Lakdhanavi Bangla Power Limited
Producteur thermique sur moteurs à Comilla, filiale du groupe srilankais Lakdhanavi, Lakdhanavi Bangla Power Limited (LBPL) encaisse encore des flux contractés avec la seule compagnie nationale — mais c’est cette même compagnie qui affiche des trous noirs comptables et traîne des milliards d’arriérés envers ses IPP.
À propos de Lakdhanavi Bangla Power Limited
1. Modèle économique
LBPL est une société de production d’électricité indépendante (IPP) au Bangladesh, contrôlée par le groupe Lakdhanavi : une centrale à moteurs de 52,2 MW à Jangalia (Comilla), six groupe Wärtsilä W20V32 en configuration bicarburant HFO/gaz. La valorisation du combustible se lit dans le cadre public du réseau : selon le suivi Energy Transition Bangladesh, le tarif de rachat BPDB s’établit à 2,45 BDT/kWh au gaz contre 7,10 BDT/kWh au fioul lourd (HFO), avec un PPA sur quinze ans dont la date butoir affichée est le 27 décembre 2029. Mis en service commercialement dès 2014, le site s’inscrit dans la filière historique bangladaise « quick-rental / IPP » : revenus essentiellement indexés sur la disponibilité et le combustible déclaré, pas sur la vente au détail.
Côté actionnariat minoritaire institutionnel, le fonds coté colombois LVL Energy Fund revendique 33,16 % de LBPL en société associée — mais le chiffre d’affaires ou l’effectif précis de LBPL ne figurent pas, dans les éléments consultés, dans un document d’entreprise facilement isolable ; on reste donc sur la matérialité par le contrat, la capacité installée et les comptes consolidés du fonds, où le résultat net du groupe a fortement rebondi en 2025 après une année difficile 2024 (rapport annuel 2025).
2. Impact réel
L’impact climatique direct est celui d’une centrale thermique à moteurs : lorsque l’opérateur bascule ou reste sur le HFO, chaque kWh sort avec une intensité carbone élevée, sans passerelle bas-carbone apparente sur le périmètre LBPL. Les documents environnementaux disponibles sont d’époque projet : une examen environnemental initial lié au guichet d’infrastructure de la Banque asiatique de développement décrit l’aménagement de 2014, pas une trajectoire EnR ultérieure.
Aucun pourcentage d’EnR ni bilan GES spécifique à LBPL n’a été trouvé dans les sources ouvertes vérifiées à la rédaction ; comparer mécaniquement ce site aux objectifs français (PPE, organe français) serait surfait : l’enjeu ici est l’alignement avec la décence énergétique du Bangladesh, où l’État cherche à réduire la facture des subventions tout en maintenant le service. Les repères publiés par l’ADEME sur le coût des renouvelables portent sur d’autres marchés et ne documentent pas LBPL.
3. Innovations / partenariats
Sur le plan technologique, l’« innovation » est surtout opérationnelle : moteurs rapides bicarburant, modalité de pilotage qui permet théoriquement de répondre aux tensions du réseau en arbitrant gaz versus HFO. Le montage financier historique s’appuie sur des prêteurs infrastructure et banques partenaires, tels que mentionnés dans la synthèse publique du projet sur Energy Transition Bangladesh — utile pour comprendre la gouvernance du cash, pas pour y lire une stratégie « cleantech ».
Dans l’écosystème Lakdhanavi au Bangladesh, une autre filiale (Feni Lanka Power) opère une centrale HFO de 114 MW à Feni avec un PPA jusqu’en novembre 2034 selon la même base de suivi (fiche projet) : utile pour situer le groupe, mais chiffres et échéances ne doivent pas être amalgamés avec le bilan strict de LBPL.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas un slogan « vert » mal fichu : c’est un double verrouillage économique. D’abord, le client unique BPDB : la presse bangladaise rapporte des pertes records de 170,21 milliards de BDT sur l’exercice 2024-25, dans un contexte de subventions massives au secteur électrique (Bonik Barta). Ensuite, la paiement des IPP : fin 2024, l’État aurait encore environ 130 milliards de BDT d’arriérés envers les producteurs privés (*Financial Express*).
Sur le HFO, la mécanique est brutale : la production au fioul est cadrée par le programme du FMI visant à compresser les subventions, tout en réactivant ces centrales coûteuses dans les pics estivaux ; les médias citent un coût de génération de 35 à 45 BDT/unité pour le fioul contre 12-13 pour le charbon (*The Observer*). Pour un actif indexé sur le HFO, la charge utile devient une variable politique autant que technique — et la solvabilité du contrepartie unique reste la zone grise n°1.
5. Positionnement stratégique
LBPL est rentable dans les comptes du fonds actionnaire lorsque le cycle financier joue (LVL Energy Fund), mais stratégiquement coincée entre un bouclier contractuel (PPA jusqu’à 2029) et un bouclier macro qui demande à l’État de moins subventionner le fossile cher. À l’horizon moyen, un park de moteurs bicarburant peut servir d’outil de transition gazeuse — si le gaz est disponible et abordable — mais aucune annonce publique récente (selon les éléments disponibles sur le site corporate et les bases consultées) ne dessine un pivot solaire/éolien au niveau LBPL.
Verdict WattsElse
LBPL incarne l’IPP bangladais efficient sur papier, explosif en facture sociale : les kilowattheures sortent, le fossile se paie, et c’est le trésor public — quelque part entre 130 et 170 milliards de problèmes — qui tient la ligne.
Sources : lbplbd.com · lakdhanavi.lk · energytransitionbd.org · lvlenergyfund.lk · adb.org · ecologie.gouv.fr · infos.ademe.fr · infos.ademe.fr · lakdhanavi.lk · energytransitionbd.org · en.bonikbarta.com · thefinancialexpress.com.bd · observerbd.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
CAPEX SA
Sixième producteur de brut du pays selon la presse spécialisée pétrolière, Capex S.A.
Voir la ficheEdenor SA
** Trois millions et demi de compteurs, un cinquième de l’électricité argentine qui transite sur ses lignes : Edenor incarne le pari brutal du réseau au XXIe siècle — redressement par la tarification, investissements massifs, mais colère dans l’Agglomération quand le SAIDI s’allonge et que l’ardoise explose.
Voir la fiche8.2 France
Anciennement 8.2 France, la structure a vécu une dislocation marquante : le gros de l’activité d’audit technique (éolien, solaire) a rejoint Socotec Power Services en juin 2025, tandis que le conseil et l’ingénierie d’accompagnement cherchent un second souffle sous la raison sociale 8.2 Advisory, aujourd’hui ancrée à Bordeaux.
Voir la ficheSavon Voima Oy
Entre holding municipale et industrie énergétique, Savon Voima pousse la bascule finlandaise : en 2025, elle referme le chapitre tourbe sur ses trois plus grosses centrales tout en engrangeant un parc éolien géant via des participations croisées.
Voir la ficheAB Parboäng Gård
Une ferme suédoise du sud de l’Öland, coiffée d’un abus de langage sectoriel : pas un producteur d’EnR, mais un couple agriculture–tourisme qui ajoute une borne pour véhicules électriques à un tableau déjà dense (bovins, grandes surfaces cultivées et hébergement touristique sur le littoral).
Voir la ficheEnergy Queensland
Energy Queensland tient les « fils » de l’électricité dans le Queensland : distribution, clients, investissements records — et un décor politique qui vient d’ajouter onze ans de charbon aux plans.
Voir la fichePARQUE EOLICO SIERRA DEL MADERO S.A.
Né au milieu des années 1990 dans la province de Soria, ce parc incarne la première vague de l’éolien espagnol — turbines modestes, géographie ventée, rentabilité longtemps garantie par le cadre réglementaire.
Voir la ficheVetra
Le nom « Vetra » recèle un piège d’homonymie : la fiche ne porte pas sur une mairie haut-savoyarde, mais sur Vetra Exploración y Producción Colombia S.A.S., opérateur indépendant d’exploration-production pétrolière et gazière ancré dans les bassins colombiens.
Voir la ficheSolex
Solex n’est pas un producteur d’électricité : c’est une marque française de mobilité électrique de proximité, ancrée à Saint-Lô, qui incarne la partie « terrain » de la transition — roues, batteries et chaîne d’approvisionnement — sous l’égide du groupe Rebirth.
Voir la ficheBrega Marketing Company
La Brega Petroleum Marketing Company (souvent abrégée Brega) n’est pas une start-up du marketing : c’est le bras logistique et commercial de l’État libyen pour faire circuler essence, gasoil et gaz domestique dans un pays où le litre subventionné vaut presque une poignée de centimes — et où la différence avec les prix du marché mondial nourrit des réseaux…
Voir la ficheUnity Power Limited
Le nom « Unity Power Limited » prête à confusion : dans les registres britanniques, UNITY POWER LTD est une petite société galloise d’ingénierie électrique — pas le développeur d’EnR documenté dans la presse spécialisée.
Voir la ficheEnerjisa Üretim
Premier producteur indépendant d’électricité de Turquie sur les chiffres qu’il publie, Enerjisa Üretim enchaîne financements verts massifs et narration « net zero ».
Voir la ficheEMPRESA DE ENERGIA DE BOYACA S.A. E.S.P.
Le distributeur régulé du plateau colombien traverse une mue industrielle — centrale solaire Helios, lignes kilométriques — tout en restant pris dans les ressorts tarifaires de la CREG et dans les délais de l’État sur les subventions.
Voir la ficheCorallium
Première fonderie française à recycler tout type de déchet aluminium, ou comment faire du bas carbone avec du vieux métal.
Voir la ficheDak Doa Hydropower JSC.
Ce n’est ni une licorne ni un mastodonte : un petit producteur hydro coté qui injecte des dizaines de gigawattheures dans le réseau vietnamien, sous le contrôle d’un actionnaire majoritaire énergétique.
Voir la ficheTHE HEBREW UNIVERSITY OF JERUSALEM
L’université hébraïque capitalise sur la recherche énergie pour exporter hydrogène, sodium-ion et pérovskites — tout en publiant un bilan financier dans le rouge et un campus dont les ambitions climat restent surtout pilotées sur les scopes 1 et 2.
Voir la ficheNANTES METROPOLE
La « bifurcation écologique » est devenue le fil conducteur budgétaire : investissements massifs, SAS dédiée aux EnR, réseaux de chaleur et photovoltaïque en ordre de bataille.
Voir la ficheCVR
Contrairement aux homonymes « CVR » (registre d’entreprises danois, autre périmètre), la fiche porte CVR Energy, Inc.
Voir la ficheHidroelectricas De Vasconia, S.A.
Société anonyme espagnole immatriculée en Navarre (CNAE production hydroélectrique), Hidroeléctricas de Vasconia, S.A.
Voir la ficheHuaneng Lancang River Hydropower
Bras hydroélectrique coté du groupe Huaneng sur le bassin du Lancang (Mékong amont), cette société vend essentiellement de l’électricité à partir d’un maillage de barrages et d’énergies « nouvelles » en fusion progressive avec le réseau chinois.
Voir la ficheCooperativa de Luz y Fuerza e Industrias Anexas de López Limitada
Depuis plus de six décennies, la CEL distribue courant et services de proximité dans une commune de mille cinq cents âmes coincée entre Buenos Aires inflationniste et la tarification de la province.
Voir la ficheVille de Vevey
Vevey ne joue pas la start-up : c’est une collectivité qui transforme ses toits, ses réseaux et sa gouvernance énergétique.
Voir la ficheCixten
Valoriser la chaleur fatale grâce au CO₂ supercritique, ou comment recycler les pertes comme un chef d’orchestre énergique.
Voir la ficheSunEdison
Le nom SunEdison reste synonyme pour beaucoup d’hypercroissance puis chute brutale aux États-Unis : en 2016, le dossier cite plus de 16 milliards $ de passifs pour un empire du solaire et du silicium devenu ingérable.
Voir la fiche