Evonik Industries AG (Werk Worms)
** Evonik Industries AG se vend comme un moteur de la chimie « NextGen » : PPAs solaires et éoliens offshore, électrolyse à Herne, objectifs Scope 3.
À propos de Evonik Industries AG (Werk Worms)
1. Modèle économique
Evonik Industries AG est une multinationale allemande de chimie fine et de spécialités ( siège social à Essen, documentation financière en euros ). Le groupe a enregistré 15,17 milliards d’euros de ventes et comptait 31 930 collaborateurs au 31 décembre 2024 selon son rapport financier et RSE 2024. La croissance repose sur des matériaux et additifs à haute valeur pour la santé, les matériaux intelligents et la nutrition, avec une partie du portefeuille explicitement positionnée « solutions de prochaine génération » au regard du profil environnemental — 1,5 milliard d’euros de ventes y sont ainsi rattachées en 2024 dans ce même rapport. Côté « Worms », la réalité juridique a basculé : le communiqué de clôture de 2019 et la page d’archives sur l’ancien site de Worms rappellent que l’activité méthacrylates — et donc ce pôle industriel — appartient désormais à Röhm : parler d’« Evonik Worms » comme d’un actif opérationnel du groupe Evonik serait factuellement faux pour la période récente.
2. Impact réel
Sur l’électricité achetée, Evonik annonçait 57 % d’électricité « bas-carbone » à fin 2024 et vise 100 % d’électricité renouvelable pour ses achats externes d’ici 2030, avec un rythme accéléré : la page « Reduce emissions » du groupe indique que le basculement à 100 % d’électricité bas-carbone pour tous les sites sauf un (Taoyuan) est attendu d’ici mi-2026. Les contrats long terme jouent un rôle central : un PPA solaire avec Vattenfall (environ 120 GWh/an à partir de 2025, deux parcs au Schleswig-Holstein) est détaillé dans le communiqué commun Evonik–Vattenfall ; un volet éolien offshore 37,5 GWh/an sur dix ans à partir de 2028 avec RWE (« Kaskasi ») complète le dispositif selon Evonik et la reprise Umweltdialog. Pour le climat au sens large, le tableau est moins monocorde : l’entreprise publicise une réduction des émissions de Scope 3 de 6 % déjà réalisée fin 2024 vers une cible –11 % en 2030 (rapport financier et RSE 2024), et une économie d’énergie cible de 1 200 GWh d’ici 2030 (base 2021) dans les éléments fournis par le groupe. Dans un paysage industriel où la pression sur l’électrification et le mix bas-carbone s’intensifie — cadre auquel renvoie par exemple la démarche de décarbonation industrielle portée par l’ADEME — ces engagements placent Evonik parmi les acteurs chimiques européens qui tentent de cadencer achats d’électricité et efficacité avant la réglementation comptable (CSRD/ESRS).
3. Innovations / partenariats
Le volet « usine pilote » est incarné par le site de Herne : Evonik y annonce jusqu’à 700 millions d’euros investis d’ici 2030 dans des procédés bas-carbone via le programme Herne Green Deal. Le projet H2annibal — électrolyseur PEM 8 MW couplé à la récupération de chaleur — est décrit par la presse spécialisée comme devant couvrir une part substantielle des besoins hydrogène du site à l’issue de la phase pilote (Energates Messenger). Par ailleurs, les membranes SEPURAN pour upgraders de biométhane sont mises en avant par l’entreprise comme déployées sur plus d’un millier d’installations en 2024 (rapport financier et RSE 2024), ce qui relie directement l’offre groupe aux chaînes de gaz renouvelable en Europe.
4. Greenwashing / zones grises
La transition affichée coexiste avec des activités explicitement fossiles dans les comptes publiés : le rapport de durabilité 2025 (ESRS) fait état de 590 millions d’euros de chiffre d’affaires issus, au sein de « Technology & Infrastructure », de la vente de gaz naturel et de vapeur produite à partir de centrales gaz — montant en hausse par rapport aux 552 millions de l’exercice précédent, ce qui tend à compliquer toute lecture « net-zero » simpliste du groupe. Parallèlement, l’ONG ChemSec attribue à Evonik un score ChemScore de 16/100 pour 2025 dans son rapport dédié, signal fort sur la gestion des substances hautement préoccupantes. Au-delà du climat, l’Environmental Protection Agency a notifié en 2024 une sanction de 93 707 dollars pour manquements au Clean Water Act sur le site de Mapleton (Illinois), rappelant que la performance environnementale se juge aussi au droit local, pas seulement aux slides ESG.
5. Positionnement stratégique
Evonik cherche à verrouiller un approvisionnement électrique prévisible — enchaînant PPAs terrestres et offshore (PPA RWE Kaskasi) — tout en finançant la transition par des instruments de green finance : 170 millions d’euros d’obligations vertes alloués en 2024 pour porter le cadre à 750 millions entièrement alloués, selon le rapport financier et RSE 2024. La part de matières premières renouvelables atteint 10 % en 2025 (contre 9 % en 2024) d’après les publications groupe consolidées avec le rapport ESRS — un pas modeste mais mesurable dans la chaine d’approvisionnement.
Verdict WattsElse
Evonik muscle séquentiellement ses PPAs et ses projets H2 pour tenir le créant européen de l’électricité bas-carbone ; reste la quadrature du bilan : CA gaz et vapeur qui gonfle dans les états ESRS 2025, portefeuille chimique scruté par les ONG, et un Worms désormais Röhm — autant de garde-fous pour ne pas confondre vitrine climat et périmètre réel.
Sources : evonik.com · publications.evonik.com · history.evonik.com · evonik.com · evonik.com · umweltdialog.de · infos.ademe.fr · evonik.com · energate-messenger.com · evonik.com · chemscore.chemsec.org · yosemite.epa.gov · evonik.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Tedcastles Oil Products
Ancienne Tedcastles, aujourd’hui Top, l’entreprise distribue depuis des décennies le pétrole raffiné en Irlande, désormais intégrée à Irving Oil et à Whitegate, la seule raffinerie nationale.
Voir la ficheIraq Petroleum Company
Le nom d’Iraq Petroleum Company (IPC) évoque le siècle court du Proche-Orient façonné par le brut : consortium occidental, « ligne rouge », nationalisation.
Voir la ficheSistemas Energ/Forgoselo
Derrière un nom technique de « systèmes énergétiques » se cache l’un des parcs terrestres les plus emblématiques d’Iberdrola en Galice : vingt-quatre ans de production, des éoliennes de première génération, et un paysage politico-juridique qui transforme tout repowering en pari à haut risque.
Voir la ficheUGI Corporation
Cotée à New York depuis des décennies, UGI Corporation distribue surtout des combustibles fossiles sous pression — gaz naturel, propane — tout en afficher un virage vers le biométhane et la modernisation des réseaux.
Voir la fichePARKUNLOAD
Tricolore sur l’écorce, espagnole sur le papier : Parkunload, SL capitalise sur les zones à rotation forcée, le Bluetooth et les marchés publics européens.
Voir la ficheNorth Eastern Electricity Board
Au sortir du modèle étatique des années 1940, ce qui s’appelait North Eastern Electricity Board ne « produit » pas tant l’électricité qu’elle ne l’achetait, la transportait jusqu’aux foyers et la facturait : aujourd’hui, cet héritage vit sous la houlette d’Northern Powergrid, filiale américaine régulée par Ofgem, coincée entre promesses de décarbonation…
Voir la ficheSun’R
Pionnière française de l’énergie solaire, Sun’R cultive l’optimisme vert dans un monde qui peine à tourner au solaire.
Voir la ficheElektra Generación S.A.
Ce que les bilans « verts » du système électrique chilien laissent souvent en arrière-plan, Elektragen l’incarne au pied du mur : cinq îlots de puissance fossile, calibrés pour la disponibilité, coincés entre une trajectoire nationale de décarbonisation et des normes d’émission qui se resserrent.
Voir la ficheMagnon Green Energy
Magnon Green Energy n’est pas une start-up verte en quête de récit: c’est un industriel espagnol de la biomasse, déjà lourd en actifs, en tonnages et en dette.
Voir la ficheGuass Energia
Le nom « Guass Energia », tel qu’il apparaît dans votre base WattsMonde, désigne très vraisemblablement Gauss Energía S.A.
Voir la ficheTek İmaş
Le groupe turc Tek-İmaş n’est pas un « pure player » européen du vent : c’est un contractant de gros travaux qui a greffé l’hydro domestique, puis une filiale solaire agressive, sur un socle BTP et projets d’ingénierie à l’international.
Voir la ficheHebei Huadian Shijiazhuang TPC
Une centrale cogénération au gaz de près de 1 GW soutient chauffage et fourniture électrique à Shijiazhuang dans le Hebei — une vitrine locale de « meilleur gaz » alors que son actionnaire majoritaire, Huadian Power International, fait encore tourner un parc très majoritairement au charbon.
Voir la ficheFuerzas Energéticas del Sur de Europa VI, SL - Forestalia
Fuerzas Energéticas del Sur de Europa VI est, selon les fiches mercantiles agrégées en Espagne, une S.L.
Voir la ficheKansai Electric Power
Le géant de l’électricité dans la mégalopole Kobe–Osaka–Kyoto engrange à nouveau des marges que Fukushima avait fait vaciller.
Voir la ficheOJSC "Surgutneftegas"
Le producteur russe Surgutneftegas incarne le paradoxe d’un « supermaj » domestique : volumes encore massifs, mais résultats qui oscillent avec le rouble et une transparence en net recul.
Voir la ficheEmirates Central Cooling Systems Corporation (EMPOWER)
Le géant du froid urbain Emirates Central Cooling Systems Corporation (Empower), coté à Dubaï, vient de passer un cap financier en 2025 tout en se rapprochant un peu plus du bras électrique de l’Émirat.
Voir la ficheEVN
L’EVN visée ici est le groupe EVN AG autrichien, implanté à Maria Enzersdorf (Basse-Autriche), fondé en 1922, actif sur la production, la distribution et les réseaux d’électricité et des services d’énergie et d’eau — à ne pas confondre avec d’autres sigles « EVN » hors d’Europe centrale.
Voir la ficheSEM Axe Seine Énergies Renouvelables (SEMASER)
Société d'économie mixte qui veut verdir la vallée de la Seine avec du solaire et de l’éolien, à défaut de pouvoir planter des arbres assez vite.
Voir la ficheLand Power
Le nom « Land Power » circule comme libellé d’entreprise dans des bases données ; dans la documentation publique ouverte à ce jour du groupe B.Grimm Power, l’actif éolien thaïlandais identifiable est présenté comme Bo Thong Wind Farm Co., Ltd.
Voir la ficheJEA Lantbruks AB
Dans l’œil du cyclone data, certaines fiches se volatilisent avant même le premier graphique.
Voir la ficheCommission wallonne pour l'Énergie (CWaPE)
La CWaPE n’est pas un énergéticien, encore moins un champion industriel: c’est l’arbitre wallon de l’électricité et du gaz, celui qui fixe les règles, approuve les tarifs, surveille les GRD et récupère les plaintes quand le marché déraille.
Voir la ficheSong Ba Ha JSC.
Le producteur vietnamien Song Ba Ha capitalise sur un actif d’envergure — 220 MW sur la rivière Ba — et sur des résultats 2025 en forte accélération, au prix d’une dépendance totale à l’hydrologie et à la tolérance politique.
Voir la ficheCoralium (Fonderie d'aluminium bas-carbone)
L’aluminium recycled prend enfin un coup de jeune avec Coralium, la fonderie qui prétend réduire le carbone sans se décarburer.
Voir la fiche