McPhy
** Pendant des années, McPhy a incarné la promesse française de l’électrolyse « made in Europe » — contrats allemands, gigafactory inaugurée, aides IPCEI à neuf chiffres.
À propos de McPhy
1. Modèle économique
McPhy Energy est un équipementier de l’hydrogène : production, distribution et stockage autour de l’électrolyse et, par le passé, des stations de recharge (Wikipédia). Le modèle reposait sur des électrolyseurs (gamme McLyzer) et sur un recentrage annoncé dès 2024 après la cession de l’activité stations au français Atawey (communiqué McPhy). Les comptes 2024 publiés au printemps 2025 font état d’un chiffre d’affaires d’environ 13,2 M€, d’une perte nette autour de −74,1 M€ et d’une trésorerie d’environ 39,6 M€ au 31 décembre, après 63 M€ un an plus tôt (GlobeNewswire) ; la presse régionale évoquait déjà en février 2025 une pression de trésorerie et l’hypothèse de continuité d’exploitation (L'Est Républicain). Le plan de commandes 2024 est remonté à 28,1 M€ pour un carnet d’environ 29,8 M€ dont 23,7 M€ côté électrolyseurs (même communiqué). Quelques grands contrats ont fait date : quatre électrolyseurs (64 MW) annoncés fin 2023 pour un projet allemand avec HMS (Euronext), et 24 MW pour un client en Europe centrale en septembre 2024 (Boursier.com). Les effectifs sont passés d’environ 265 fin 2023 à 220 fin 2024 selon le rapport annuel 2024 (PDF), puis à 71 salariés peu avant la cession judiciaire, dont 51 repris par le repreneur (Connaissance des Énergies).
2. Impact réel
L’impact climat d’un fabricant d’électrolyseurs alcalins pressurisés est indirect : il s’agit de permettre la production d’hydrogène lorsque l’électricité est décarbonée (EnR, nucléaire, mix conforme aux objectifs nationaux). McPhy ne fournit pas, dans les éléments publics agrégés ici, un bilan consolidé « tonnes de CO₂ évitées » comparable à un producteur d’énergie. En revanche, l’IPCEI Hy2Tech / PIIEC français encadre explicitement des projets d’industrialisation d’électrolyseurs — dont la gigafactory de Belfort — comme leviers de la stratégie hydrogène européenne (Bpifrance) ; l’aide publique plafonnée à 114 M€ pour ce volet est rappelée dans le rapport annuel 2024 (PDF, 37,1 M€ perçus au total au début 2025). Dès lors, la question n’est pas tant « l’électrolyse est-elle utile au PPE » — la réponse politique est oui — que si l’outil industriel financé résiste au marché tant que les projets clients ne décollent pas à plein régime.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue technique s’articule autour d’électrolyseurs modulaires (McLyzer) et d’une gigafactory de 22 000 m² à Foussemagne, inaugurée en 2024, présentée comme pivôt d’assemblage des stacks (L'Est Républicain) ; le pôle allemand a servi d’ancrage commercial pour des séries de plusieurs dizaines de mégawatts (Euronext). Sur le volet gouvernance / fusion de savoir-faire, la reprise par John Cockerill Hydrogen vise explicitement une nouvelle génération de stacks combinés (objectif d’avantage compétitif 10–15 % annoncé par le repreneur) tout en sécurisant l’emploi sur le site belfortain (communiqué John Cockerill). Après l’ouverture d’une procédure de conciliation en avril 2025 (Les Echos), le tribunal de Belfort a validé en juillet la cession pour 600 000 € et la conversion du redressement en liquidation judiciaire pour la coquille cotée (Euronext).
4. Greenwashing / zones grises
La notion d’« hydrogène vert » sur les plaquettes ne suffit pas à garantir une trajectoire bas-carbone si l’électricité ou la financiarisation du projet faiblissent — McPhy illustre ici le risque de stratégie climat décorrélée du cash. Chiffrage clé : en 2024, la perte nette (~−74 M€) représente plus de cinq fois le CA (~13 M€), signature d’un modèle économique non équilibré en l’état (GlobeNewswire). Parallèlement, le soutien public demeure structurel : 114 M€ d’enveloppe PIIEC pour la gigafactory, dont 29 M€ déjà débloqués selon un jugement commenté par l’AFP, et environ 50 M€ de reliquat évoqués pour le repreneur — soit une dépendance forte aux aides pour porter un actif industriel fraîchement monté (Connaissance des Énergies). Le rapport annuel 2024 (PDF) mentionnait aussi des montants conditionnels liés à la cession Atawey (11 M€ soumis à levée de fonds), ce qui ajoute une incertitude sur les créances en phase de tension de bilan. Ce n’est pas du « greenwashing » au sens publicitaire, mais un risque de discours transitionnel en avance sur la viabilité : la valeur actionnariale a été explicitement rayée dans la procédure (Les Echos) alors que les actifs physiques et subventions IPCEI continuent leur trajectoire sous pavillon belge.
5. Positionnement stratégique
Pour John Cockerill, McPhy devient une pièce d’intégration verticalisée (stacks, ligne d’assemblage à Belfort, synergie avec Aspach) dans une phase de consolidation du secteur de l’électrolyse annoncée par le repreneur (communiqué John Cockerill). Pour la politique industrielle française et européenne, l’épisode confirme que les IPCEI et les usines neuves ne remplacent pas une demande industrielle récurrente au bon prix : les prises de commandes 2024 progressent (GlobeNewswire), mais le gap de rentabilité et la dépletion de trésorerie avaient rendu la suite prévisible sans reprise externalisée (L'Est Républicain). *Note géographique :* le rattachement « Stadtlohn » figurant dans certains annuaires n’est pas corroboré par les sources citées ; les faits relèvent surtout du Territoire de Belfort et de chaînes d’approvisionnement européennes.
Verdict WattsElse
McPhy a prouvé qu’on pouvait signer des centaines de mégawatts sur le papier et monter une usine flambant neuve avec des fonds publics, tout en perdre plus d’argent en un an qu’elle ne facture. L’hydrogène n’a pas perdu son intérêt systémique ; c’est le découplage finance / déploiement qui vient d’être soldé à la barre du tribunal et à la caisse du repreneur.
Sources : fr.wikipedia.org · globenewswire.com · globenewswire.com · estrepublicain.fr · live.euronext.com · boursier.com · mcphy-finance.com · connaissancedesenergies.org · bpifrance.com · johncockerill.com · lesechos-comfi.lesechos.fr · live.euronext.com
Données clés
- Siège
- Stadtlohn, Germany ↗
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Air Liquide
Air Liquide vend de l’invisible: oxygène, azote, hydrogène, argon.
Voir la ficheAlstom
Alstom vend une promesse simple et puissante: décarboner les déplacements de masse sans sacrifier la capacité industrielle.
Voir la ficheAPC by Schneider Electric
Marque historique des onduleurs (UPS) et du « power path » critique des serveurs, APC by Schneider Electric incarne la partie « hardware » de l’offre groupe vers les data centers et les infrastructures connectées.
Voir la ficheAVEVA
AVEVA est l’éditeur britannique (Cambridge) dont dépend une partie invisible mais stratégique de la transition industrielle : modélisation d’usines, données temps réel, optimisation énergétique des lignes.
Voir la ficheBabcock Wanson
** ETI lot-et-garonnaise devenue plateforme paneuropéenne de chaufferies industrielles, Babcock Wanson mise tout sur l’électrique et les services pendant qu’Ambienta prend le contrôle — et que l’empreinte carbone du groupe reste paradoxalement accrochée au parc déjà vendu.
Voir la ficheELKO
Le cache WattsMonde désigne une entité ELKO, sans lien documenté avec une société française ou internationale distincte sous ce nom exact.
Voir la ficheInvensys
Invensys n’est plus cotée ni publiée en chiffres autonomes : absorbée par Schneider Electric, elle ne vit plus que dans les gammes d’automatisme de procédés, de sûreté et les logiciels d’atelier qui servent encore pétrochimie, chimie fines et infrastructures critiques.
Voir la ficheSchneider Electric
Schneider Electric n’est plus seulement un fabricant d’armoires, de disjoncteurs et d’automatismes.
Voir la fiche