Lakhra Power Generation Co Ltd
La Lakhra Power Generation Company Limited (LPGCL, aussi rangée parmi les GENCO-IV) n’est pas une « start-up énergie » : c’est la centrale thermique au charbon indigène du bassin de Lakhra, au Sindh, longtemps présentée comme pilier de l’électricité au lignite local.
À propos de Lakhra Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
LPGCL vit (ou plutôt survit) dans la logique des sociétés publiques de production du Pakistan : revenus liés à la vente d’électricité et au cadre tarifaire encadré par la régulation, ici avec une puissance installée déclarée de 150 MW en trois tranches de 50 MW et une technique de fluidized bed combustion (FBC) sur charbon extrait localement. Le problème structurel est opérationnel : selon les synthèses sectorielles, la centrale est hors production depuis l’incendie de juillet 2017 et apparaît comme « defunct » à partir de janvier 2025 dans les bases comme Global Energy Monitor, avec une génération nulle rapportée pour la période récente. Sur le marché des actifs, le gouvernement a tenté des désengagements : une première vague d’enchères sur des centrales GENCO a récolté environ 9,05 milliards de roupies pour sept sites (*Express Tribune* et échos de place), tandis que le volet Lakhra a été évoqué autour de 2,13 milliards Rs — avec un contrat avec Daraza entré en difficulté pour retards de paiement (*The Truth International*). Fin juillet 2025, la presse pakistanaise décrit un transfert des centrales obsolètes vers Wah Industries dans un montage de type gouvernement à gouvernement après enchères infructueuses (*PakTribune*, *Dawn*). Chiffre d’affaires, effectifs consolidés et capex récents au sens « rapport annuel investisseur » : non retrouvés dans des sources ouvertes fiables au moment de la rédaction ; on reste sur la trajectoire d’actif public moribond documentée par la presse et les bases d’infrastructure.
2. Impact réel
Tant qu’elle tournait, LPGCL ancrait le mix sur un lignite à très haute teneur en impuretés : la littérature académique récente sur la gouvernance minière au Sindh évoque des teneurs en soufre pouvant atteindre environ 14 % et un cadre réglementaire hérité des années 1920, avec des dépassements discutés pour SO₂ et NOx (article Springer *Discover Sustainability*). L’arrêt prolongé limite aujourd’hui les émissions de la cheminée, mais ne liquide pas l’empreinte du charbonnage et des cendres sur les sols et les communautés : des reportages locaux décrivent la pression sur l’agriculture et les pâturages, avec des valorisations foncières citées à l’échelle du million de roupies par acre (*Sindh Courier*). PPE3 ou fiches ADEME : non applicables à cet actif pakistanais ; en revanche, l’écart est net avec l’extrême bas-carbonation visée en Europe : ici, l’enjeu reste la sortie de trajectoire fossile et la gestion des externalités du gisement, pas le verdissement d’un portefeuille « corporate ».
3. Innovations / partenariats
Le seul « innovant » documenté de manière stable est technique et daté : adoption de la FBC et burn-up du lignite national (site LPGCL). Les projets d’extension évoqués dans le passé — par exemple des échelles beaucoup plus grandes — apparaissent caducs dans les synthèses récentes (fiche GEM). Côté partenariats à la mode énergie (coopérations EnR, contrats long terme d’achat d’électricité « verts ») : rien de significatif ne ressort pour LPGCL dans l’état public des deux dernières années ; le fil conducteur est financier et institutionnel (privatisation, G2G, Wah Industries), pas technologique.
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise n’est pas le discours RSE : LPGCL n’est pas positionnée comme une vitrine « net zero ». Les tensions sont politiques, sociales et de gouvernance. D’abord, le récit de la cession : après enchères décevantes, la piste Wah Industries est présentée par certains commentateurs comme une voie vers la valorisation à la ferraille et un « scrap flipping » institutionnel (*The Truth International*). Ensuite, à la mine, la presse et les ONG de proximité accusent des écarts sur la redistribution des revenus censés alimenter le développement local — avec la mention d’environ 25 % des bénéfices miniers théoriquement affectés au social, non versés selon les plaignants (*Sindh Courier*, janvier 2025). Côté santé au travail, un accident en juillet 2024 a fait deux morts et des blessés graves après inhalation de gaz ; le récit journalistique met en cause le respect des protocoles (*The News*). Enfin, la littérature scientifique cite un cadre légal vieillissant et des polluants hors cible, avec le soufre mobilisé comme signal chiffré — jusqu’à ~14 % — (Springer, 2025).
5. Positionnement stratégique
Pour Islamabad, LPGCL est un symbole : nationalisme énergétique (charbon « chez soi ») devenu passif. Le signal de 2025 est celui d’une résolution comptable : cession groupée d’actifs GENCO après enchères, avec Lakhra prix marqué dans la fourchette ~2,13 Mds Rs selon la presse spécialisée (*Energy Update*) et le fil Wah Industries (*PakTribune*). Parallèle troublant relevé par *The Express Tribune* (août 2025) : la capacité 150 MW peut réapparaître dans les statistiques de puissance nationale malgré l’inactivité réelle — un biais de capa qui gomme la réalité du mix (article).
Verdict WattsElse
Lakhra Power Generation Co Ltd n’est plus une entreprise qui « pivote » : c’est un vestige thermique dont l’État cherche à fermer la parenthèse financière, au prix d’un transfert controversé et d’une empreinte charbonnière qui continue de peser hors de la ligne de production.
Sources : lpgcl.gov.pk · gem.wiki · tribune.com.pk · thetruthinternational.com · paktribune.com · dawn.com · link.springer.com · sindhcourier.com · thenews.com.pk · energyupdate.com.pk
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