Pozo Almonte Solar 1
Le nom évoque une « première » discrète dans le désert d’Atacama : une PV au sol connectée au système nord du Chili, entrée en service voici plus de dix ans.
À propos de Pozo Almonte Solar 1
1. Modèle économique
Il s’agit d’un actif de génération photovoltaïque au sol dont les revenus tiennent à la vente d’électricité injectée sur le réseau : selon le profil technique repris par la base sectorielle, la centrale est rattachée au schéma PMGD (*pequeños medios de generación distribuida*) et au SING — le système interconnecté du nord chilien — avec Solarpack comme développeur-opérateur dans la chaîne de valeur décrite à l’époque du projet (pv magazine Latam, Power Technology). Les agrégats chiffre d’affaires, marge ou effectifs propres à cette installation ne sont pas publiés de manière isolée dans les sources consultées ; ils restent noyés dans les comptes consolidés des véhicules de projet ou du groupe (Solarpack, désormais sous contrôle majoritaire du fonds EQT après le retrait de cotation documenté dans la presse spécialisée (SunsetHQ)). La littérature locale sur les extensions régionales évoque aussi des PPA historiques issus d’enchères publiques pour sécuriser une partie du flux — signal utile pour comprendre pourquoi certaines tranches résistent mieux que d’autres au spot (Review Energy).
2. Impact réel
La même fiche technique estime environ 29 500 MWh/an produits et une emprise d’environ 62 hectares pour 133 056 modules Trina Solar d’environ 305 W unitaires — ordre de grandeur qui fixe l’échelle : une contribution modeste à la maille nationale, mais tangible pour le nord où le rayonnement solaire est maximal (Power Technology). Aucun bilan carbone ou tonnes de CO₂ évitées spécifiquement attribué à Pozo Almonte Solar 1 n’a été identifié dans les documents publics consultés ; en revanche, le contexte chilien est sans ambiguïtat : les ERNC ont représenté environ 37 % de la génération moyenne en 2023, au seuil de la branche thermique, selon le bilan publié par l’association sectorielle (balance ACERA 2023). Les repères français PPE ou fiches ADEME ne couvrent pas directement cet actif hors Union européenne — ce qui limite la comparaison chiffrée aux objectifs européens.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet industrialisation plutôt que « rupture technologique », le parc combine modules Trina Solar et onduleurs GPTech PV900 WD UL selon l’inventaire équipementiers cité par la même base (Power Technology). Côté groupe, la presse financière a relayé une levée de dette — 176,6 millions USD annoncés en mars 2024 pour des actifs andins — comme indicateur de capacité à refinancer le pipeline après la transaction avec EQT (IPP Journal), sans lien causal établi avec la tranche de 10,5 MW elle-même. Parallèlement, la création en 2024 d’une société dédiée « Fotovoltaica Pozo Almonte SpA » traduit une volonté de structurer de nouveaux développements sous véhicules juridiques distincts (BNamericas).
4. Greenwashing / zones grises
Le piège serait d’étiqueter « verte » une commune sans regarder qui porte quel bilan : les tensions documentées portent sur María Elena Solar et le parc Granja Solar, voisinage géographique et chaîne Solarpack/EQT, mais pas sur le périmètre juridique supposé de Pozo Almonte Solar 1. Sur ce dossier séparé, la presse économique rapporte qu’en janvier 2023, KfW IPEX-Bank a cherché la liquidation forcée pour créances notionnellement évaluées à 91 millions USD sur des papiers échus impayés (Diario Financiero) ; le 5 avril 2023, un tribunal civil de Santiago prononce la liquidation de la société (La Tercera). Côté environnement, la fiche SNIFA du dossier A-001-2020 — clôturée le 17 décembre 2024 avec programme de conformité satisfaisant et zéro sanction pécuniaire — concerne explicitement Granja Solar, exploitée par María Elena Solar (fiche SNIFA 2228). Pour Pozo Almonte Solar 1 isolément, aucune zone grise réglementaire ou financière chiffrée n’a été trouvée dans les sources ouvertes auditées ici.
5. Positionnement stratégique
À l’échelle locale, la commune reste un aimant solaire : en juin 2025, le Ministerio de Energía annonce l’adjudication d’un futur parc solaire communautaire jusqu’à 300 kWp, avec ingénierie en 2025 et mise en concours/construction visée en 2026 (Ministerio de Energía Chile). Pour les investisseurs, la leçon stratégique tient au double régime du Chili — contrats longs pour une partie du parc, spot extrêmement compressé pour le reste — qu’ACERA a verbalisé via la critique des prix nodaux proches de zéro pour le renouvelable (blog Reporte Sostenible). Pozo Almonte Solar 1 illustre la première couche de cette accumulation capacitaire ; les turbulences récentes concernent surtout les couches suivantes, plus exposées au marché court terme.
Verdict WattsElse
Une centrale qui fait figure de calibrage modeste mais lisible dans la fièvre photovoltaïque du nord chilien — et un rappel que, dans la même commune, les mégawatts ne partagent pas tous le même risque : la transition y est aussi une histoire de papier commercial, pas seulement de panneaux.
Sources : pv-magazine-latam.com · power-technology.com · sunsethq.com · review-energy.com · acera.cl · ippjournal.com · bnamericas.com · df.cl · latercera.com · snifa.sma.gob.cl · energia.gob.cl · reportesostenible.cl
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