Naftogaz of Ukraine
Le géant public ukrainien aligne des comptes 2024 tonitruants sur fond d’importations d’urgence et de frappes ciblées sur ses champs.
À propos de Naftogaz of Ukraine
1. Modèle économique
Vadym Novynskyi n’est pas le sujet : ici, il s’agit bien du groupe national Naftogaz of Ukraine (NJC intégrée, sous tutelle de l’État), actif sur tout le cycle gazier et pétrolier — exploration, forage, transport, stockage souterrain, distribution et commerce — tel que le décrit la fiche de présentation du groupe. Le pays n’était pas renseigné dans votre cache ; la ville indiquée (Landskrona) ne recoupe en revanche aucun siège ou filiale documenté dans les sources publiques du groupe (siège et réseau ukrainien, bureaux de représentation notamment en Belgique et en Égypte selon la même page). Les agrégats 2024 sont nets : bénéfice consolidé de 38 milliards UAH (+64 %, données auditées par KPMG, chiffres repris par LB.ua), bénéfice d’exploitation 51,1 milliards UAH, marge brute 89,1 milliards UAH ; la maison mère NJSC boucle 23,9 milliards de profit après une perte en 2023. La production commerciale de gaz de la filiale Ukrgasvydobuvannya atteint 13,9 bcm en 2024 (contre 13,2 bcm en 2023), avec 83 puits mis en service et un pic journalier à 38,9 millions m³ (LB.ua) ; un bilan hivernal du groupe cite 14,6 bcm sur 2024 « au titre du programme de production » (Naftogaz). Les caisses publiques absorbent 104,3 milliards UAH de prélèvements en 2024 (7 % des recettes budgétaires consolidées, LB.ua). Au premier trimestre 2026, le groupe annonce 21,739 milliards UAH d’impôts versés (dont 19,7 milliards au budget central) while les communiqués officiels et la reprise par Mezha convergent. L’entreprise revendique en outre desservir plus de 12 millions de foyers et détenir les plus grands stocks souterrains d’Europe (30,95 bcm de capacité technique) selon le site corporate.
2. Impact réel
L’impact climat direct est celui d’un opérateur majoritairement gazier et pétrolier : l’essentiel du récit environnemental passe par la réduction de fuites de méthane (adhésion au cadre OGMP 2.0), un objectif annoncé de neutralité opérationnelle Scope 1 en 2040 et le soutien à l’objectif national de neutralité pour 2060, avec une feuille de route explicitement en cours (page « Emissions reduction »). Politique industrielle : le groupe dit viser une baisse de 30 % des émissions de méthane d’ici 2030 dans le sillage du Global Methane Pledge, et coopère avec la BEI sur une stratégie de décarbonation financee par le programme « EU for Ukraine » (même page). Côté bas-carbone annoncé, Naftogaz cite 1 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030 sur sa rubrique durabilité — signal à rapprocher du mix réel encore dominé par le gaz : en 2024, la production nationale de 13,9 à 14,6 bcm reste le levier central pour tenir le pays sans transit russe (LB.ua, Naftogaz). Aucune fiche ADEME ou « Connaissance des énergies » ne centre à ce stade Naftogaz ; l’éclairage français sur ce dossier reste indirect (marché gazier européen, sécurité d’approvisionnement), faute de profil institutionnel dédié indexé sur ADEME ou le portail général de Connaissance des énergies.
3. Innovations / partenariats
Sur la génération distribuée, le groupe a lancé des projets pour 177 MW supplémentaires (16 moteurs Bergen, 13 groupes Caterpillar) selon LB.ua. Côté international, la BERD a accru son enveloppe à 770 millions d’euros de financement pour Naftogaz depuis 2022, avec un prêt de 270 millions d’euros et une subvention norvégienne de 139 millions d’euros pour des achats stratégiques de gaz (BERD). Naftogaz signe par ailleurs un troisième accord d’approvisionnement en GNL américain avec ORLEN (LB.ua), un protocole d’accord avec Baker Hughes sur production, transport et projets énergétiques (communiqué Naftogaz), et des mémoires hydrogène/CCUS listés avec RWE, RAG, Eustream, Bayerngas dans le cadre du projet Eco-Optima (page « Emissions reduction »). En février 2024, la direction discute avec l’envoyé français pour la reconstruction Pierre Heilbronn du stockage pour entreprises françaises et d’projets méthane vert, éolien et stockage de CO₂ (Naftogaz). En gouvernance, Serhiy Koretskyy est nommé président du conseil d’administration fin avril 2025 (LB.ua).
4. Greenwashing / zones grises
Le groupe parle « transition » et Scope 1 net zéro 2040 tout en poussant la production fossile domestique au maximum pour survivre au blocage du transit russe depuis le 1er janvier 2025 (Reuters sur l’arrêt des flux via l’Ukraine, Reuters sur la quadruplication des tarifs de transport interne pour compenser les recettes de transit perdues). Cette tension structurelle — discours climat versus impératif gazier — est rendue tangible par la géopolitique des infrastructures : en février 2025, des frappes massives auraient fait perdre près de 50 % des volumes de production gazière, sur 34 sites attaqués sur la période 2024–2025, obligeant des importations d’urgence de 800 millions m³ (Naftogaz). La dépendance aux financements multilatéraux demeure : 770 M€ de la BERD depuis 2022, avec rappel que Naftogaz peut devoir réimporter rapidement selon l’intensité du conflit (BERD). Les contributeurs restent vigilants sur gouvernance et corruption systémique ; la BERD analyse encore fin 2024–2025 les effets de la loi n°3587 sur l’indépendance du conseil de surveillance dans un contexte d’actionnariat étatique (note « Law in Transition »).
5. Positionnement stratégique
Naftogaz comble le trou de transit par plus de forages, de stockage, de GNL et de génération de secours, tout en jouant pilier fiscal (7 % des recettes en 2024, LB.ua) ; le contentieux contre Gazprom sur 1,4 milliard de dollars de créances de transit, qualifié de gain définitif côté groupe, renforce la légitimité financière publique revendiquée en 2026 (Mezha). À l’échelle européenne, la fin des flux russes via l’Ukraine redistribue les cartes du TTF et des flux GNL ; pour Kiev, l’enjeu est la sécurité physique autant que la structure tarifaire (analyse NPR sur la facture du transit perdu pour l’Ukraine).
Verdict WattsElse
Naftogaz est devenu une banque centrale du méthane : il capte l’argent public et privé pour tenir le pays debout, tout en empruntant le vocabulaire européen du climat pour habiller un cœur de métier qui reste, à date, brutalement gazier.
Sources : en.wikipedia.org · naftogaz.com · en.lb.ua · naftogaz.com · mezha.net · naftogaz.com · naftogaz.com · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · ebrd.com · en.lb.ua · naftogaz.com · naftogaz.com · en.lb.ua · reuters.com · reuters.com · ebrd.com · npr.org
Données clés
- Forme
- Foreign company not registered w
- Fondée
- 1997
- Siège
- Landskrona, France
Identifiants publics
- SIREN
- 437719065
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