Qinomic
La Provence envoie une usine en Mayenne, Stellantis au volant des pièces, et l’État au guichet des aides : Qinomic incarne le pari français d’un rétrofit « comme du neuf », à l’heure où le secteur compte des cadavres dans le placard.
À propos de Qinomic
1. Modèle économique
Qinomic conçoit, homologue et commercialise la conversion électrique de VUL thermiques, avec une chaîne de revenus qui combine vente de transformation, véhicules convertis et offre mobilité via sa structure dédiée (site corporate). L’industrialisation s’appuie sur la ligne Gruau à Laval, annoncée pour monter jusqu’à environ 1 000 unités par an au départ, avec une cible de croisière autour de 3 500 véhicules par an en 2028 (Journal de l’Auto, Journal des Entreprises). Le ticket client reste élevé — de l’ordre de 30 000 € avant aides selon la presse spécialisée — mais un empilement de dispositifs (prime, ADEME, CEE, régions) peut ramener le cumul d’aides jusqu’à environ 25 000 € en France (Journal de l’Auto). Côté traction financière, les bases publiques évoquent un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros en 2023 et des levées de plusieurs millions auprès du groupe De Willermin (Journal des Entreprises, CB Insights) ; l’effectif était porté à 50 salariés en février 2025 (Journal des Entreprises). Nous n’avons pas trouvé de rapport d’activité ou de document « investisseurs » public avec un bilan 2024–2025 détaillé et audité : l’agrégation fine du compte d’exploitation récent reste donc à prendre avec prudence hors dépôt légal.
2. Impact réel
Le cœur du discours est circulaire : prolonger la vie des caissons déjà amortis, éviter la fonte d’un véhicule neuf et réduire l’empreinte liée à la fabrication. Qinomic et ses partenaires de flotte mettent en avant une baisse de l’ordre de 56 % des émissions de GES par rapport à l’achat d’un VUL électrique neuf, avec un renvoi aux travaux de référence de l’ADEME via la filière ; côté usage, l’entreprise annonce jusqu’à 330 km d’autonomie sur sa technologie QI-TECH (Qinomic), tandis que la presse professionnelle cite aussi des ordres de grandeur proches de 300 km sur batterie ~75 kWh (L’Argus Pro). L’impact climat « réel » dépend toutefois du mix électrique du pays où le véhicule recharge, du kilométrage réel et du scénario de comparaison (neuf vs occasion, durée de détention) : le gain n’est pas une constante physique affichée sur la carrosserie. Dans le paysage français de la transition des flottes, le rétrofit reste un levier explicitement mis en avant par les acteurs de la filière comme complément aux véhicules neufs (Mobilians), en cohérence avec la logique d’aides publiques recensées côté ADEME Entreprises.
3. Innovations / partenariats
La différenciation technique passe par une plateforme de traction maison (souvent désignée Q-Brain / QI-TECH dans la communication), un parcours d’homologation avec organismes reconnus et, surtout, l’ancrage « pièces d’origine constructeur » via Stellantis et le volet économie circulaire SUSTAINera (L’Argus Pro). Le triptyque Gruau–Qinomic–Stellantis Pro One vise explicitement à passer de l’artisanat à la répétabilité industrielle (Auto-Infos). Côté débouchés, Véhiposte a annoncé un déploiement national pilote avec des utilitaires convertis (communiqué Qinomic), et le réseau Feu Vert est mobilisé sur le diagnostic amont et l’après-vente (L’Argus Pro). Signal fort de 2026 : première homologation internationale en Belgique pour un Jumpy rétrofité (Qinomic), tandis que la feuille de route presse place Renault Trafic / Nissan Primastar après la plateforme Stellantis (Journal de l’Auto).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réputationnel n’est pas le « faux écolo » de façade : les preuves d’usage et l’homologation sont là. En revanche, le risque de dépendance aux subventions est structurel : lorsque l’aide publique peut représenter une part très majoritaire du prix client, une simple réécriture budgétaire suffit à tordre le modèle (Journal de l’Auto). La filière vient de montrer sa fragilité avec des déboires de concurrents (Automobile Propre) : industrialiser un retrofit, ce n’est pas seulement un beau communiqué, c’est de la trésorerie et du savoir-faire sous contrainte réglementaire. Enfin, l’argument « moins de GES qu’un neuf » ne dispense pas de dire que le véhicule reste un objet lourd, gourmand en ressources minérales pour la batterie, et que la compétition des VUL électriques neufs presse l’avantage coût du rétrofit (Journal de l’Auto). Aucun rapport CSRD / bilan carbone consolidé « corporate » de Qinomic n’a été identifié dans nos recherches ; l’entreprise revendique des labels dont LUCIE Progress, ce qui va dans le sens d’une démarche RSE, sans équivaloir à une traçabilité financière carbone de groupe publique.
5. Positionnement stratégique
Qinomic joue la carte du premier de cordée industriel français : capital resserré autour d’un distributeur régional devenu actionnaire de référence (Auto-Infos), usine partenaire à volume maîtrisé, constructeur en amont pour la crédibilité pièces et après-demain pour l’export. L’enjeu 2025–2027 est la montée en cadence « centaines puis milliers » de VUL (Journal des Entreprises, L’Argus Pro) alors que le cadre européen d’homologation reste encore en chantier — ce qui explique l’importance symbolique de la validation belge en 2026 (Qinomic). Dans un marché où les marges se décident aussi à Bercy qu’à l’usine, la stratégie gagnante sera celle qui tient sans aides, ne serait-ce qu’un trimestre.
Verdict WattsElse
Qinomic a compris que le rétrofit ne se vend pas comme une start-up de garage : il se vend comme une ligne de production sous stress fiscal. Le prochain chapitre ne sera pas « plus vert », mais plus résilient — ou pas.
Sources : qinomic.com · journalauto.com · lejournaldesentreprises.com · lejournaldesentreprises.com · cbinsights.com · mobilians.fr · largus.fr · agirpourlatransition.ademe.fr · auto-infos.fr · qinomic.com · qinomic.com · automobile-propre.com · qinomic.com · auto-infos.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Samaraneftegaz
Filiale upstream de Rosneft ancrée dans le bassin de la Volga, Samaraneftegaz incarne le contre-jour européen : prolonger des champs vieillissants tout en multipliant le forage et les programmes « efficacité », alors que les États-Unis la désignent explicitement comme levier du secteur pétrolier russe.
Voir la ficheTokyo Electric Power Company Holdings
Le holding Tokyo Electric Power Company fait vivre Tokyo et une partie du Kantō, mais porte encore l’étiquette de l’accident de Fukushima Daiichi.
Voir la ficheHELLENIC PASSIVE HOUSE INSTITUTE
** Loin du fantasme de la « smart city » vide, l’Hellenic Passive House Institute (ΕΙΠΑΚ) ancre la transition dans l’enveloppe des bâtiments : rénovations profondes, certification PHI, projets européens et pilotes à Athlènes où la technique rencontre la précarité énergétique record.
Voir la ficheFEDA
Le monopole public Forces Elèctriques d’Andorra (FEDA) aligne des résultats à deux chiffres de millions d’euros et une demande en hausse, tout en peinant à débloquer son projet-phare Pic del Maià.
Voir la ficheEkoRE Enerji
En Turquie, EkoRE Enerji vend depuis plus d’une décennie des projets solaires, éoliens et biogaz en mode développement et EPC — et rêve d’industrialiser la chaîne PV en heterojonction.
Voir la ficheHIDROELECTRICA PUCLARO S.A.
Une centrale modeste sous le barrage chilien de Puclaro, à Vicuña, Coquimbo, Hidroeléctrica Puclaro S.A.
Voir la ficheUTAC
UTAC ne vend pas des voitures, mais le droit implicite de les mettre sur la route.
Voir la ficheOnahama Solar LLC
Installée depuis 2014 sur la côte industrielle d’Iwaki (Fukushima, Japon) — alors que votre consigne indiquait seulement « pays : non précisé », l’empreinte japonaise de la société est attestée par ses registres officiels (fiche LEI), Onahama Solar LLC (« 小名浜ソーラー合同会社 », souvent ramenée administrativement sous l’étiquette anglaise LLC) incarne un actif…
Voir la ficheTurkmenenergo
Turkmenenergo n’est pas une « startup » du réseau : c’est le bras armé turkmène de la production-transport d’électricité, dans un pays où le gaz fait tourner les turbines et où les satellites exposent des fuites de méthane à l’échelle planétaire.
Voir la ficheSUDenergie (Luxembourg)
Le fournisseur gazier sud-luxembourgeois qui a troqué son ancien nom pour afficher une conscience écologique sous pression.
Voir la ficheAlive Energy
Le nom « Alive Energy » affleure dans les opérations de stockage ; le socle juridique et financier, lui, s’appelle Alive Capital.
Voir la ficheJimah East Power Sdn Bhd
Jimah East Power Sdn Bhd — derrière la centrale Tuanku Muhriz, à Port Dickson (Negeri Sembilan, Malaisie) — illustre à la fois la solidité d’un producteur sous contrat long avec Tenaga Nasional Berhad et la fragilité d’un actif 100 % fossile lorsque l’État avance le calendrier national de sortie du charbon.
Voir la ficheSC Complex Energetic Hunedoara
Ce n’est pas un « acteur marchand » comme les autres : SC Complex Energetic Hunedoara (« Complexul Energetic Hunedoara » S.A., CEH), producteur houiller et électrique de la valeur de Jiului en Roumanie, incarne une industrie amortie par procédures collective et transferts d’actifs.
Voir la ficheGenius Watter
Genius Watter ne vend pas uniquement une centrale : elle promet une micro‑distribution d’eau couplée au photovoltaïque là où les canalisations urbaines sont absentes, avec une croissance très affirmée mais des signaux financiers et RH à redécouper à la loupe.
Voir la ficheAbu Dhabi National Oil Company
Le géant émirati ne joue pas la timidité : il aligne dividendes record, méga-projets gaziers étiquetés bas carbone et une capacité pétrolière affichée à 4,85 millions de barils par jour.
Voir la ficheQuesterre Energy
Calgary en siège, Oslo et Toronto en cotation, production qui a bondi après l’achat d’actifs au Brésil et un bras de fer québécois qui ne lâche pas : Questerre incarne la tension entre « transition » affichée et dépendance aux hydrocarbures non conventionnels.
Voir la ficheCyberGrid
Une entrée Wikidata qui décrit un jeu vidéo homonyme n’a rien à voir avec ce CyberGrid logiciel : ici, il s’agit de l’éditeur autrichien dont la plateforme FlexRegler et CyberNoc pilotent des centrales virtuelles (batteries, solaire, mobilité…) pour les marchés d’équilibrage.
Voir la ficheVE Group (Pays-Bas, spécialisé dans l'industrie pétrochimique)
Chaudronnier de haute précision pour raffineries et amont pétrolier, la VE Group capitalise sur un rebond du oil & gas annoncé dès février 2026.
Voir la ficheClub CO₂
Le captage et le stockage (ou la valorisation) du CO₂ ne sont plus un gadget de laboratoire : en 2026, ils deviennent le ciment d’une stratégie industrielle française sous tension, entre lauréats du GPID et comités de pilotage ministériels.
Voir la ficheSolek Chile Services SpA
Fille d’un groupe tchèque devenu avatar du solaire en Amérique latine, Solek Chile Services SpA a mis en ligne Leyda (95,2 MW), fleuron de son catalogue chilien, au moment où la structure tente une réorganisation concursale pour absorber une dette de l’ordre de 120 millions de dollars et des impayés fournisseurs qui font déjà procès.
Voir la ficheOnTrain Sp. z o.o.
** Née fin 2023, officialisée à la fin 2024, la plateforme polonaise OnTrain aligne des centaines de millions d’euros de dette et des dizaines de locomotives électrique multisystème pour proposer du leasing là où l’Europe centrale a du retard sur le renouvellement du parc.
Voir la ficheEPM
Empresas Públicas de Medellín incarne l’utilité publique colombienne à l’échelle industrielle : électricité, gaz, eau et services liés, ancrés à Medellín depuis 1955.
Voir la ficheSiemens Energy SpA
La filiale milanaise n’est pas une « SpA » au sens du code italien : sur les registres, c’est Siemens Energy S.r.l.
Voir la ficheTampereen Sähkölaitos
Né en 1888 sous le nom de Tampereen Sähkölaitos, l’opérateur énergétique municipal de Tampere s’appelle désormais Tampereen Energia Oy depuis le 28 août 2023 : même personne morale, même ancrage dans la ville, autre façade de marque.
Voir la fiche