oilfield service company
Le géant ex-Schlumberger ne vend plus seulement des foreuses : il promet de « décarboner le baril » et de livrer des data centers modulaires.
À propos de oilfield service company
1. Modèle économique
SLB est l’exemple le plus documenté de parapétrolier : forage, intégrité des réservoirs, systèmes de production, offres numériques, avec une emprise mondiale. Le communiqué de résultats 2025 affiche 35,71 Md$ de chiffre d’affaires (−2 % sur un an) et 4,11 Md$ de free cash flow ; le groupe a renvoyé 4 Md$ aux actionnaires et affirme viser plus de 4 Md$ de retour en 2026. L’acquisition de ChampionX (chimie de production, lift, proche du client en phase d’exploitation), bouclée au troisième trimestre 2025, a apporté 1,46 Md$ de revenu additionnel en 2025 sur ce périmètre, selon le même communiqué. Hors rachat, le CA annuel recule de 6 % : l’amont pétrolier reste le baromètre. Le segment *Well Construction* plie sous la baisse d’activité, tandis que *Data Center Solutions* (fabrication de modules pour hyperscalers) explose de 121 % en un an et que le digital affiche un ARR dépassant le millard de dollars en fin 2025.
2. Impact réel
Sur le climat, le groupe met en avant une réduction absolue d’environ 40 % des émissions de Scopes 1 et 2 par rapport à 2019, et 27 % sur le Scope 3 par rapport à la même base — tout en rappelant que le Scope 3 pèse près de 95 % du total. La part d’électricité renouvelable sur les sites atteint 41 % en 2025 chez l’opérateur ; côté « produits », l’entreprise prétend avoir évité plus de 1,35 million de tonnes d’équivalent CO₂ pour les clients en 2025 grâce à un portefeuille baptisé *Transition Technologies* et à des leviers numériques. Pour cadrer ce que signifie « une tonne évitée » dans l’espace pétrolier, on peut croiser la lecture institutionnelle PPE 3 et l’analyse PPE3 (trajectoires nationales) avec les grilles de la Base Carbone : elles aident à comparer l’intensité carbone d’équipements, sans blanchir l’enjeu d’engranger encore du pétrole.
3. Innovations / partenariats
Le rapport de durabilité 2025 met en scène l’usine Capturi en Norvège (séquestration de l’ordre de 400 kt CO₂/an près d’une cimenterie), le suivi de fuites de méthane en Thaïlande par caméra lidar, et un volet géothermie avec Ormat sur des designs de systèmes. Côté gouvernance de l’info carbone, un travail d’audit PwC a couvert 2024 ; c’est un verrou de crédibilité, pas une innocentation climat. La poussée des Data Center Solutions illustre la dérive compétitive vers l’infrastructure d’intelligence artificielle et l’électrification massive — un marché qui n’efface pas l’exposition pétro-volatile.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, le « baril moins carboné » reste un baril : l’industrie pétrolière n’est pas reconfigurée par la chimie d’injection, même haute performance. Ensuite, la directive 2024/825 cible le flou des allégations environnementales côté consommation, mais elle nournit une lecture normative : les mêmes exigences de clarté gagnent les investisseurs ESG, qui scrutent l’adéquation des libellés « transition ». Enfin, toute recomposition du périmètre d’inventaire (ex. midstream géré pour compte de tiers) risque d’améliorer le bilan publié sans que la physique globale s’y plie, ce qui alimente le soupçon de gonflage d’amélioration. La dualité n’est pas théorique : Olivier Le Peuch juge 2025 « difficile » (prix, guerre des volumes, Géopolitique), tout en vendant l’amélioration de l’amont l’année d’après : le narratif tient, les flux du secteur, eux, bougent moins vite que le discours.
5. Positionnement stratégique
L’engagement Net Zéro 2050 sur les trois scopes, revendiqué côté investisseurs, sert d’arche de crédit aux financements, mais il cohabite avec un modèle de rente actionnariale agressive (4 Md$+ par an annoncé). D’un point de vue de chaîne d’offres, l’enjeu n’est plus seulement le brut : c’est l’électricité propre pour fabriquer des modules IA et du CCUS, dans un monde où l’Europe cadenasse les forages via politiques carbone, et les pays du Golfe serrer la vis sur le rythme. SLB tente d’y répondre par verticalisation (*Production Systems* + ChampionX) et par l’*edge computing* pétrolier, pas par une renonciation au cœur fossile.
Verdict WattsElse
SLB est devenu un fonds mixte pétro–IA–électrique : généreux en cash, loquace en RSE, toujours accroché à la fosse. La mesure n’est plus « croît-il le vert ? » mais « à quel prix d’honnêteté comptable et géopolitique le secteur des services pétroliers entretient-il l’illusion d’une transition sans sortie du pétrole ? ».
Sources : connaissancedesenergies.org · investorcenter.slb.com · everyticker.com · slb.com · slb.com · itiger.com · economie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · base-empreinte.ademe.fr · slb.com · connaissancedesenergies.org · eur-lex.europa.eu · investorcenter.slb.com
Données clés
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