Planète OUI
Planète OUI a longtemps incarné une promesse rare sur le marché français : vendre du vert sans se contenter d’un vernis marketing.
À propos de Planète OUI
1. Modèle économique
Selon les éléments disponibles, Planète OUI a été construit comme un pure player de la fourniture d’électricité renouvelable, puis de biogaz, avec une promesse simple : acheter et valoriser de l’énergie verte française, pour particuliers, pros et collectivités. Les derniers comptes publiquement repérables pour OUI Energy, la société opérant la marque, font état d’un chiffre d’affaires de 46,93 M€ en 2020 et d’une perte nette de 2,54 M€ Infonet ; autrement dit, une croissance réelle, mais un modèle déjà sous tension. Début 2022, au moment du redressement judiciaire, l’entreprise revendiquait 125 000 clients particuliers en électricité, 22 000 en gaz et 10 000 clients professionnels Selectra.
Le choc de marché a été fatal à l’autonomie du modèle : le tribunal valide en février 2022 la reprise par Mint pour 1,5 M€, avec un portefeuille d’environ 120 000 clients résidentiels transféré et 44 salariés lillois conservés côté relation client Fusacq Mint. Aujourd’hui, le site `planete-oui.fr` renvoie en pratique vers l’univers Mint, signe qu’on parle moins d’une entreprise indépendante que d’une marque absorbée dans un ensemble plus large site Mint.
2. Impact réel
Sur le fond, Planète OUI n’était pas un simple distributeur repeint en vert. L’entreprise a été classée en tête, ex aequo avec Enercoop, dans l’édition 2020 du guide Greenpeace, l’ONG soulignant un approvisionnement à 100 % renouvelable et des investissements dans de nouvelles capacités en France Greenpeace via pv magazine Révolution Énergétique. En 2020-2021, la société met aussi en service six centrales solaires de 100 kWc dans les Pays de la Loire, un pas modeste mais concret vers l’intégration amont Révolution Énergétique.
Autre signal intéressant : l’offre locale autour de la centrale de Mézières-lez-Cléry, 5 MWc pour 6 400 MWh/an, avec un prix du kWh annoncé 10 % sous le tarif réglementé hors taxe pour les riverains Révolution Énergétique pv magazine. C’est cohérent avec l’esprit de la PPE3, qui pousse la production locale, l’autoproduction et le pilotage de la demande. En revanche, aucun indicateur public récent de CO2 évité, de capex consolidé ou de trajectoire climat propre à Planète OUI n’a été trouvé.
3. Innovations / partenariats
La valeur ajoutée de Planète OUI s’est jouée dans des montages concrets plutôt que dans la rupture techno. Avec Valorem, la marque a testé une logique de “circuit court de l’énergie” mêlant fourniture locale, autoconsommation et efficacité énergétique. Avec la Roannaise des Énergies Renouvelables, elle a opéré une offre territoriale sur trois ans, limitée à 1 000 points de livraison, avec un synchronisme annoncé de 30 à 50 % entre consommation et production locale.
Planète OUI a aussi lancé un Appel à Initiatives Locales pour accompagner des territoires sur la production renouvelable, l’autoconsommation et la lutte contre la précarité énergétique. Pas de brevet emblématique ni de levée récente repérée : l’innovation est ici commerciale, territoriale et contractuelle.
4. Greenwashing / zones grises
C’est précisément là que le dossier devient intéressant. Planète OUI a probablement été moins “greenwashé” que la moyenne du marché, mais cela ne l’exonère pas des limites structurelles de l’électricité verte vendue au détail. L’ADEME rappelle qu’une offre dite verte peut reposer sur des garanties d’origine dissociées de l’électricité effectivement achetée ; son label VertVolt a été créé pour distinguer les offres réellement liées à des producteurs renouvelables français. Or la marque Planète OUI, absorbée depuis 2022, n’apparaît plus comme offre autonome dans ce nouveau paysage public de labellisation.
Deuxième zone grise : la dépendance au marché de gros. La crise 2021-2022 a montré qu’un fournisseur vert, même sincère, reste vulnérable s’il n’a ni taille critique, ni couverture robuste, ni production suffisante en propre Selectra. Enfin, aucun rapport CSRD ou RSE récent public n’a été trouvé sous le nom de Planète OUI ; le dernier signal ESG visible reste un label Positive Workplace à 67,35/100, utile mais insuffisant pour juger d’une performance extra-financière robuste.
5. Positionnement stratégique
Planète OUI n’est plus vraiment un challenger autonome : c’est désormais un cas d’école sur la difficulté de concilier promesse écologique forte, prix accessibles et résistance financière. Son intuition de départ, relier fourniture, production locale et sobriété, reste pourtant très alignée avec la PPE3 et avec l’évolution du marché vers des offres plus traçables. Le sujet stratégique n’est donc plus “Planète OUI peut-il croître seul ?”, mais “ce que Mint fera, ou non, de cet héritage éditorialement crédible”.
Verdict WattsElse
Planète OUI a eu raison avant beaucoup d’autres sur le fond, puis tort de croire que la vertu énergétique suffisait à encaisser la tempête. Une marque pionnière, oui ; un modèle invulnérable, certainement pas.
Sources : infonet.fr · selectra.info · fusacq.com · mint.eco · planete-oui.fr · pv-magazine.fr · revolution-energetique.com · pv-magazine.fr · ecologie.gouv.fr · environnement-magazine.fr · carenews.com · agirpourlatransition.ademe.fr · linfodurable.fr
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