Manikganj Power Generations Limited
À Singair, près de Dhaka, Manikganj Power Generations Limited (MPGL) incarne le modèle bangladais de l’IPP au fioul lourd : un contrat avec l’État, une échéance nette en 2035, et une promesse de courant pour la capitale qui se paie en soupçons d’irrégularités, impayés et conflit foncier.
À propos de Manikganj Power Generations Limited
1. Modèle économique
MPGL est une filiale à objet spécial (SPV) du groupe coté Doreen Power Generations and Systems : elle produit de l’électricité en centrale thermique et la vend à l’acheteur public via un PPA de 15 ans, avec mise en service commerciale au 1er décembre 2020 et fin contractuelle visée au 30 novembre 2035 (fiche projet). La capacité nette déclarée est de 162 MW (165,7 MW bruts), via neuf groupes en site selon les inventaires d’infrastructure (OpenInfraMap). Les revenus de MPGL en propre ne sont pas isolés dans les agrégats consultés ici ; en revanche, le chiffre d’affaires consolidé du groupe parent est de 15,06 milliards BDT sur l’exercice clos en juin 2025, avec une croissance publiée autour de +12,98 % sur la série rapportée (StockAnalysis), et un bénéfice net consolidé de 552,42 millions BDT sur un semestre récent selon la dépêche financière citée (MarketScreener). Le projet a été porté par un financement syndiqué d’environ 7,42 milliards BDT (Tk 742 crore) structuré avec la place bancaire locale (TBS News). Effectif précis de MPGL : non trouvé dans les sources publiques analysées pour cette fiche.
2. Impact réel
Le périmètre « Pétrole & Gaz » de votre tag correspond ici à du combustible liquide lourd : la production est décrite comme 100 % HFO sur la fiche technique du site (EnergyTransitionBD). Cela se traduit mécaniquement par des émissions élevées (CO₂, SO₂, particules) typiques du fioul lourd, sans électrification décarbonée ni mix EnR pour cette centrale isolée. Les cadres européens cités en consigne (PPE3, ADEME, etc.) ne s’appliquent pas à un producteur bangladais ; ils servent seulement de repère pour le lecteur : MPGL n’est pas un acteur « aligné » sur une trajectoire 2030 européenne, mais un actif fossile encastré dans le réseau national.
3. Innovations / partenariats
On est surtout sur de l’ingénierie éprouvée et du financement project finance : moteurs alternatifs en îlot, montage bancaire avec levier long. Le communiqué/structuration TBS met en avant City Bank et des partenaires de syndication pour la 162 MW. Brevets, « deep tech » ou projet RSE/chiffré spécifiquement attribuables à MPGL : non documentés dans les couches consultées ; le groupe parent, lui, reste un utility IPP classique, avec signal boursier plutôt que story « climat tech ».
4. Greenwashing / zones grises
La critique ne porte pas sur un slogan vert manquant, mais sur des tensions documentées. D’abord, l’enquête nationale sur des irrégularités dans certains contrats d’approvisionnement électrique, avec des travaux de commission toujours en suspens fin 2025 dans la presse spécialisée (Financial Express). Ensuite, impayés et pénalités : selon un reportage 2025, la centrale de Manikganj compterait environ 542 crores BDT de factures impayées auprès du BPDB et 142 crores BDT de pénalités / dommages liquidés contestés sur la période 2021–2024 (The Business Standard) — chiffres qui cristallisent un risque de trésorerie et une relation client-État tendue. Côté maison-mère, un article de novembre 2025 relève une alerte d’auditeur sur la continuité d’exploitation (« going concern ») après l’expiration d’anciens PPA gaziers sur d’autres actifs du groupe (Financial Express). Enfin, Prothom Alo évoque un occupation de terres fluviales au projet de 11,3 acres sur la Dhaleshwari, avec plaintes locales (Prothom Alo).
5. Positionnement stratégique
MPGL est un pilier court-terme pour Doreen : HFO, cash-flow contraté jusqu’en 2035, dans la couronne de Dhaka. Mais ce confort est monétisé dans un environnement macro dégradé (dette publique, dévaluation du taka, arriérés du secteur) dont témoignent aussi les appels des IPP pour accélérer les règlements (The Business Standard). Le dividende cash 10 % recommandé puis versé côté groupe, malgré des comptes contrastés selon les exercices, illustre la tension actionnaires / fonds propres (MarketScreener).
Verdict WattsElse
MPGL n’est ni une « transition » ni un pari climat : c’est un contrat fossile daté, rentable tant que l’État paie et que le fioul reste disponible — avec, dans le même mouvement, enquêtes, arriérés chiffrés et front environnemental sur la rivière. Le kWh bangladais a aussi un prix politique.
Sources : doreenpower.com · energytransitionbd.org · openinframap.org · stockanalysis.com · marketscreener.com · tbsnews.net · thefinancialexpress.com.bd · tbsnews.net · today.thefinancialexpress.com.bd · en.prothomalo.com · publisher.tbsnews.net · marketscreener.com
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