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Orus Energy

Orus Energy vend une promesse très française: faire respirer le réseau électrique sans construire une seule turbine de pointe.

Le logiciel qui monétise les pointes évitées du tertiaire

À propos de Orus Energy

1. Modèle économique

Créée en 2023, Orus Energy est une SAS basée à Paris, officiellement classée en “programmation informatique” dans les données publiques de l’Annuaire des Entreprises. Son modèle est limpide: connecter les GTB existantes, agréger la flexibilité de consommation des sites et se rémunérer sur les marchés de l’électricité, en reversant “la majeure partie des gains” aux clients, comme l’explique la société sur son site corporate et dans son annonce de levée.

La société a levé 2,2 millions d’euros en juillet 2024 auprès de b2venture, Asterion Ventures et Ring Capital, avec des business angels du secteur. Orus revendique plus d’1 million de m² pilotés, des clients comme IKEA et La Poste Immobilier, ainsi qu’une équipe passée de 5 personnes en 2024 avec un objectif de 20 salariés fin 2025 selon b2venture. En revanche, aucun chiffre d’affaires public exploitable n’a été trouvé, et aucun rapport investisseur détaillé n’est accessible à ce stade. Les comptes ne sont pas librement consultables sur la base publique de Societe.com.

2. Impact réel

L’intérêt climatique d’Orus n’est pas de “faire consommer moins” en volume, mais de faire consommer au meilleur moment. C’est cohérent avec la doctrine de RTE: avec la montée du solaire et de l’éolien, l’enjeu est de déplacer la demande vers les heures où l’électricité est la plus abondante et la moins carbonée, plutôt que de concentrer les usages sur les pointes du matin et surtout du soir.

Le terrain confirme qu’il y a un vrai gisement. Selon RTE, les bâtiments tertiaires ont réduit en moyenne leur consommation de 7% aux heures de pointe dans CUBE Flex 2023-2024, et jusqu’à 20% lors d’alertes EcoWatt rouges. L’ADEME documente de son côté les bénéfices énergétiques et environnementaux de cette flexibilité dans les bureaux, commerces, santé, enseignement ou entrepôts frigorifiques. Chez IKEA Villiers, Orus avance un premier cas concret: 300 kW de puissance flexible, environ dix activations sur un hiver, 1,2 tonne de CO2 évitée et 18 000 euros de rémunération, selon le retour d’expérience publié par l’entreprise. C’est intéressant, mais encore modeste à l’échelle du système.

3. Innovations / partenariats

L’innovation d’Orus est moins dans un hardware propriétaire que dans l’orchestration logicielle: prédiction des usages, pilotage de l’inertie thermique, interfaçage avec les systèmes existants, puis valorisation sur les marchés. C’est une brique de “grid edge software” plus qu’une révolution industrielle.

La startup a tout de même signé quelques marqueurs solides. IKEA a étendu la solution à plus de 40 sites en France via son déploiement national. La Poste Immobilier figure parmi les références citées sur le site d’Orus. Surtout, l’entreprise fait partie des lauréats du programme TechSprint de la Caisse des Dépôts, aux côtés de La Poste Immobilier, Think Smartgrids, Orange Business et Polytechnique.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque de greenwashing existe dès qu’une entreprise présente la flexibilité comme une décarbonation quasi automatique. En réalité, déplacer une charge ne vaut réduction d’émissions que si le signal réseau et le pilotage sont pertinents, ce que rappelle l’ADEME. Autrement dit: mal pilotée, la flexibilité peut devenir un simple arbitrage tarifaire habillé en vertu climatique.

Deuxième zone grise: Orus promet jusqu’à 30% de consommation déplacée sur son site, alors que les retours sectoriels observés par RTE tournent plutôt autour de 7% en moyenne aux heures de pointe. La borne haute n’est donc pas impossible, mais elle ne peut pas être lue comme une performance standard. Enfin, l’entreprise ne publie ni rapport RSE, ni document CSRD, ni données consolidées de performance carbone à date: pour une société qui vend un impact système, l’angle mort de transparence reste notable.

5. Positionnement stratégique

Orus est bien placée sur une lame de fond réglementaire et économique. Le décret BACS pousse les bâtiments tertiaires à s’équiper d’ici 2027, et RTE vise 100 000 bâtiments équipés en 2030 pour dégager jusqu’à 2,5 GW de modulation quotidienne. Dans le même temps, Connaissance des Énergies souligne l’écart croissant entre prix du soir et prix de milieu de journée: la flexibilité devient un sujet de business, plus seulement de sobriété.

Le pari d’Orus est donc juste, mais exposé: il faut industrialiser vite avant que les grands agrégateurs, énergéticiens ou gestionnaires techniques du bâtiment ne captent eux-mêmes cette valeur.

Verdict WattsElse

Orus Energy n’est pas un producteur d’énergie: c’est un courtier intelligent de kilowatts évités au mauvais moment. La promesse est crédible, la traction existe, mais l’entreprise devra maintenant prouver une chose décisive: que sa flexibilité fait plus qu’un joli slide sur la décarbonation.

Sources : annuaire-entreprises.data.gouv.fr · orus-energy.com · orus-energy.com · b2venture.vc · asterionventures.com · ringcp.com · orus-energy.com · societe.com · rte-france.com · rte-france.com · librairie.ademe.fr · innoverpourlatransitionecologique.fr · rte-france.com · connaissancedesenergies.org

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