Almaty Power Stations
On vous demande d’y voir des « énergies renouvelables » : en réalité, l’opérateur historique des centrales d’Almaty, qui porte parfois l’anglais Almaty Power Stations, est d’abord un géant du couple électricité–chaleur, aujourd’hui pris en étau entre hydroélectricité (ailleurs classée EnR), thermique charbonnière historique et verrouillages gaziers financés…
À propos de Almaty Power Stations
1. Modèle économique
L’entité visée par ce profil est bien JSC Almaty Electric Power Stations (AlES / АлЭС) — libellé commercial proche de *Almaty Power Stations* — implantée au Kazakhstan, autour d’Almaty : structuration en huit divisions de production (thermique + hydro, avec trois grandes centrales chauffage–électricité). La société revendique environ 70 % de la couverture électrique et thermique de la ville et de la région, sur une puissance installée totale de 1 230 MW, dont près de 411 MW d’hydroélectricité. L’effectif est donné à 3 227 salariés, la société étant contrôlée à 100 % par le groupe Samruk-Energy. Les revenus d’AlES ne sont pas ventilés dans les extraits consultés comme le chiffre d’affaires consolidé du groupe Samruk-Energy (573,5 milliards de KZT de ventes brutes en 2024 selon le rapport annuel), ce qui fixe le cadre financier sans personnaliser le compte d’exploitation local.
2. Impact réel
Côté climat et pollution atmosphérique locale, l’argument public majeur est la conversion des grosses centrales charbon vers le gaz à cycle combiné. L’AFD internationale résume un objectif d’environ 1,5× moins de CO₂ qu’avec le charbon pour le projet CHP-2 — un gain réel mais modeste à l’échelle carbone globale, loin d’une trajectoire « zéro émission ». En parallèle, AlES annonce une baisse marquée des émissions de polluants réglementés après modernisation : sur CHP-2, un document d’homologation indique un passage de 37 100 t/an à 2 700 t/an une fois les nouveaux équipements en service — soit un ordre de magnitude qu’on lit rarement dans la presse généraliste. Sur la composante « renouvelable » du mix, le groupe revendique environ un tiers de capacité hydro (411 MW sur 1 230 MW) ; pour contextualiser sans chiffre inventé, la centrale de Kapshagay est un socle classique du parc — le Global Energy Monitor en restitue les ordres de grandeur publics (364 MW installés, production annuelle typique autour du TWh). Les cadres français de type PPE3 ou les fiches pédagogiques type Connaissance des énergies sur le charbon ne régissent évidemment pas AlES, mais rappellent au lecteur européen combien un simple « charbon → gaz » reste fossile même quand la pollution locale chute.
3. Innovations / partenariats
Le faisceau de financements est le cœur du « tech transfer » visible de l’extérieur : prêt ADB (ordre de 98 milliards de KZT annoncés dans le communiqué), facilité avec l’EBRD et syndication bancaire, garantie corporate de Samruk-Kazyna (détail sur le montage CHP-2). Pour l’ingénierie, AlES a sélectionné un consortium chinois (Power China, Dongfang Electric, etc.) pour la tranche gaz de CHP-2, détaillé côté entreprise (communiqué AlES) et confirmé par la presse kazakhe (Vlast.kz). Sur CHP-3, le groupe public évoque une nouvelle centrale gaz 544 MW et un contrat EPC avec Ansaldo Energia (point d’étape novembre 2024). Enfin, le pouvoir met en avant des systèmes de monitoring automatisé des émissions sur les sites AlES (conseil économie verte, 2024) — utile pour la transparence, mais ce n’est pas encore la preuve d’une baisse sanitaire immédiate dans l’air respiré.
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise chiffrée : le coût du projet CHP-2 est passé, selon le même dossier d’homologation kazakh, de 325,9 milliards de KZT (contrat EPC du 31 mai 2023) à 388,9 milliards de KZT (avis favorable au 3 octobre 2024) — soit +19 % en dix-sept mois pour un projet présenté comme « cleantech » disciplinée (document AlES / PQS 2.0). Deuxième tension : le discours international sur la « décarbonation » masque un lock-in gazier de plusieurs décennies ; l’ADB lui-même encadre un gain CO₂ d’environ facteur 1,5 par rapport au charbon (communiqué ADB), ce qui est cohérent avec l’ordre de grandeur charbon/gaz rappelé par des fiches générales comme Connaissance des énergies, mais loin d’une stratégie 100 % EnR. Troisième tension, sanitaire et citoyenne : Almaty reste une métropole où la moyenne annuelle PM2,5 dépasse largement les guides OMS — l’Air Alliance Internationale, sur données 2024, rapporte des moyennes autour de 4,8–5× la recommandation OMS, avec pics hivernaux extrêmes (rapport qualité de l’air 2024) : tant que le charbon brûle à grande échelle, l’argument « transition » heurte le quotidien des poumons.
5. Positionnement stratégique
AlES n’est pas une start-up EnR : c’est l’infrastructure critique d’une capitale régionale sous tension hivernale, désormais embarquée dans un plan national de mise à niveau électrique (ordre de 11,5 milliards de dollars sur le secteur évoqué en 2025 par Astana Times, avec Almaty pointée comme priorité de décarbonation). Le tableau de bord groupe affiche une production de 39,77 milliards de kWh en 2024 et un EBITDA à 226,2 milliards de KZT (chiffres clés 2024) — l’électricité d’Almaty est au cœur de la solidité de ce bilan. Le calendrier industriel public vise une première mise en service des unités gaz CHP-2 au printemps 2026 (annonces AlES), avec une fenêtre de montée en charge jusqu’à l’hivernage suivant selon la presse (Vlast.kz) — fenêtre politique étroite où tout retard alimente à la fois la facture et la colère sur la qualité de l’air.
Verdict WattsElse
Almaty Power Stations, chez vous, ce n’est pas une étiquette EnR : c’est un opérateur système dont la « couleur verte » tient surtout à l’hydro et aux promesses de gaz — moins de suie demain, encore du fossile après-demain. La phrase qui résume le pari : moderniser vite sans se tromper de siècle climatique.
Sources : ales.kz · ales.kz · samruk-energy.kz · ar2024.samruk-energy.kz · adb.org · ales.kz · gem.wiki · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · samruk-energy.kz · sk.kz · ales.kz · vlast.kz · samruk-energy.kz · primeminister.kz · air.org.kz · astanatimes.com · vlast.kz
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