JPME
Sur le papier, JPME avait trouvé un créneau habile: parler aux petits producteurs photovoltaïques, leur promettre une électricité “3.0” et monétiser le surplus grâce à une “batterie virtuelle”.
À propos de JPME
1. Modèle économique
JPME, marque commerciale d’Actelios Solutions, s’est positionnée sur un segment précis: les ménages et petits producteurs équipés de panneaux solaires, à qui elle vend une fourniture d’électricité couplée à une offre de “stockage virtuel” du surplus, baptisée E-batterie, afin de “tendre vers 100% d’autoconsommation” selon le site JPME et la page E-batterie. Le cœur du modèle consiste donc moins à produire qu’à agréger des flux: fourniture, rachat du surplus injecté, crédit contractuel sur facture et services numériques.
Selon les données d’entreprise accessibles publiquement, Actelios Solutions affichait un chiffre d’affaires 2024 d’environ 2,76 millions d’euros et un résultat net de 256 109 euros, avec un capital social de 390 311 euros, d’après Manageo et Infonet. Mais ces mêmes bases indiquent aussi une tranche d’effectif de seulement 1 à 2 salariés, ce qui contraste fortement avec les “près de 50 personnes” revendiquées par l’entreprise dans des éléments relayés par Hellowatt et L’Echo du Solaire. Sur les capex, aucun chiffre public robuste n’a été trouvé. Sur les contrats publics et grands partenariats institutionnels, rien de significatif n’apparaît non plus dans les sources ouvertes disponibles.
2. Impact réel
L’impact positif de JPME est indirect mais réel sur un point: l’entreprise s’insère dans la montée en puissance de l’autoconsommation photovoltaïque, un marché que l’ADEME dit en forte croissance, avec près de 678 000 installations fin 2024 en France dans son avis 2025. La logique affichée par JPME, qui consiste à mieux valoriser le surplus solaire des particuliers, va dans le sens du recentrage public sur l’autoconsommation décrit par la PPE3.
Mais il faut être précis: l’ADEME rappelle que le “stockage virtuel” est un mécanisme purement comptable, dans lequel l’électricité injectée sur le réseau n’est “jamais restituée physiquement au foyer” et n’a “ni plus ni moins d’impacts sur l’environnement” que la consommation habituelle du réseau, selon sa fiche stockage virtuel. Autrement dit, JPME n’est pas un acteur du stockage au sens physique du terme. Son bénéfice climat dépend donc avant tout du déploiement des panneaux solaires chez ses clients et de la bonne valorisation économique de leur surplus, pas d’une innovation réseau radicale. Aucun rapport RSE ou CSRD public n’a été trouvé, et aucun chiffre consolidé sur CO2 évité, mix fourni ou part exacte d’électricité renouvelable livrée n’est publié dans les sources consultées.
3. Innovations / partenariats
L’innovation maison, c’est bien la E-batterie: une offre qui transforme le surplus photovoltaïque injecté en avoir mobilisable plus tard sur la facture, sans batterie physique. JPME la présente comme un outil de pilotage fin entre production, consommation et stockage virtuel sur sa page E-batterie. Le concept a trouvé un relais commercial dès 2021 avec le partenariat conclu avec Oscaro Power, également couvert par pv magazine France.
Le problème, c’est que l’innovation commerciale a été plus visible que la robustesse opérationnelle. En janvier 2026, JPME mettait encore en avant son statut d’acteur “innovant” et “rentable”, avec une recapitalisation d’un million d’euros selon des déclarations relayées par Hellowatt et Selectra. Mais aucun document investisseur public détaillé n’a été trouvé pour étayer durablement cette narration.
4. Greenwashing / zones grises
C’est ici que le dossier se durcit. Le Médiateur national de l’énergie a attribué à JPME un carton rouge au titre de 2024 pour “défauts systématiques de paiement” envers les producteurs photovoltaïques, avec 188 saisines en 2024 puis 383 depuis le 1er janvier 2025 selon sa saisine du procureur. Le 15 janvier 2026, Bercy a retiré l’autorisation d’achat pour revente d’Actelios Solutions, invoquant “pratiques commerciales trompeuses”, “affichages de tarifs mensongers” et capacités économiques et financières “insuffisantes”, dans le communiqué du ministère.
Le risque de greenwashing ne tient donc pas ici à une énergie fossile cachée, mais à autre chose: vendre comme solution fluide et décarbonée un montage contractuel qui repose entièrement sur la confiance, alors que la solidité financière et la qualité de service ont précisément fait défaut. Deuxième zone grise: la “batterie virtuelle” emprunte le vocabulaire du stockage, alors que l’ADEME rappelle qu’il ne s’agit pas de stockage physique. Dans un marché grand public, cette nuance n’est pas anecdotique.
5. Positionnement stratégique
JPME s’était placé sur une vraie frontière de marché: celle de l’autoconsommation résidentielle augmentée, à un moment où la PPE3 pousse justement à renforcer l’autoconsommation du petit photovoltaïque. Le potentiel existe, et le besoin de solutions simples pour les producteurs particuliers est évident.
Mais le signal stratégique de 2026 est brutal: quand un acteur de la transition se fait retirer son autorisation pour motifs prudentiels et protection du consommateur, le marché comprend que l’époque du “move fast and green” touche à sa fin. Dans l’énergie, la promesse logicielle ne remplace ni la conformité, ni la trésorerie.
Verdict WattsElse
JPME avait flairé un vrai besoin du solaire diffus français. Mais dans l’énergie, l’innovation qui ne paie pas ses producteurs finit toujours par rencontrer le régulateur.
Sources : jpme.fr · jpme.fr · manageo.fr · infonet.fr · hellowatt.fr · lechodusolaire.fr · academie.ademe.fr · lechodusolaire.fr · agirpourlatransition.ademe.fr · plein-soleil.info · pv-magazine.fr · selectra.info · energie-mediateur.fr · energie-mediateur.fr · presse.economie.gouv.fr
Données clés
Identifiants publics
- SIREN
- 849928239
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
OOO LUKOIL-Rostovenergo
Chauffage de la capitale du sud russe, actifs thermiques vieillissants : OOO LUKOIL-Rostovenergo incarne la dépendance au gaz que la transition d’EL5-Energo ne dissout pas d’un trait de plume.
Voir la ficheABB (United States)
Le groupe suédo-suisse ABB n’est pas une «startup de l’électrification» : c’est un colosse de l’automatisation et des réseaux, dont les États-Unis sont aujourd’hui le premier marché.
Voir la ficheGazprom Neft
Gazprom Neft enfonce le tableau : production d’hydrocarbures à un sommet en 2025, alors que le résultat net IFRS reflète tout autre chose — contraction brutale après la bulle prix 2022-2023 et exposition directe aux sanctions occidentales.
Voir la ficheUni Oldenburg
Ce n’est pas une scale-up de LCOE : c’est une université d’État qui fait office de hub R&D pour la transition allemande, avec des enveloppes à deux chiffres de millions en projets structurants — pendant que le ferme à gaz du chauffage et la lourdeur du parc bâti continuent de peser sur le bilan carbone.
Voir la ficheElektromreža Srbije
Elektromreža Srbije (EMS AD), gestionnaire du réseau de transport électrique à Belgrade, aligne milliards d’euros de lignes 400 kV et sous-stations — tout en ayant cosigné avec le producteur public EPS une contestation ouverte du déploiement accéléré des renouvelables.
Voir la ficheSC CET Iaşi SA
À Iași, la chaleur urbaine ne tient pas qu’à des promesses : elle tient à deux centrales, à des kilomètres de canalisations et à SC CET Iași SA — opérateur historique toujours marqué par l’insolvabilité — tandis que la mairie enchaîne les appels d’offres au gasoil du milliard de lei pour passer du charbon au gaz et tester PV et hydrogène.
Voir la ficheCyntech
Le groupe calgaryen ne vend ni barils ni molécules : il vend la tenue mécanique des infrastructures qui les acheminent.
Voir la ficheFMI
Le sigle fait souvent fantasmer une « entreprise », une génétique aussi : la fiche Q29731490 n’a strictement aucun lien avec cette entité ; en veille climat‑énergie, FMI renvoie presque toujours au Fonds monétaire international, institution financière mondiale fondée après la Seconde Guerre mondiale, distincte de tout opérateur industriel (« Autres énergies…
Voir la ficheNara Solar
Née d’une coentreprise (2019), musclée par un pipeline annoncé jusqu’à 2 GW en Europe et absorbée à 100 % par Cero Generation en juillet 2023, Nara Solar incarne le modèle « pure player » du photovoltaïque au sol à l’échelle utilitaire : développement amont, financement aval, arbitrages de groupe.
Voir la ficheEvrencik Rüzgar Enerjisinden Elektrik Üretim Anonşm Şirketi
Au nord-ouest de la Turquie, un parc de 129 MW cartonne en production mais déclenche une tempête politique : forêts d’Istranca, routes pour pales XXL, et une jurisprudence ÇED qui se durcit dans la même région.
Voir la ficheBlack & Bush Projekt 2
Black & Bush Projekt 2 n’est pas une « marque floue » : c’est l’ancienne dénomination sociale — attestée comme alias sur Wikidata — de la société PRE FVE Dačice, s.r.o.
Voir la ficheImpactUp
Cabinet de recrutement pour commerciaux et marketeurs : dénicheur de talents ou justicier du CV, il faut choisir.
Voir la ficheBurmah Oil
Fondée au XIXe siècle, la Burmah Oil Company a longtemps incarné le pétrole « à l’anglaise » avant d’avaliser l’empire des lubrifiants Castrol, puis d’être absorbée par BP.
Voir la ficheZ Energy
* Fille de l’historique petrolier américain puis rachetée par Ampol, cette centrale néo‑zélandaise de stations-service et de gros distribue encore l’essentiel des litres consommés dans le pays.
Voir la ficheE-THINK
Petit cabinet né en 2001 du giron de la TU Wien, e-think energy research incarne une niche rare : modéliser chauffage, refroidissement et planification locale pour rendre la transition thermique auditable — sans être ni industriel ni utility.
Voir la ficheSolar Power (Surin 1) Company Limited
Onze ans après sa mise en service, la centrale Solar Power (Surin 1) incarne le premier âge d’or du photovoltaïque en Thaïlande — et, depuis 2024, le choc tarifaire qui rebascule toute l’économie des 36 fermes du groupe.
Voir la ficheDataGreen
Filiale française d’un groupe né de l’IA, elle promet de supprimer la clim serveur tout en recyclant jusqu’à 98 % de la chaleur fatale ; derrière les labels et le CES se joue une course au capital pour sortir les serveurs directs-to-chip du laboratoire.
Voir la ficheOctopus Energy Italy
Sa croissance fait tache d’huile sur le marché libéralisé italien, avec une narration « anti-tarifs trompeurs » et une tech de groupe affichée comme boussole.
Voir la ficheSINDEL- Sindicato Nacional da Indústria e da Energia
Le SINDEL ne « produit » ni électrons ni molécules : il organise la contrepartie sociale dans une énergie portugaise ultra-concentrée autour d’acteurs systémiques comme EDP et REN.
Voir la ficheFH OOE
FH OOE désigne ici la Fachhochschule Oberösterreich — en anglais University of Applied Sciences Upper Austria — et non un opérateur privé homonyme : le cœur « EnR » du dossier se joue au campus de Wels, entre recherche appliquée, masters dédiés et ingénierie des systèmes énergétiques.
Voir la ficheStandard Oil of Kentucky
Marque fantôme du Sud-Est des États-Unis, la Standard Oil Company of Kentucky — le Kyso des plaques d’immatriculation et des stations — a cessé d’exister en juridique l’année où John F.
Voir la ficheSasa Inti
Le libellé « Pétrole & gaz » colle mal à PT Sasa Inti : l’entreprise est un groupe indonésien de condiments et d’agroalimentaire (dont le MSG), avec un réseau d’usines sur l’archipel — pas un opérateur d’hydrocarbures.
Voir la ficheSOUTHAMPTON
Southampton incarne deux histoires en parallèle : un réseau de chaleur à la trajectoire d’amplification géothermique, et une offensive industrielle autour du Solent désormais rattrapée par des reports de projet et une lutte narratif-politique sur le sérieux climatique.
Voir la ficheAydem Yenİlenebİlİr Enerjİ Anonİm Şİrketİ
Pure player affiché sur les marchés de l’électricité, Aydem Yenilenebilir Enerji pilote un parc dense d’actifs hydrauliques et éoliens en Anatolie et sur les littoraux.
Voir la fiche