Macquarie Power & Infrastructure Income Fund
Le fonds Macquarie Power & Infrastructure Income Fund appartient au passé boursier : depuis 2011, la coquille juridique cotée à Toronto s’appelle Capstone Infrastructure Corporation — développeur, propriétaire et opérateur d’actifs électriques en Amérique du Nord —, après internalisation de la gestion et abandon du label Macquarie sur le marché des…
À propos de Macquarie Power & Infrastructure Income Fund
1. Modèle économique
Capstone vit de la rémunération régulée des actifs en service — vente d’électricité, dividendes sur véhicules de titrisation, redevances sur des participations minoritaires — et d’une couche de développement (éolien, solaire, stockage) pour étayer la croissance. Le portefeuille opérationnel est d’environ 1,1 GW brut sur 36 installations mélangeant éolien, solaire, hydro, biomasse et gaz naturel, selon la présentation faite lors de la publication des comptes 2025 en mars 2026 (communiqué T4 et exercice 2025). Sur l’exercice clos en décembre 2024, les déclarations publiques de l’entreprise situent le chiffre d’affaires à 219,3 millions $ CA et un revenus nets adjusts... — l’EBITDA ressort autour de 133 millions $ CA, en progression nette par rapport à 2023, selon les agrégats communiqués lors du cycle de résultats 2024 (résultats annuels 2024). Le marché des capitaux reste sensible au dividend trimestriel des actions préférées série A, 0,2314 $ CA déclaré pour le premier trimestre 2026 au titre des séries éligibles au crédit d’impôt canadien (même communiqué mars 2026). L’entreprise revendique plus de 180 employés en Amérique du Nord dans son reporting dédié au climat et à la gouvernance d’entreprise (rapport ESG 2024-2025).
2. Impact réel
Sur le papier « bas carbone », le gaz cogénération Cardinal (156 MW) concentre l’essentiel du bilan carbone opérationnel : 98,8 % des émissions de scopes 1 et 2 attribuées à cette centrale, avec 45 484 tCO₂e de scope 1 en 2024, soit quasi le double du niveau 2023 (23 594 t), en lien avec une production gaz accrue au rythme de la demande électrique (rapport ESG 2024-2025). Le reste du parc — hydro, éolien, solaire — améliore le profil moyen, mais ne neutralise pas l’inertie carbone de Cardinal tant que son contrat d’achat court jusqu’en 2034, date explicitement soulignée dans le même document. Vu depuis l’Europe, la PPE3 (programmation 2026-2035) fixe une trajectoire française de réduction marquée de la part des fossiles dans la consommation finale et d’amplification de l’électricité décarbonée (cadre institutionnel PPE) : dès lors, un producteur nord-américain encore accroché au gaz apparaît moins comme un « pure play EnR » qu comme un opérateur de transition dont la courbe d’émissions dépend d’un seul site critique. Le diagnostic global sur l’électricité mondiale reste, pour rappel, que solaire et éolien progressent vite sans encore chasser entièrement le charbon et le gaz du mix (article d’analyse sur le basculement des EnR).
3. Innovations / partenariats
Le moteur récent, ce sont les appels d’offres de BC Hydro : l’entreprise a annoncé trois projets éoliens représentant 537 MW avec des contrats d’achat de 30 ans et des participations autochtones majoritaires à 51 % (Nations Wei Wai Kum, Ashcroft et Lower Nicola), selon la reprise par la presse spécialisée (Financial Post, janvier 2025). Sur l’île de Vancouver, le Yə̓yus Energy Project — budget annoncé autour de 600 millions $ CA, 197 MW, pour partie en mains de la Nation Wei Wai Kum — illustre la mise en grappe des projets autochtones-détenus (Castlegar News, janvier 2026). En parallèle, Capstone avait mis en service commerciale Buffalo Atlee (61 MW) en Alberta fin juin 2024 (résultats T2 2024).
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « low carbon future » heurte un indicateur brutal : la hausse quasi doublée des émissions scope 1 entre 2023 et 2024 (23 594 → 45 484 tCO₂e) alors que le management met en avant la part EnR (rapport ESG 2024-2025). Côté acceptabilité, la dispense d’évaluation environnementale provinciale pour certains parcs éoliens en Colombie-Britannique alimente un débat sur les impacts locaux (karst, biodiversité, chauves-souris), documenté par des médias indépendants (Watershed Sentinel, 2025) et par la presse d’investigation (The Narwhal sur l’exemption des éoliennes). Les tensions avec certaines Nations — K’omoks sur le parc Brewster, Nlaka’pamux sur d’autres lots — ne sont pas des rumeurs de couloir : elles sont relatées dans un article de synthèse appuyé sur des procédures régaliennes (Just & Reasonable, 2025). Ce cocktail — croissance EnR accélérée par la loi et frictions autochtones ou paysagères — définit le risque réputationnel bien au-delà d’un simple « badge vert ».
5. Positionnement stratégique
Capstone joue la carte volume : plus de 3 GW pipeline cumulés en développement dans les technologies vent-solaire-stockage, au dire du rapport ESG déjà cité. La fenêtre politique canadienne — pression sur les appels d’offres provinciaux, exigences accrues de captation autochtone, accélération réglementaire sur le vent — lui offre un terrain de martingale si les EPAs tiennent et si les litiges se résolvent. Pour un observateur formé aux trajectoires européennes, l’écart entre ambition marketing et empreinte gaz instantanée reste le signal à surveiller : la transition est financée, mais pas encore écorchée de la dépendance thermique résiduelle.
Verdict WattsElse
C’est l’histoire d’un fonds Macquarie devenu constructeur d’éoliennes à plomb de BC Hydro, mais toujours sous respirateur gaz à Cardinal : tant que ce contrat pèse dans les scopes 1, le récit « 100 % renouvelable » sonne court — surtout quand l’État accélère les permis et que les Premières Nations rappellent le prix de la vitesse.
Sources : globenewswire.com · globenewswire.com · capstoneinfrastructure.com · capstoneinfrastructure.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · financialpost.com · castlegarnews.com · capstoneinfrastructure.com · watershedsentinel.ca · thenarwhal.ca · justandreasonable.com
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