NUOVO PIGNONE
Nuovo Pignone n’est pas une start-up de la transition : c’est une plaque tournante industrielle centenaire que Baker Hughes mobilise pour tout ce qui fait tourner le gaz, le GNL, l’hydrogène…
À propos de NUOVO PIGNONE
1. Modèle économique
Nuovo Pignone incarne le pôle « turbomachines » historique de Florence au sein du segment Industrial & Energy Technology (IET) de Baker Hughes — groupe américain coté qui combine équipements et services énergétiques. Les comptes consolidés ne isolent pas Nuovo Pignone : son activité se lit à travers l’IET, dont le chiffre d’affaires atteint 12,2 milliards de dollars en 2024 selon le communiqué de résultats annuels 2024. À l’échelle groupe, Baker Hughes affiche 27,8 milliards de dollars de revenus et environ 57 000 collaborateurs sur l’exercice 2024 dans son rapport annuel 2024. Les commandes de l’IET ont atteint 14,9 milliards de dollars en 2025, avec un carnet (RPO) record de 32,4 milliards de dollars en fin d’année, selon le résultat annuel 2025 et la synthèse du rapport numérique 2025. Côté italien, Baker Hughes annonce un plan de 300 millions d’euros sur cinq ans pour densifier fabrication et R&D — Florence, Massa, sites du Sud inclus — dans la lignée du communiqué officiel sur l’extension en Italie, détaillé aussi par la promotion territoriale Invest in Tuscany. Sur le terrain social, un accord syndical cité par la presse régionale évoque 300 embauches et la sécurisation de sept sites italiens (Calabria7).
2. Impact réel
L’impact climat direct de Nuovo Pignone ne se mesure pas dans un bilan carbone autonome : il est absorbé par Baker Hughes et, surtout, par l’usage des équipements vendus (liquefaction, compression, turbines gaz), dimension largement « Scope 3 » pour les clients et la société. Côté sites et opérations, Baker Hughes revendique une baisse absolue de 36,9 % des émissions de Scope 1 et 2 par rapport à 2019, avec une baisse d’intensité de 45,8 %, selon son rapport sur la réduction des émissions opérationnelles et la synthèse JPT. Pour contextualiser le gaz et le GNL dans les débats européens sur la sobriété et les infrastructures, la fiche pédagogique Connaissance des Énergies sur le GNL reste un repère — sans équivalence directe avec la trajectoire française du PPE ou les guides ADEME, peu prolixes sur cette filiale précise.
3. Innovations / partenariats
La feuille de route publique joue sur trois registres : hydrogène (famille de turbines NovaLT mise en avant dans le plan italien), « New Energy » — avec 2 milliards de dollars de commandes en 2025, au-delà de la fourchette cible 1,4–1,6 milliard annoncée dans le rapport numérique 2025 — et l’électricité des data centers, où Baker Hughes affiche 1 milliard de dollars de commandes en 2025 contre zéro en 2024, avec une ambition ~3 milliards sur 2025–2027 (rapport numérique 2025). Dans la presse italienne, un dossier à Florence évoque aussi un co-développement avec Hanwha autour d’une turbine 16 MW pensée pour l’ammoniac dans le maritime (T24 Economia). Les grands contrats GNL restent le socle économique visible — par exemple des turbines LM9000 pour le projet Argent LNG aux États-Unis, relayées par la même vedette T24.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart tient au cadrage des indicateurs : la communication forte sur −36,9 % de Scope 1 et 2 depuis 2019 (communiqué Baker Hughes, CSR 2025 — PDF) laisse hors spotlight l’essentiel du levier climatique — les émissions induites par les produits et projets clients, traitées dans les cadres Scope 3 où les objectifs chiffrés restent plus prudent voire « roadmap » selon les divulgations durabilité. Sur le plan stratégique, Baker Hughes assume une ligne où le gaz naturel est présenté comme « combustible de destination » — formulation reproduite dans la littérature corporate (page « Rethink ») et dans la presse spécialisée (Enlit World) — ce qui accentue le risque de double langage avec les segments « New Energy » encore minoritaires au regard du carnet IET à 32,4 milliards de dollars (résultats 2025). Enfin, la volatilité de la politique américaine des permis d’export de GNL (pause puis relèvement début 2025) rappelle que les méga-chantiers gaziers dépendent des cycles Washington (Reuters, Reuters), avec des effets potentiels sur le rythme des commandes d’équipements.
5. Positionnement stratégique
Nuovo Pignone capitalise sur un savoir-faire d’ingénierie lourd pour servir à la fois l’expansion du GNL et les nouvelles niches (hydrogène, mobilité ammoniaque, alimentations critiques des data centers). L’investissement italien de 300 millions d’euros jusqu’à 2030 ancre cette stratégie dans l’UE tout en visant les marchés mondiaux (communiqué Baker Hughes). Dans un paysage européen où la programmation pluriannuelle de l’énergie et les guides publics poussent à la sobriété et aux renouvelables électriques, le groupe américain joue la carte « technologies flexibles » — gaz aujourd’hui, molecules basses carbone demain — avec un empilement de carnets qui pèse davantage gaz-infrastructure que rupture modèle au sens strict du climat.
Verdict WattsElse
Nuovo Pignone est le contrepoint industriel d’un discours « transition » : à Florence, on fabrique la turbine qui peut brûler demain de l’hydrogène — et qui finance aujourd’hui encore massivement la mécanique mondiale du gaz liquéfié. La fracture n’est pas morale : elle est comptable, entre Scope 1–2 maîtrisés et Scope 3 encore trop silencieux pour être innocent.
Sources : investors.bakerhughes.com · bakerhughes.com · investors.bakerhughes.com · bakerhughes.com · bakerhughes.com · investintuscany.com · calabria7.news · bakerhughes.com · jpt.spe.org · connaissancedesenergies.org · t24economia.it · dam.bakerhughes.com · bakerhughes.com · bakerhughes.com · enlit.world · reuters.com · reuters.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
EDM-SA
Le secteur public malien tape dans le thermique pour tenir Bamako et une partie du pays sous tension, pendant que des milliards s’évaporent entre cuves, contrats et comptes.
Voir la ficheNational Power Parks Management Company
Une société étatique gère quelques-unes des centrales les plus médiatisées du pays après une renégociation massive des contrats d’électricité — alors qu’un trou d’assurance de près de dix ans met en jeu des milliards si le pire arrive.
Voir la ficheSLB (ex-Schlumberger)
Entreprise technologique qui fore le futur énergétique… à grands coups de pétrole.
Voir la ficheKjs Ahluwalia group
Famille industrielle très implantée dans l’Odisha, le groupe KJS Ahluwalia incarne une « production électrique » de niche : pas un producteur régional générique, mais de l’électricité captive au service du filière minière puis sidérurgique.
Voir la ficheSETRAM
La SETRAM capte déjà une fréquentation massive autour du tram et se projette vers 35 millions de voyages par an, tout en engageant près de 3 millions d’euros de bus à hydrogène et un contrat pluriannuel avec Lhyfe pour approvisionner la flotte.
Voir la ficheIsrael Electric Corp Ltd
** La compagnie publique qui tient le cœur du système électrique israélien affiche des comptes qui rebondissent, mais sa trajectoire « verte » passe surtout par le gaz — et par un bras de fer sur le prix de celui qu’elle achète à Tamar.
Voir la ficheGading Kencana Sdn Bhd
Pionnier du photovoltaïque outre-Mers, Gading Kencana Sdn Bhd aligne aujourd’hui 123 MW de solaire en exploitation ou en chantier et vise une cotation à Bursa Malaysia au quatrième trimestre 2027 — au moment où des agrégats financiers publics dressent un contraste brutal entre croissance d’actifs et effondrement de la marge opérationnelle sur l’exercice…
Voir la ficheSEACOR Holdings
Le groupe de Fort Lauderdale, retiré de la cote après un rachat par American Industrial Partners d’environ 1 Md$ en 2021, reste l’un des noms incontournables des services pétroliers et logistiques maritimes…
Voir la ficheSynthos Dwory 7
Sur le périmètre polonais de Synthos, « Dwory » n’est pas un slogan : c’est l’ancrage industriel d’une usine‑chimie qui produit aussi de l’électricité et de la chaleur à grande échelle.
Voir la ficheALLICE (Alliance Industrielle pour la Compétitivité et l’Efficacité Énergétique)
Une alliance où industriels et experts se serrent les coudes pour que faire plus avec moins d’énergie devienne enfin rentable… ou presque.
Voir la ficheĐiện Lực Đà Nẵng (EVNCPC)
La nouvelle Công ty Điện lực Đà Nẵng — née le 1ᵉʳ juillet 2025 de la fusion avec Quảng Nam — incarne la consolidation des distributeurs sous la Tổng công ty Điện lực miền Trung (EVNCPC), elle-même bras régional de Vietnam Electricity (EVN).
Voir la ficheOntario Power Generation (OPG)
L’Ontario Power Generation (OPG) n’est pas une « boîte EnR » au sens européen du terme : c’est une société de la Couronne ontarienne qui pilote l’épine dorsale électrique de la province — nucléaire et hydroélectricité en tête — tout en gardant un socle gazier massif et en montant en puissance sur les petits réacteurs modulaires.
Voir la ficheIstad
** Ce n’est pas une start-up nordique : Istad est un groupe d’infrastructure norvégien, ancré à Molde, qui tire une partie de sa légitimité du réseau électrique local et de la fibre — et qui parie une part de son avenir sur l’hydro à très grande échelle, aux côtés de TrønderEnergi.
Voir la ficheSociété Ivoirienne de Raffinage (SIR)
La Société ivoirienne de raffinage (SIR) affiche des comptes 2024 tonitruants tout en avouant sa dépendance à un « marché captif » et à des « mesures institutionnelles ».
Voir la ficheEndress+Hauser Group
Spécialiste en techno de mesure industrielle, Endress+Hauser joue l’équilibriste entre précision suisse et ambitions carbone-friendly.
Voir la ficheEngro Energy
Pacte de cession thermique explosé à 400 millions de dollars, reprise comptable de dizaines de milliards de roupies, mine de lignite qui alimente 660 MW : en 2025, la filiale énergie du conglomérat Engro reste rivée aux actifs les plus carbones du pays.
Voir la ficheCNCF CFR SA
L’État roumain injecte des milliards dans l’électrification du réseau, mais le cœur énergétique du rail — la traction — concentre en 2026 les frictions de gouvernance et une enquête pour abus de position dominante.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Sông Tranh 3
Centrale modeste sur le papier, dossier lourd sur le terrain : au Quảng Nam, la Công ty CP Thủy điện Sông Tranh 3 incarne l’hydraulique « vert » dans le giron d’un groupe pétrogazier, pendant que des ménages dénoncent encore l’opacité des indemnisations riveraines.
Voir la ficheBankers Petroleum
Un champ qui nournit le budget, des livres fiscaux contestés, des postes lourdement syndiqués, et un État qui serre l’étau : Bankers Petroleum incarne, au sud de l’Adriatique, la collision entre rente fossile et gouvernance.
Voir la ficheNareva Holding
Premier acteur privé de l’éolien en Afrique sur le papier, Nareva reste aussi arrimé à une centrale charbon géante.
Voir la ficheTRANSNET
Le fer, le charbon, le bitume des ports et le métal volé : Transnet est l’artère logistique de l’économie sud-africaine, mais aussi le récit d’une dépendance d’État et d’une transition qui avance à deux vitesses.
Voir la fichePower piping welding inspection
Ce n’est pas une « startup climat » : c’est la charpente invisible des centrales — vapeur, gaz, conversion d’actifs — et les températures qui forgent le métier.
Voir la ficheWINPOWER
Ingénieriste lusophone avec plus de trois décennies sur les chantiers, WinPower S.A.
Voir la fiche