PARQUES EOLICOS DE BUIO S.L.
Une société sans salarié déclaré peut tout de même afficher près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et un résultat net positif : bienvenue dans la Spanische Vorstellung du véhicule de projet éolien.
À propos de PARQUES EOLICOS DE BUIO S.L.
1. Modèle économique
Selon les données registrales et sectorielles accessibles, Parques Eolicos de Buio S.L. est une société espagnole dont le siège social est à Saint-Jacques-de-Compostelle, avec un objet social centré sur le conseil, le développement et l’exploitation d’installations d’énergies renouvelables, en particulier l’éolien (fiche Informa). Les annuaires d’entreprise décrivent une structure très « maison mère » : présence d’Acciona Desarrollo Corporativo Energía aux fonctions de direction (profil DatosCif), ce qui cadre avec la qualification du parc éponyme Buio comme site où Acciona Energía figure comme exploitant (fiche parc The Wind Power).
Les comptes consolidés au niveau de cette SL isolée dessinent surtout un véhicule patrimonial : pour l’exercice 2024, le classement d’El Economista cite un chiffre d’affaires de 29,65 M€, un EBITDA de 13,94 M€, un résultat net de 4,06 M€ et un actif total d’environ 63,7 M€ au 31/12/2024 (données financières El Economista). Le même profil affiche zéro employé direct en 2024 (DatosCif), signature typique d’un SPV dont la valeur opérationnelle est externalisée dans la chaîne Acciona. Sur la dynamique juridique récente, le BORME a publié les actes de fusion impliquant des sociétés satellites éoliennes absorbées début 2024 (actes registre A Coruña, BORME), dans une logique de simplification du périmètre autour de l’entité porteuse.
2. Impact réel
Le parc Buio est répertorié avec une puissance nominale d’environ 40,3 MW et 31 turbines de technologie Navantia-Siemens d’1,3 MW unitaire (The Wind Power). À cette échelle, l’impact climat « brut » se lit en production d’électricité bas-carbone injectée sur le réseau espagnol ; WattsElse ne dispose pas, pour cette SL précise, d’un bilan carbone ou d’un volume de GWh audités publiés séparément du groupe.
Pour situer le décor européen sans extrapoler à cette société : la France fixe dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) une trajectoire exigeante pour l’éolien terrestre dans un mix où la concurrence des usages du sol et du littoral tend à durcir le coût marginal du nouveau MW ; les chiffres clés EnR du Service des données statistiques rappellent, eux, le fossé encore ouvert entre ambition politique et déploiement mesuré. Parques Eolicos de Buio n’est pas un acteur français, mais son statut d’actif éolien mature en péninsule ibérique s’inscrit dans ce même couple tension/objectifs.
3. Innovations / partenariats
Il ne s’agit pas d’une start-up de rupture technologique : le site Buio repose sur une plateforme d’éoliennes de la fin des années 2000, sans annonce publique récente de repowering ou de retrofit batteries associé à cette SL. L’« innovation » observable est organisationnelle et financière : consolidation du périmètre par voie de fusion (BORME), présence d’un auditeur externe de rang international mentionné dans les flux registres/commerciaux (rapport Axesor), et ancrage dans l’écosystème Acciona Energía sur la partie exploitation (The Wind Power). Les classements sectoriels espagnols ont situé la société dans le peloton de tête des producteurs « purs » éoliens au moment où son CA était encore très élevé en 2023 (classement Economía Digital) — signal de visibilité industrielle plus que de brevet.
4. Greenwashing / zones grises
La première zone grise est comptable et stratégique, pas « verte » au sens marketing : entre 78,26 M€ de CA en 2023 selon un classement sectoriel (Economía Digital) et 29,65 M€ en 2024 selon El Economista (données 2024), la société affiche une chute d’environ 62 % du chiffre d’affaires en un an — sans que les canaux publics consultés détaillent ici mécanisme de cession, reclassement de flux intra-groupe ou effet de périmètre post-fusion. C’est précisément le genre d’écart qui oblige à ne pas confondre rendement énergétique et rendement déclaré dans une SL satellite.
Deuxième tension documentée : dépendance aux mécanismes publics. Les fichiers commerciaux listent la société comme bénéficiaire de soutiens du ministère espagnol de la Transition écologique (MITECO) (Axesor). Ce n’est pas intrinsèquement discutable pour une infrastructure EnR, mais cela fixe un risque de politique industrielle : la valeur économique résiduelle peut bouger quand les règles de prime ou d’accès réseau se resserrent.
Troisième tension : le cadre environnemental galicien durcit. La presse régionale décrit un climat où la Transition écologique rejette ou freine massivement des projets éoliens pour impact environnemental, avec effet bulle sur les grands parcs (article El Correo Gallego). Parques Eolicos de Buio exploite un actif déjà en service, mais l’incertitude plane sur tout nouveau développement voisin ou tout repowering devant repasser par des procédures d’évaluation — sans lien établi dans les sources citées entre ce rejet massif et ce parc précis.
5. Positionnement stratégique
La lecture stratégique est celle d’un actif rentable mais réduit en apparente taille commerciale : malgré la contraction du CA 2024, l’EBITDA reste élevé au regard du chiffre d’affaires publié (El Economista), ce qui suggère une structure de coûts très maîtrisée — ou une comptabilité de transfert intra-groupe qui minimise les risques fiscaux et opérationnels localement. La fusion début 2024 (BORME) va dans le sens d’un rationalisation du bilan avant la tempête réglementaire observée en 2026 sur la Galice (El Correo Gallego).
Pour Acciona, ces véhicules restent des tuiles du mural ibérique de capacité renouvelable ; pour l’observateur, ils sont surtout des boîtes noires financières dont la vertu climatique passe par des turbines vieillissantes et des lignes électriques, pas par des communiqués RSE dédiés à cette SL.
Verdict WattsElse
Parques Eolicos de Buio S.L. joue le rôle d’un relai patrimonial propre dans la galaxie Acciona : électricité réellement bas-carbone sur un socle technique des années 2000, mais image financière volatile et exposition politique croissante dans une Galice où le MITECO desserre la valve des nouvelles puissances. La formule qui résume l’enjeu : *des watts dans le vent, des euros dans les annexes de fusion.*
Sources : informa.es · datoscif.es · thewindpower.net · ranking-empresas.eleconomista.es · boe.es · economie.gouv.fr · statistiques.developpement-durable.gouv.fr · axesor.es · empresas.economiadigital.es · elcorreogallego.es
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
MSD Sharp & Dohme GmbH
La maison mère affiche un bilan climat en net progrès sur ses sites et son électricité ; la filiale allemande joue sa partition locale (mobilité, logistique).
Voir la ficheTotal Tunisie
Filiale pétrolière qui aligne plus de 160 stations-service et s'engage à vous faire rouler... vert (sans pour autant changer de moteur).
Voir la ficheNRG Gladstone Operating Services
** Vous cherchez « NRG Gladstone Operating Services » et le secteur « production électrique » sans pays sur la fiche : il s’agit bien de la filiale australienne qui fait tourner la Gladstone Power Station, dans le Queensland, et non d’un homonyme européen.
Voir la ficheCompañía Doña Inés de Collahuasi SCM
Compañía Minera Doña Inés de Collahuasi — Collahuasi pour tout le monde — est avant tout une mega‑mine de cuivre dans la région de Tarapacá au Chili (profil « Quienes somos »), même si un fichier sectoriel peut la ranger sous « production électrique » : elle achète massivement du courant pour faire tourner broyeurs, flottation et pompage.
Voir la ficheJSW Energy
Producteur d’électricité indépendant entré en hypercroissance, JSW Energy vend du courant, du réseau et, de plus en plus, du stockage et de l’hydrogène.
Voir la ficheGLNG
Le Gladstone LNG (GLNG) n’est pas une société française homonyme : c’est l’un des trois hubs de l’export du GNL depuis le Queensland, sur l’île Curtis, alimenté en gaz de houille et orchestré par des majors qui jouent la carte du « gaz-pont ».
Voir la ficheENEO Côte d'Ivoire
Le puissant distributeur électrique qui pense illuminer la Côte d'Ivoire, mais dont la présence reste un doux mirage médiatique.
Voir la ficheFranco-German Office for the Energy Transition (OFATE)
Bureau franco-allemand qui troque la complexité énergétique contre un échange diplomatique bien huilé, avec une pincée d'événements pour la forme.
Voir la ficheACS/Canepa Green Energy
Ce qui commence comme une histoire de parcs éoliens achetés à ACS finit en roman juridique au siège du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).
Voir la ficheQatar Fuel
Qatar Fuel est la raison sociale boursière de WOQOD : c’est le seul opérateur de distribution de produits pétroliers raffinés au Qatar, d’Hamd Port aux pistes, avec une concession exclusive sur la filière.
Voir la ficheACCIONA EOLICA DE CASTILLA-LA MANCHA SL
Coquille vide juridique ou actif critique ?
Voir la fiche9REN
Le 9REN Group n’est pas le Groupe EREN : le premier est un développeur exploitant d’actifs renouvelables (solaire thermique, photovoltaïque, vent), avec un ancrage public Madrid et des opérations en Europe et au Moyen-Orient ; le second, basé au Luxembourg et très médiatisé en France, poursuit une trajectoire capitalistique et sectorielle différente.
Voir la ficheFotona
Le nom Fotona circule comme une promesse d’énergie propre ; il heurte aussi le bruit du web — lasers médicaux, voisinage orthographique avec des acteurs polonais distincts — tout en recouvrant un groupe familier des chantiers EPC ibéro‑américains.
Voir la ficheCiener
Le nom « Ciener » croise deux réalités institutionnelles distinctes : CI-ENERGIES, société d’État ivoirienne pivot du réseau et de la planification sectorielle, et CIENER SA, filiale espagnole du groupe Iberdrola centrée sur l’hydroélectricité.
Voir la ficheSSAB AB
Sidérurgiste suédois coté à Stockholm, SSAB capitalise sur l’acier haute valeur et la feuille de route « fossil-free », mais le marché européen lui a rogné le chiffre d’affaires en 2025 tandis que le chantier géant de Luleå glisse d’un an — otage des lignes à très haute tension.
Voir la ficheGrupo Aldesa
Le portefeuille solaire et éolien s’élargit, les contrats s’accélèrent après des années de restructuration, mais Aldesa incarne désormais un cas d’école : infrastructures vertes européennes, capitaux quasi exclusivement chinois, et narration climat très « compensation ».
Voir la ficheInoBat Auto
En 2025, la « success story » européenne des batteries a pris des baffes : faillites, reports, dépendance aux équipementiers asiatiques.
Voir la fichePlzenska Energetika As
Le nom « Plzeňská energetika » appelle encore la fumée du lignite au pied de l’usine Škoda.
Voir la ficheAXIA
Le géant brésilien de l’électricité a pris le nom AXIA Energia à l’automne 2025, clôturant symboliquement l’ère « Eletrobras » tout en conservant des dépendances d’État et des procédures qui tiraillent actionnaires, syndicats et investisseurs.
Voir la ficheDioxycle
Start-up franco-américaine née en 2021, Dioxycle veut produire de l’éthylène — la « reine » des matières premières pétrochimiques — à partir d’eau, d’électricité et de monoxyde ou dioxyde de carbone récupérés sur des sites industriels.
Voir la ficheWAGO Contact SA
Connecteurs électriques intelligents qui facilitent l'automatisation, tout en restant scotchés à leur filon industriel.
Voir la ficheGilan Regional Water Authority
La régie hydraulique du Gilan porte sur ses équipements un pays tout entier : barrages, canalisations, pompage, électricité sur le fleuve Sefid-Rud.
Voir la ficheUPM Energy Oy
La filiale énergie du géant finlandais du bois-et-papier opère un modèle de bas-côte : hydro en propre, nucléaire par la grande porte de Pohjolan Voima, et un trading qui vit au rythme des hivers nordiques.
Voir la ficheFVE ČK
FVE ČK n’est pas une « scale-up » européenne mise en scène par une communication corporate : c’est une société tchèque née dans la vague photovoltaïque de 2010, dont l’actif clef — une centrale au pied du curseur des régulateurs — a été au centre de contentieux qui ont fixé la valeur du risque juridique en millions de couronnes.
Voir la fiche