Oil and Natural Gas Corporation
Oil and Natural Gas Corporation (ONGC, Oil and Natural Gas Corporation Limited), « Maharatna » indienne cotée, vit surtout du pétrole et du gaz — et des raffinages/filiales — mais investit des sommes très visibles dans les renouvelables.
À propos de Oil and Natural Gas Corporation
1. Modèle économique
ONGC est avant tout un géant d’exploration-production onshore/offshore en Inde, avec une dimension internationale via ONGC Videsh et une exposition aval (notamment HPCL, MRPL, OPaL) à la raffinerie et la pétrochimie. Pour l’exercice clos en mars 2025 (FY25), la société a rapporté un chiffre d’affaires consolidé d’environ 6,63 lakh crore ₹ (+1,5 %), pour un bénéfice net consolidé de 38 329 crore ₹ en repli de 30,7 % ; le bénéfice standalone a atteint 35 610 crore ₹ selon les synthèses de presse reprenant le dépôt aux places boursières. La production standalone de brut s’est établie à 18,558 Mt (+0,9 %), le gaz à 19,654 Gm³ en léger recul ; l’entreprise revendique le forage de 578 puits au cours de l’exercice. Le capex déclaré pour FY25 avoisine 62 000 crore ₹, dont des lignes très lourdes pour OPaL et une enveloppe dédiée à ONGC Green pour des acquisitions d’actifs renouvelables. Côté ressources humaines, les effectifs permanents publiés dans les déclarations de durabilité déposées en Bourse se situent autour de 24 000–25 000 salariés directs (hors périmètre consolidé élargi des filiales), ce qui confirme l’échelle d’une compagnie nationale stratégique plutôt qu’un simple opérateur de niche.
2. Impact réel
L’empreinte climatique d’ONGC reste dominée par les hydrocarbures produits et consommés dans ses opérations. L’entreprise communique sur un inventaire d’émissions Scope 1 et 2 et une intensité carbonée exprimée par rapport au volume d’hydrocarbures équivalent pétrole ; dans les bundles de durabilité FY25 disponibles sur les portails d’archives boursières, l’ordre de grandeur cité dans la veille de place se situe autour de 9,5 MtCO2e pour Scope 1&2 et ~0,242 MtCO2e/MMTOEG d’intensité — chiffres à lire comme auto-déclarés, soumis au périmètre comptable indien. Sur le volet « bas-carbone », ONGC met en avant ONGC Green et des ajouts de capacité renouvelable (l’actualité FY25 cite par exemple +2,345 GW ajoutés via la filiale verte), ce qui reste modeste en proportion du flux énergétique vendu tant la base reste fossile. Pour un lecteur européen, le Programmation pluriannuelle de l’énergie ou les fiches ADEME ne cadrant pas directement un opérateur indien, l’usage est surtout comparatif : ONGC illustre la pression concurrentielle et les achats d’actifs EnR des NOC, pas un alignement réglementaire UE.
3. Innovations / partenariats
Le volet « transition » s’appuie sur une feuille de route de décarbonation publiée en 2024, avec un enveloppe financière annoncée à 2 lakh crore ₹ (ordre de 24 Md$ dans les synthèses d’investisseurs) pour tendre vers la neutralité opérationnelle à l’horizon 2038, et sur des opérations de M&A EnR (prises dans PTC Energy / Ayana via ONGC Green) financées par des centaines de milliards de roupies de capex dédiées, telles que rapportées dans la presse économique indienne. Sur le méthane, un accord avec TotalEnergies pour la campagne de mesure AUSEA traduit une tentative de cap sur la fuite de gaz compatible avec les attendus des bailleurs et du climat d’investissement. Des annonces de partenariats (hydrogène vert, stockage batterie) complètent le tableau institutionnel attendu d’un groupe étatique qui doit montrer des signaux technologiques tout en sécurisant l’approvisionnement.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier pièce maîtresse tient au cadre du « Net Zero » : la cible à 2038 porte explicitement sur les émissions opérationnelles Scope 1 et 2, ce qui laisse hors objectif la partie Scope 3 — pourtant massive pour tout producteur d’hydrocarbures — comme le résument la feuille de route officielle et le commentaire Climate Action 100+. Deuxièmement, le déséquilibre d’investissement reste mesurable : sur FY25, sur un capex total d’environ 62 000 crore ₹, la ligne ONGC Green n’absorbe que 4 600 crore ₹ face à des milliards pour la sphère pétrochimique (OPaL) et, au-delà, un programme E&P toujours historique, ce qui relativise le narratif « banque verte » (The Hindu BusinessLine). Enfin, le risque réputationnel et juridique local n’est pas théorique : le National Green Tribunal a infligé en juillet 2025 une sanction d’environ 1 crore ₹ pour violations environnementales répétées dans le bassin Krishna-Godavari (The New Indian Express), et au printemps 2026 la presse d’affaires et un dépôt d’information en Bourse relatent un ordre d’arrêt de production visant le puits Mori#05 après blowout et incendie en Andhra Pradesh (TipRanks, The Hindu).
5. Positionnement stratégique
ONGC capitalise sur le gaz (dont les revenus « New Well Gas » ont soutenu la rentabilité récente) tout en conservant une politique de dividendes très visible pour l’État actionnaire, comme en témoigne le bond de 23 % du bénéfice net consolidé au troisième trimestre FY26 à 11 946 crore ₹ (CNBC TV18). Le groupe cherche un double rendement : sécuriser les réserves et les volumes par un capex forage record, tout en empilant les gigawatts côté renouvelables pour lisser le discours climatique et l’accès aux marchés de capitaux. Dans un monde où l’Inde monte en puissance comme atelier énergétique, ONGC reste un levier souverain — avec la contrepartie d’un contrôle environnemental qui se durcit sur le terrain.
Verdict WattsElse
ONGC incarne le réalisme brut des compagnies nationales : des GW verts sur la brochure, des Md$ sous les sondes, et des juges environnementaux qui taxent les écarts quand les STP et les permis ne suivent pas. Pétro-industrialiser le présent tout en disclaimant le Scope 3, c’est une stratégie — pas une neutralité.
Sources : ongcindia.com · climateaction100.org · thehindubusinessline.com · newindianexpress.com · tipranks.com · thehindu.com · cnbctv18.com
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