La Rinconada
Sous intitulé « La Rinconada » et secteur énergies renouvelables, la filière documentée n’est pas la ville andine homonyme du Pérou, mais le parc Vientos La Rinconada porté par Tenaris près d’Olavarría (province de Buenos Aires).
À propos de La Rinconada
1. Modèle économique
La société projet Vientos La Rinconada S.A. relève du groupe italien‑argentin Tenaris : elle développe une centrale à vocation primordiale d’autoprovisionnement pour l’usine Siderca tout en prévoyant d’injecter de l’électricité résiduelle sur le SADI. Le dernier périmètre annoncé indique environ 214 millions de dollars américains de capex pour 21 turbines de 4,5 MW soit 94,5 MW installés dont la mise en service est visée pour fin 2025 (communiqué Tenaris). Dans la continuité d’un premier parc (Buena Ventura, 2023), Tenaris agite le chiffre de plus de 400 M$ cumulés sur quatre ans dans les projets éoliens argentins ; l’argent provient au final du même bilan que tubes et services pour l’oil & gas, segment structurel du 12,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires net 2024 et 3,1 Md$ d’EBITDA (rapport annuel 2024). La composante ingénierie‑chantier est confiée à Techint Engineering & Construction en EPCM, avec 400 emplois annoncés au pic de construction (Techint Energy Transition).
2. Impact réel
La production annuelle citée gravite autour de 400 GWh/an assortis d’un facteur de charge supérieur à la moyenne argentine : ≈ 54,5 % selon des profils de projet publiés en presse sectorielle (fiche projet BNamericas). Tenaris publicise environ 100 000 tonnes de CO₂ évitées par an ainsi qu’une couverture intégrale des besoins électriques de Siderca à l’échéance 2025, dans la foulée d’une cible groupe de ‑30 % d’émissions (base 2018) à l’horizon 2030 (communiqué Tenaris). Ces ordres de grandeur restent cohérents avec une logique industrielle française ou européenne de réduction des scope 2, mais ils ne se recoupent pas directement avec une obligation PPE3 ou une fiche ADEME : votre lecture climat passe plutôt par la boucle métallurgie → électricité → facteur CO₂ résiduel des exportations mondiales Tenaris que par un registre européen.
3. Innovations / partenariats
Le dossier technique est classique onshore : pas de rupture techno annoncée, mais une intégration verticale Techint / Tenaris / supply chain nationale destinée à caler les scopes opérationnels sur un parc domestique tout en achevant le raccordement 132 kV via l’extension de la sous‑station La China. L’instruction réseau a été médiatisée alors que l’ENRE évaluait « La Rinconada »‑SADI ; la procédure a abouti au Boletín Oficial sous la Resolución ENRE n° 72/2025, qui précise encore une puissance différentielle de 92,4 MW côté transport — écart souvent courant entre puissance installée commerciale et puissance contractée pour l’accès (Argentina.gob.ar sur l’accès réseau, copie officielle boletín). Le fil de presse généraliste a suivi l’épisode (Énergie Amérique latine : EnerNews).
4. Greenwashing / zones grises
Premier paradoxe : environ 214 M$ de capex représentent \< 2 % du chiffre d’affaires 2024 du groupe alors que le narration marketing place ce parc comme emblème fort de décarbonation industrielle ; cet écart relativise automatiquement l’impact financier‑symbolique tant que le carnet clients restera dominé par le tubulaire hydrocarbures décrit noir sur blanc dans la communication financière officielle (12,5 Md$ de ventes 2024) (communiqué Tenaris, rapport annuel 2024). Deuxième zone grise : l’homonymie spatiale — la La Rinconada minière du Pérou, évoquée dans la couverture internationale de la réforme REINFO (Reuters), n’a aucun lien énergétique avec le parc argentin ; seule la vigilance éditoriale évite d’attribuer à l’une les chiffres de l’autre. Enfin, un actif SADI reste exposé au risque règlementaire argentin (accès, tarification, réformes post‑2023) — paramètre que la communication corporate effleure rarement avec la même précision que les promesses de 100 % d’électricité renouvelable sur Siderca.
5. Positionnement stratégique
Tenaris instrumentalise La Rinconada comme double signal : réponse aux pressions carbone des donneurs d’ordre Oil & Gas européens, et désendettement Scope 2‑local face à une compétitivité acier‑tubes mondiale encore dépendante de la demande fossile sous‑jacente décrite dans ses propres références IR. Dans un marché de l’ENR où la valeur se construit désormais autour de la disponibilité de slots réseaux aussi bien que du LCOE, l’historique réglementaire 2024‑2025 sur La China‑132 kV confirme l’hypothèse que la gouvernance du transport reste aussi stratégique que le choix d’une éolienne 4,5 MW (Resolución ENRE). Pour un lecteur France‑Europe, les objectifs territoriaux PPE3 servent davantage de repère géopolitique — « pourquoi l’argent du tubulaire se recycle en Argentine » — que de calendrier opposable juridiquement au projet lui‑même.
Verdict WattsElse
La Rinconada‑EnR mérite mieux que le clic rapide : elle matérialise un parc réel, chiffré et raccordable, mais sa « vérité carbone » se lit surtout au pied des comptes mère, pas sous le badge vert d’une seule ligne de turbines.
Sources : tenaris.com · tenaris.com · energytransition.techint.com · bnamericas.com · argentina.gob.ar · boletinoficial.gob.ar · enernews.com · reuters.com
Données clés
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