OGK-6
À Moscou, en 2005–2011, elle portait encore un badge d’entreprise autonome.
À propos de OGK-6
1. Modèle économique
Née du démantèlement vertical de RAO UES, l’anciennement « Sixth Wholesale Power Market Generating Company » était une société de production thermique : vente d’électricité et de vapeur industrielle urbaine aux réseaux d’ensemble. Son portefeuille regroupait notamment plusieurs GRES représentant, au milieu des années 2000, quelque 9 GW environ de capacité électrique — Novocherkasskaïa, Kirišskaïa, Riazenskaïa, Tcherepovetskaïa, entre autres (Interfax). À la différence du « Pétrole & Gaz » en amont fossile, le cœur d’OGK‑6 était l’aval : achat massivement de gaz et charbon comme combustible. Depuis novembre 2011, la personne morale a disparu dans OGK‑2 ; juridiquement, le repère continu est désormais la holding PJSC OGK‑2, contrôlée par Gazprom Energoholding (filiale de Gazprom). Sur ce périmètre élargi, les comptes RAS 2023 publiés par OGK‑2 font état d’un chiffre d’affaires d’environ 164,7 milliards de roubles et d’un résultat net d’environ 9,9 milliards de roubles pour l’exercice 2023 (comptes annuels 2023, avec EBITDA d’environ 35,2 mds RUB, en baisse par rapport au flux 2022). La rémunération des investisseurs repose encore sur une architecture de marché de gros russe, complétée au fil des années par des mécanismes de capacité rémunérées (« CSA ») documentés dans le rapport d’entreprise** (4,17 GW livrée dans ce cadre).
2. Impact réel
Le dénominateur physique n’a pas changé après la fusion : émissions de CO₂ liées aux centrales à combustion, part charbon forte là où elle subsiste (Novotcherkasskaïa liste au charbon, Groznenskaïa également) et dominance du gaz naturel ailleurs (ex. Surgutskaïa GRES‑1). Ces choix correspondent à une logique nationale de stabilité du réseau et à des coûts de combustibles verrouillés par des contrats oligopolistes — peu comparables aux objectifs européens de PPE3 ou aux benchmarks ADEME : ils ne s’imposent pas à la Russie hors schémas de coopération ponctuelle, et aucune série publique retrouvée ici pour l’isolat historique « OGK‑6 », dissous sous OGK‑2, ne permet d’allouer précisément un inventaire gaz à effet de serre à ce label juridique fini. À la place : un impact climat agrégé très élevé, par nature, pour tout parc quasi exclusivement thermique et fossile, sans compensation EnR mise en avant comme pilier métier dans les extraits officiels utilisés ci‑dessus.
3. Innovations / partenariats
Pour OGK‑2 — héritière directe du métabolisme « sixième OGK » — le discours d’entreprise passe par la modernisation d’alliages gaz‑charbon « propres » sous programmes nationaux russes, déjà esquissés depuis la fin des années 2010. Les dossiers communiqués en 2024 parlent encore de rotations de turbines sur des unités anciennement sous l’empreinte géographique d’OGK‑6 (exemples projetés : Novotcherkasskaïa, cadres industriels russes après déconnexion prolongée avec les fabricants européens). Aucun partenariat occidental vérifiable de l’ére OGK‑6 n’a été documenté dans les sources consultées pour cette fiche ; l’innovation est donc endogène (cycle combiné, optimisation des chaudières) plutôt que « green tech » exportable.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant le slogan marketing qu’une double dérive opérationnelle et politique. D’abord, baisse du ton machine : en 2025, la production d’électricité recule de 3 % et la facture thermique de 5 % sur le périmètre OGK‑2 — qui intègre les actifs ex‑OGK‑6 — selon un dépêche qui cite le communiqué interne du groupe (baisse de génération 2025). Ensuite, contradiction comptable : en 2023, malgré un chiffre d’affaires en hausse d’après les RAS, le résultat net plonge d’environ 18 % en glissement annuel (comptes 2023) — signal de pression sur les marges au moment où l’on promet efficacité et « transition lente » vers moins de charbon dans les rapports PDF antérieurs du groupe. Enfin, exposition Gazprom : contrôle majoritaire documenté chez le repreneur (AGM), donc visibilité sanctions et interruption de chaînes d’approvisionnement en turbines — sujet politique et industriel, non une allégation judiciaire libre ici — qui retarde certaines options de modernisation annoncées.
5. Positionnement stratégique
2011 referme le livre juridique d’OGK‑6 (fusion enregistrée), mais le chapitre industriel continue dans un OGK‑2 qui assume le rôle de pilier thermique du champ électrique Gazprom. Le pari affiché est celui d’une survie par le gigawatt et le CSA à l’horizon 2020s, dans un pays où la décarbonation est surtout relative (moins de charbon relatif, pas de sortie du fossile). Signe matériel récent : 55,7 TWh produits en 2025 avec la baisse citée plus haut (AGM) — l’inverse d’une expansion « verte ».
Verdict WattsElse
OGK‑6, c’est le fantôme d’une centralisation industrielle russe : son nom sonne encore « pétrole & gaz » parce que Gazprom tient les manettes, mais le corps social produit du courant dans des fours à charbon et des turbines gaz. Dans un monde qui compte déjà ses degrés, elle n’a plus d’existence balance sheet — seulement chaleur résiduelle et combustion — et c’est précisément ce décalage qui en fait une épave utile pour lire le thermique fossile post‑2011.
Sources : interfax.com · akm.ru · ogk2.ru · ogk2.ru · ogk2.ru · ecologie.gouv.fr · ademe.fr
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