SPS Skhira Power Solar
La dénomination « SPS Skhira Power Solar » peine à apparaître telle quelle dans les bases « corporate » accessibles ; en revanche, le terrain parle : à Skhira (Sfax), une centrale pilote d’environ 1 MWc, 2 500 panneaux et 2 hectares, inaugurée en avril 2023, a été mise en avant comme une réalisation « 100 % tunisienne** ».
À propos de SPS Skhira Power Solar
1. Modèle économique
Selon les éléments disponibles dans la presse spécialisée, l’actif décrit est un parc photovoltaïque de très petite taille (≈ 1 MWc), dimensionné comme démonstrateur / pilote plutôt que comme centrale de marché de masse (première centrale PV « 100 % tunisienne » à Skhira). La chaîne de valeur est classique pour ce segment en Tunisie : production d’électricité solaire avec débouché vers le réseau et/ou schémas de production pour autoproducteurs industriels, dans un cadre où la STEG demeure la colonne vertébrale du système (acheteur, tarifs, sécurité du réseau). Chiffre d’affaires, prix du contrat, structure juridique exacte et effectifs ne sont pas retrouvés dans les sources ouvertes sous la mention « SPS Skhira Power Solar » : il serait donc fallacieux d’inventer un P&L — la lecture économique doit rester qualitative : petite capacité, forte valeur signal / savoir-faire local, exposition au risque de contrepartie public lorsque les flux financiers dépendent de l’équilibre du système électrique tunisien (difficultés financières de la STEG et projets à Skhira).
2. Impact réel
À l’échelle nationale, ce 1 MWc est minuscule face aux enveloppes annoncées pour les prochains milliers de mégawatts renouvelables — la Tunisie vise 35 % d’électricité renouvelable d’ici 2030, objectif rappelé dans le débat public récent (Business News Tunisie) et porté par les lignes directrices ministérielles (stratégie EnR). Production annuelle et bilan carbone du seul site Skhira ne sont pas publiés dans les articles identifiés ; ordre de grandeur sectoriel : un 1 MWc au climat tunisien représente typiquement ~1,5–2 GWh/an (facteur de charge photovoltaïque courant), soit une contribution modeste mais non nulle à la diversification du mix et à la réduction marginale des brûlages gaz pour le même besoin énergétique — à proportion de ce que la Tunisie espère obtenir du programme de 500 MW annoncé pour 2027, chiffré à environ 1 100 GWh/an dans les annonces de mars 2025 (pv magazine).
3. Innovations / partenariats
Le « différenciant » médiatisé n’est pas une rupture technologique mondiale — 2 500 modules sur 2 ha — mais une story industrielle : réalisation présentée comme entièrement portée par des compétences tunisiennes, ce qui compte dans un pays qui cherche à monter en cadence sur la chaîne PV (compte rendu d’inauguration). Côté écosystème, les grands accords récents sur le solaire tunisien concernent surtout des internationaux (typologies « multi-centaines de MW » évoquées lors des signatures de mars 2025 : voir l’encadré marché et la synthèse économique maghrébine) ; aucun partenariat nommé ne relie explicitement le petit actif de Skhira à ces méga-contrats dans les sources consultées.
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise — confusion de nom et de filière au même toponyme : à Skhira circulent aussi des dossiers thermiques gaz de très grande taille (ordre 450–480 MW, cycle combiné), portés dans la logique PPP (fiche projet IGPPP), distincts du pilote solaire ; les bases citoyennes du secteur énergétique recensent d’ailleurs un projet « Skhira » thermique comme « shelved » (Global Energy Monitor). Second indicateur chiffré — dépendance au gaz malgré l’accélération PV : en mars 2025, les annonces sur 500 MW de solaire évoquent une économie de l’ordre de 250 000 tonnes de gaz naturel par an (cadre programme national, pas attribuable mécaniquement au seul MW de Skhira) (article deplace Tuniscope sur les accords solaires). Ce double décryptage évite le greenwashing par amalgame : une marque « solaire » sur une carte ne neutralise pas la pression gaz structurelle ni les tensions sur la STEG, documentées dans la presse professionnelle nord-africaine (STEG et projets à Skhira).
5. Positionnement stratégique
Pour une entreprise ou un actif situé à Skhira dans les EnR, l’enjeu stratégique n’est pas la taille brute mais la crédibilité dans une accélération nationale : 1,2 milliard de dinars d’investissements annoncés sur le volet photovoltaïque lors du volet médiatisé de mars 2025 (La Presse de Tunisie), montée vers 35 % EnR en 2030 (Business News Tunisie). Le site de Skhira devient ainsi un symbole — vitrine locale — dans une course où la liquidité de l’acheteur unique, la planification réseau et la concurrence des développeurs internationaux décideront si les marges restent au pilote ou migrent vers les giants du dernier appel d’offres.
Verdict WattsElse
Skhira illustre la fracture tunisienne de la transition : un mégawatt qui fait headline alors que le gigantisme gaz et les tensions STEG règlent encore la musique du système — et tant que l’identité « SPS Skhira Power Solar » ne sera pas clarifiée dans des documents officiels vérifiables, la prudence journalistique commande de parler du projet observable, pas d’une fiche comptable fantôme.
Sources : en.africanmanager.com · africaintelligence.com · businessnews.com.tn · energiemines.gov.tn · pv-magazine.com · leconomistemaghrebin.com · igppp.tn · gem.wiki · tuniscope.com · lapresse.tn
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