + solaire » que La Française de l’Énergie (FDE) bâtit en Norvège, avec un hub Agder calibré pour le maritime.
Voir la ficheGuoneng Shenwan Anqing Power Generation Co Ltd
À Laofeng, la « nouvelle génération » d’énergies et le stockage servent de vitrine, pendant que deux tranches ultra-supercritiques de 1 000 MW s’ajoutent au gigantesque parc existant.
Voir la ficheÉMÁSZ;MÁV
Deux piliers de l’infrastructure magyar — la distribution d’électricité au nord-est et l’exploitation ferroviaire — partagent une même dépendance au courant : quand le réseau faiblit, les trains et les foyers paient la facture ensemble.
Voir la ficheUPB
L’UPB ne vend pas du kilowattheure : elle forme des ingénieurs, pilote une recherche très exposée à l’énergie et, depuis 2024, aligne des contrats photovoltaïques à la mesure d’une petite centrale.
Voir la ficheMurco Petroleum
Autrefois raffineur et visage d’une filiale britannique de Murphy Oil, Murco survit aujourd’hui surtout comme marque de stations-service au Royaume-Uni, tandis que l’histoire opérationnelle et financière s’écrit côté Murphy Oil Corporation (amont, international) — avec un bilan 2025 de production record et un pipeline de projets au Vietnam, au Maroc et…
Voir la ficheSafran Power Units
Safran Power Units n’est pas un distributeur de « réseaux hydrauliques » au sens des réseaux d’eau ou de fluides urbains : la société est une référence mondiale des groupes auxiliaires de puissance (APU), des systèmes de démarrage et des turboréacteurs compacts — un métier de turbomachines pour l’aéronautique et les missiles.
Voir la ficheGroen Goud Biervliet
À Biervliet, dans le sud des Pays-Bas, Groen Goud n’est pas né d’une startup climat, mais d’une maison d’oignons qui a décidé de brancher son avenir sur l’électricité.
Voir la ficheXim Vang Hydro Power JSC
On la confond souvent, par homophonie ou agrégats automatiques, avec Xuân Minh (XMP, Thanh Hóa, 15 MW cotée UPCOM).
Voir la ficheEVH GmbH
À Halle (Saxe-Anhalt), l’EVH GmbH incarne l’« énergie de proximité » version République fédérale : production, réseaux, tarifs, transitions annoncées.
Voir la ficheNikon
Nikon n’est pas un « pure player » énergie : c’est un géant de l’imagerie et de la métrologie qui trimballe derrière lui une branche équipementier où chaque wafer coûte cher en électricité — et où le récit climat a avancé plus vite que le cycle semi-conducteur depuis 2022.
Voir la ficheVerbund
Le géant viennois de l’électricité s’affiche parmi les producteurs européens les moins carbonés, mais son bilan 2025 est un séisme météorologique : l’hydro plonge et la « taxe miracle » autrichienne s’invite jusqu’en 2030.
Voir la ficheLimejump
Limejump Energy Limited n’est pas une « start-up climat » française : c’est une société britannique de trading, d’optimisation et de fourniture d’électricité, rachetée par Shell, qui a longtemps incarné l’angle « agrégateur vert » du marché UK.
Voir la ficheGuangdong Yudean Group Company Limited
Le nom d’immatriculation Guangdong Yudean Group Company Limited recouvre aujourd’hui le Guangdong Energy Group : premier arc électrique de la Chine méridionale, coincé entre d’ambitieux plis gaz–EnR et des centrales thermiques qui continuent de grossir.
Voir la fichePowerlink
Les métadonnées du web confondent souvent « Powerlink » avec un protocole industriel homonyme : ici, il s’agit de Powerlink Queensland, société publique du Queensland (Australie) qui transporte l’électricité haute tension pour plus de cinq millions de personnes et 241 000 entreprises — un maillon lourd du National Electricity Market et un cas d’école de…
Voir la ficheOAO Kurgan Generation Company
Thermie et électricité, même livraison : la ПАО «Курганская генерирующая компания» (souvent rendue en anglais « OAO / PJSC Kurgan Generation Company ») est le plaquiste invisible d’une ville et d’une région prises entre coûts du gaz et décisions de régulateur.
Voir la ficheShaanxi Qingshuichuan Electric Co Ltd
Une étiquette de « Production électrique » sur un nom long en latin : derrière les sigles anglais et les variantes d’une même raison sociale cache l’un des complexes thermiques les plus volumineuses du nord de la Chine.
Voir la ficheSolaria Energía
Solaria Energía y Medio Ambiente trace une trajectoire énergétique spectaculaire : photovoltaïque, stockage et contrats long terme avec industriels et données centers.
Voir la ficheZ Energy
* Fille de l’historique petrolier américain puis rachetée par Ampol, cette centrale néo‑zélandaise de stations-service et de gros distribue encore l’essentiel des litres consommés dans le pays.
Voir la ficheFoil-O-Ecologie
À Bourguébus, en Normandie, une micro-société tient une techno brevetée qui joue dans la cour des grands chiffres — +250 % de productivité annoncée par rapport à deux hélices frontales — alors que son capital social affiché au greffe tient en trois chiffres.
Voir la ficheSkala Fabrikk AS
Maître norvégien de l’acier inoxydable pour l'agroalimentaire, à la fois classique et un brin greenwashing bien ficelé.
Voir la ficheVSCHT
Ce n’est pas une « boîte » au sens B2B du terme : la VŠCHT Praze — en anglais University of Chemistry and Technology, Prague (UCT Prague), parfois abrégée VSCHT — est l’université publique de chimie et de génie des procédés de la capitale, ancrée à Prague (fondation 1952), où elle incarne un levier R&D national sur la conversion de l’électricité et le…
Voir la ficheOP Mobility
À Levallois, le rebranding fait sonner comme un pure player de la nouvelle mobilité ce qui reste massivement équipementier auto et thermiquement exposé ; sur le chantier hydrogène, la réalité industrielle passe par des fermetures de sites et des contrats nord-américains comme le ferroutage européen.
Voir la ficheOrlen
Le géant d’État vise des dizaines de gigawatts d’éolien, solaire et stockage, une sortie du charbon en production d’électricité et un pilotage d’EBITDA à moyen terme — le tout chapeauté par des milliards d’euros d’investissements record.
Voir la fiche