Énergies renouvelables

Longyuan South Africa Renewables / Mulilo

Le tandem Mulilo / Longyuan South Africa incarne une montée en puissance agressive — solaire, éolien, batteries — dans un pays où l’électricité se joue autant sur les adjudications REIPPPP que sur des contentieux pour quelques centaines de mégawatts de capacité réseau.

« Records de tarifs batteries contestées et réseau sous haute tension »

À propos de Longyuan South Africa Renewables / Mulilo

1. Modèle économique

Le socle, c’est la production d’électricité renouvelable et le stockage pour compte de clients publics (programme REIPPPP) et, de plus en plus, de grands industriels cherchant à sécuriser du MWh au prix du marché ou en contrat de long terme. Mulilo se présente avec un parc en opération et un pipeline massif : la société annonce plus de 30 GW de projets EnR et stockage en développement, 420 MW AC déjà exploités (ou 450 MW DC selon les périmètres techniques) et 667 MW en construction selon ses communications de 2026 (projets corporates). Côté actionnariat, le développeur a basculé sous contrôle majoritaire de fonds nordiques (Copenhagen Infrastructure Partners), ce qui structure l’accès au capital projet et l’expansion multi-technologies (rapport annuel 2024 Mulilo — données agrégées citées dans l’écosystème de presse spécialisée). Longyuan Power (CHN Energy), via Longyuan South Africa, reste le partenaire historique sur le complexe éolien de De Aar ; dans les comptes consolidés du groupe mère, la filiale sud-africaine apparaît avec une part nette d’environ 76,5 MW et un pipeline annoncé d’environ 6,5 GW au 31 décembre 2024 (rapport annuel 2024 Longyuan Power, HKEX). En mars 2026, Mulilo affiche un engagement de près de 15 milliards de rands pour boucler 716 MW (trois solaires et un BESS), en mettant en avant une ambition de rythme proche du gigawatt par an selon ses propres annonces (communiqué R15 milliards). Chiffre d’affaires consolidé publié et effectif exact de l’ensemble Mulilo / Longyuan South Africa : non retrouvés en ligne dans des comptes annuels facilement vérifiables pour Mulilo ; pour Longyuan SA, seules des métriques « capacité nette / pipeline » ressortent du document HKEX cité — on reste donc sur ces agrégats plutôt que sur une photographie P&L opposable.

2. Impact réel

Les parcs éoliens de De Aar — associant Longyuan et Mulilo — livrent environ 770 GWh/an pour 244,5 MW installés, avec une disponibilité revendiquée >99 %, selon un partenariat éditorial basé sur des données opérationnelles communiquées au média (News24, contenu partenaire, décembre 2025). Sur le volet climat « mesurable », le même texte met en avant l’enregistrement volontaire auprès de Verra et plus de 4,5 millions de tonnes de crédits carbone certifiés, chiffre à lire comme production d’offsets vérifiables sur un registre privé plutôt comme substitut à une trajectoire nationale de décarbonation. Le nouveau venu Middlepunt (337 MW PV) promet également 770 GWh/an injectés au réseau, avec un tarif record pour le REIPPPP — 458 rands/MWh — selon Mulilo et reprises presse (clôture Middlepunt, Ecofin Agency). Raccord utile mais imparfait pour un lecteur français : aucune entrée ADEME ou reporting CSRD européen n’associe cette entité sud-africaine à des indicateurs français ; la plateforme open data de l’ADEME reste un repère pour le comparatif méthodologique, pas pour des données société par société ici.

3. Innovations / partenariats

La « techno » la plus visible est financière et contractuelle : Middlepunt comme premier clos du guichet REIPPPP Bid Window 7 avec un tarif plancher historique selon pv magazine. Côté stockage, le BESS Oasis ( communications d’entreprise autour de 257 MW / 1 028 MWh et contrat quinze ans avec Eskom ) illustre le pivot batteries auquel Mulilo attache une part importante de ses attributions récentes (page projets). En dehors du cadre public, l’écosystème décrit aussi des PPA industriels — typiquement l’éolien + solaire pour alimenter des sites chimiques majeurs — avec des chaînes impliquant des majors pétrolières/gazières en co-développement, ce qui change la donne de risque : moins de tarif administré, plus de crédit contrepartie privée (synthèses de presse et rapports sectoriels 2024–2026). Les objectifs annoncés côté Longyuan pour l’Afrique — ≈1 GW d’ici 2030 — ressortent des mêmes relais médiatiques que le package De Aar (News24, id.).

4. Greenwashing / zones grises

Le discours « transition juste » butte sur des tensions de gouvernance documentées. En juin 2025, le syndicat NUM dénonce vertement l’attribution d’un marché batteries de 9,5 milliards de rands à une société présidée par Jan Oberholzer, ancien COO d’Eskom, au motif d’un conflit d’intérêts de type portes tournantes (déclaration NUM) ; la presse économique relaie les questions restées sans réponse satisfaisante pour les critiques (IOL / Cape Times). Parallèlement, un litige réseau explose au grand jour : Mulilo obtient une ordonnance provisoire en décembre 2025 dans l’affaire 2025-212230 pour empêcher Eskom / NTCSA de réallouer 240 MW initialement liés au projet solaire Nepal au profit de concurrents dont Scatec (Engineering News, mars 2026). Ce n’est pas du greenwashing « marketing » : c’est le risque qu’un narratif climatique impeccable masque des fractures institutionnelles — régulateur affaibli, cap réseau rationné, soupçons sur la probité des appels d’offres — qui déterminent pourtant si vos électrons verts atteignent réellement la facture.

5. Positionnement stratégique

Mulilo joue en même temps trois tableaux : prix cassés sur REIPPPP pour bloquer la concurrence sur la courbe d’apprentissage, gigantisme de pipeline pour capter le flux de capitaux internationaux, et stockage pour se positionner comme solution au déficit de flexibilité d’Eskom. Longyuan, lui, capitalise sur un ancrage chinois–sud-africain éprouvé sur l’éolien et sur une montée en puissance patrimoniale côté carbone. Dans un contexte où l’Afrique du Sud doit accélérer le déploiement EnR sans faire sauter le réseau, l’arbitrage ne se fait plus seulement entre éoliennes et panneaux : il se joue en salle d’audience et dans les couloirs de l’acheteur public.

Verdict WattsElse

Vous avez là l’archétype de l’IPP qui gagne sur la courbe des coûts et perd du terrain sur la légitimité tant que la gouvernance des marchés batteries et l’allocation des capacités réseau restent des champs de bataille — propre pour le climat sur le papier, brutalement politique dans les faits.

Sources : mulilo.com · mulilo.com · hkexnews.hk · mulilo.com · news24.com · mulilo.com · ecofinagency.com · data.ademe.fr · pv-magazine.com · mulilo.com · num.org.za · iol.co.za · engineeringnews.co.za

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