Énergies renouvelables

1721027 Ontario Inc O/A Becker Cogeneration Plant

L’entité 1721027 Ontario Inc., connue sous le nom Becker Cogeneration Plant, est bien la coquille juridique historique de l’usine de Hornepayne (Ontario, Canada) : le registre public des dossiers d’arrangement (CCAA) l’associe explicitement à ce nom commercial, et la décision de 2016 de l’Ontario Energy Board a porté sur le transfert de sa licence de…

« Dix mégawatts de sciure subventionnée et d’hydrogène à démontrer »

À propos de 1721027 Ontario Inc O/A Becker Cogeneration Plant

1. Modèle économique

Le cœur du modèle : valoriser les résidus de scierie et de bûcheronnage en produisant électricité et vapeur process pour une filière bois locale, puis vendre le courant au marché de gros ontarien (portrait détaillé en 2021 : achats de biomasse, contrat avec l’IESO, interconnexion Hydro One). Chiffre d’affaires consolidé récent ou résultat net pour *1721027 Ontario Inc.* : non retrouvé dans la documentation publique accessible en ligne au moment de la rédaction ; les annuaires d’entreprise canadiens ne substituent pas ici à des états financiers datés. En revanche, le soutien public est documenté : en mai 2025, Hornepayne Power Inc. reçoit 7,5 millions de dollars du programme provincial *Forest Biomass Program* pour moderniser la production et financer de la R&D sur l’hydrogène vert sur site (Northern Ontario Business, annonce du 22 mai 2025). L’effectif affiché sur le site corporatif tourne autour de dix à quinze employés ; un reportage de 2021 mentionnait 22 postes (Canadian Biomass Magazine) — écart typique entre communication « corporate » et photographie journalistique.

2. Impact réel

Sur le plan énergétique, il s’agit d’une cogénération biomasse classée « opérationnelle » dans les inventaires sectoriels (Global Energy Monitor, unité d’au moins 10 MW, mise en service rapportée en 2014, bois et biomasse solide). La logique locale est claire : brûler une partie des bas de marché forestiers pour éviter qu’ils ne finissent en déchet sans débouché énergétique, tout en alimentant le réseau — argument récurrent dans la presse spécialisée canadienne citée ci-dessus. Tonnage de CO₂ évité ou facteur d’émission minute par minute : non chiffré publiquement de façon auditée dans les sources consultées. Pour le lecteur européen, le parallèle n’est pas celui du PPE III français — cadre national différent — mais celui des compromis sur la biomasse : ressource renouvelable mais mobilisation de la ressource forestière et arbitrages biodiversité/sols, rappelés par les synthèses publiques (fiche pédagogique « Biomasse », communiqué ADEME sur ressources et usages).

3. Innovations / partenariats

La modernisation 2025 est le fait marquant : argent public + promesse d’équipements plus performants et piste hydrogène (Northern Ontario Business). Côté gouvernance, le récit médiatique documenté passe par WRC Timber et trois Premières Nations (Missanabie Cree, Chapleau Cree, Netamisakomik Anishinabek / Pic Mobert), avec visite officielle du site en 2017 illustrée dans Canadian Biomass Magazine. Dès 2021, la direction évoquait aussi des accords de confidentialité avec un laboratoire pour tester une filière hydrogène — antécédent direct du discours public de 2025.

4. Greenwashing / zones grises

Ce n’est pas du « washing » à la carte postale ; ce sont des choix industriels sous surveillance. Le ministère ontarien de l’Environnement a amendé en janvier 2022 l’approbation de conformité pour le site de déchets ligneux et cendres : capacité résiduelle portée à 247 995 m³, emprise de landfill ramenée à 5,9 ha (sur 9,43 ha totaux), avec extension du réseau de surveillance des eaux souterraines et de surface (registre environnemental de l’Ontario, décision du 25 janvier 2022). Autre tension factuelle, issue de la presse métier plutôt que du marketing : en 2021, un accident lié aux poussières aurait imposé six semaines d’arrêt et environ 1,2 million de dollars de réparation turbine/générateur, selon le témoignage d’un consultant cité par Canadian Biomass Magazine — rappel que la « transition biomasse » passe aussi par la sûreté de fonctionnement. Enfin, la dépendance aux programmes publics apparaît au chiffrage : 7,5 M$ provinciaux en 2025 pour une seule installation parmi cinq projets subsidiaires (Northern Ontario Business), ce qui pose la question politique du modèle d’affaires sans cette perfusion.

5. Positionnement stratégique

L’actif se présente comme un point d’ancrage de la filière forêt-bois du Nord-Est ontarien : évacuation des résidus, emplois, électricité « verte » — et désormais storytelling hydrogène bankable avec l’argent du *Forest Biomass Program* (programme provincial, relayé par Northern Ontario Business). Dans un marché ontarien où la capacité exploitée et la durée des contrats avec l’IESO ont structuré les marges — les médias de 2021 évoquaient déjà un plafond à 10 MW et des négociations d’extension (Canadian Biomass Magazine) — la stratégie 2025 ressemble à un pari double : tenir l’ingénierie (rendement, poussières, résidus) tout en sécurisant le soutien réglementaire et financier.

Verdict WattsElse

L’histoire de 1721027 Ontario Inc. / Becker n’est pas celle d’une licorne tech : c’est celle d’une cogénération forestière qui a déjà connu la table de restructuration (traces CCAA, dossier public), qui vit avec réseau et contrats, et qui, en 2025, mélange hydrogène promis et millions publics pour rester dans la course.

Sources : rds.oeb.ca · hornepaynepower.ca · canadianbiomassmagazine.ca · northernontariobusiness.com · gem.wiki · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · ero.ontario.ca · ontario.ca · ised-isde.canada.ca

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