Réseau

Nexans

Filiale d’histoire industrielle devenue spécialiste des réseaux, Nexans capte la tempête des investissements grid & offshore.

« Des réseaux sous tension : marges records et ombres antitrust. »

À propos de Nexans

1. Modèle économique

Nexans vit sur la charpente de l’électricité : câbles terrestres et sous-marins, haute et très haute tension, pour réseaux, interconnexions et énergies renouvelables offshore. L’entité revendique, au 31 décembre 2025, un chiffre d’affaires standard de 6,1 Md€, en croissance organique de +8,3 %, un EBITDA ajusté de 728 M€ (marge de 11,9 %) et un carnet d’environ 7,7 Md€, avec une forte empreinte des activités de transmission d’énergie (résultats annuels 2025). L’effet de manche se lit aussi en dividende proposé à 2,90 € l’action (+11,5 %). Le modèle s’industrialise côté CapEx : 383 M€ en 2025 (6,3 % du CA), et côté effectifs : 25 700 personnes dans 41 pays, selon la même source. Contrairement à un intégrateur d’amont, l’enjeu est moins l’exploitation d’un actif de production que l’enveloppe matérielle des flux d’énergie, avec un pivot maritime et sous-marin (Great Sea, Tyrrhenian Link, etc.) ancré sur de très gros contrats d’interconnexions.

2. Impact réel

L’électrification n’est pas « propre » en soi, mais câbler des liaisons d’enR et d’échange d’électricité abaisse, à l’usage, le fossile d’un système. Nexans chiffre la décarbonation de ses sites : −49 % d’émissions de gaz à effet de serre sur les scopes 1 et 2 par rapport à 2019, selon le groupe dans ses Sustainability Highlights 2025. Côté matière, 19,3 % du cuivre incorporé en 2025 proviendrait du recyclage, avec un objectif de 25 % d’ici 2028, toujours selon le même fil d’annonce — un indicateur clé dès lors que la filière câble s’alimente à la fois en extraction minière et en ferraille urbaine. Ce que la transition demande, c’est moins de slogans qu’une intensité matières maîtrisée : l’ADEME insiste, dans ses travaux sur le cuivre, sur l’enjeu d’augmenter la part de matières secondaires en limitant l’impact amont, ce qui rejoint la logique d’usine de recyclage à Lens (90 M€, NCCCR). A l’échelle de la France, la PPE3 ne fabrique pas des câbles, mais en fixe l’environnement de demande, via la densification des réseaux et des interconnexions recherchée au niveau européen.

3. Innovations / partenariats

Le calendrier technique est au cœur du discours. Sur le Tyrrhenian Link, le groupe a posé de l’HVDC à 2 150 m de profondeur — un record d’opération, commenté notamment en presse d’actualité spécialisée. Côté Méditerranée orientale, le Great Sea Interconnector d’1,43 Md€ relie la Grèce à Chypre, avec, pour mémo, des ajustements de calendrier racontés par la filière. En Amérique du Nord, l’acquisition d’Electro Cables épaissit l’exposition. Le financement public européen complète l’ingénierie : la Banque européenne d’investissement a accordé 250 M€ (2025) pour R&D, capacités et recyclage. En flotte, le Nexans Electra — mis à l’eau en novembre 2025 — vise l’exploitation en 2026, avec pose multi-câbles et propulsion en partie décarbonisable.

4. Greenwashing / zones grises

Dire « câble vert » n’emporte pas l’essai si la gouvernance de marché a été celle d’un cartel. Au Royaume-Uni, la filière a été condamnée sur des faits d’entente commerciale pénalisant l’achat de câbles HT, avec une incidence sur des projets éoliens. En outre, des procédures en dommages (passing-on, actions de groupe) rappellent qu’un fournisseur d’infrastructure n’est jamais neutre côté prix. L’Autorité de la concurrence a, en décembre 2024, frappé Nexans d’une amende d’environ 3 M€ pour un accord d’exclusivité d’importation (Outre-mer) — mauvais parfum pour un discours d’open trade et de « transition juste ». Le cuivre, enfin, n’est ni une ressource infinie ni un coût figé : la volatilité des cours demeure un risque P&L — le recyclage limite, ne supprime pas, la dépendance. La cession d’Autoelectric (négociations en vue d’une finalisation ciblée 2026) rappelle qu’un « pur player » s’invente aussi en sortant de segments pénalisants.

5. Positionnement stratégique

Nexans se présente en fournisseur de l’électrification et des réseaux dans un contexte d’enveloppes interconnexées — où bénéfices de marché, sécurité d’approvisionnement et gouvernance des infrastructures ne vont plus de soi, comme le souligne aussi la planification PPE3. L’objectif d’EBITDA 2026 (fourchette 730–810 M€) s’appuie sur le carnet et la raréfaction d’actifs câbliers, mais s’accompagne d’exigences d’extra-financier : investissements navires, recyclage, gouvernance concurrentielle, sans mélange des genres.

Verdict WattsElse

L’histoire d’Nexans, ce n’est pas seulement des kilomètres d’interconnexions posées : c’est la tension permanente entre infrastructure indispensable et marchés historiquement disciplinés par la répression des ententes. Dans la transition, on achète du câble ; on n’emporte pas, avec, la pureté morale.

Sources : nexans.com · nexans.com · nexans.com · librairie.ademe.fr · nexans.com · info.gouv.fr · nexans.com · connaissancedesenergies.org · nexans.com · connaissancedesenergies.org · nexans.com · eib.org · nexans.com · hoganlovells.com · whitecase.com · autoritedelaconcurrence.fr · autoritedelaconcurrence.fr · lesoleil.com · nexans.com · connaissancedesenergies.org · economie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org

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