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Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR)

Majeur public qui impose sa table au classement des plus grosses entreprises du pays, la Société tunisienne des industries de raffinage (STIR) concentre en même temps subventions, tension sociale et stratégie d’extension fossile peu compatible avec un “virage climatique” global.

« Premier rang des comptes publics dernier wagon de la transition »

À propos de Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR)

1. Modèle économique

La STIR est le pivot industriel du raffinage national : elle transforme du brut en produits pétroliers pour une partie du marché local, complétée par d’importantes importations nécessaires à l’équilibre offre-demande. Son chiffre d’affaires a été chiffré à 6,2 milliards de TND en 2022, ce qui en fait la première entreprise publique du palmarès sectoriel analysé par l’hebdomadaire (classement 2024). Sur le site corporate, les derniers agrégats en une page affichent encore des volumes d’exercice 2019 (chiffre d’affaires global d’environ 4,7 milliards de TND, importations 6,2 milliards, subvention 1,3 milliard, effectif 607) — utiles pour la structure comptable, mais à manier avec prudence côté “actualité” (portail STIR). La chaîne nationale est verrouillée avec l’ETAP (approvisionnement) et la STEG : lorsque les délais de paiement se tendent, ce n’est plus un problème “STIR seule”, c’est la trésorerie de tout l’écosystème hydrocarbures qui flanche (analyse des créances).

2. Impact réel

Industriellement, l’outil tourne sous sa capacité nominale : la presse spécialisée cite 32 000 barils par jour de capacité théorique, mais environ 22 000 b/j “équivalent pétrole” en 2023, en recul de 28 % sur un an au titre d’aléas d’exploitation (extension +50 %). À ce stade, aucun bilan GES consolidé, aucun pourcentage d’énergies renouvelables et aucun “CO₂ évité” vérifiable n’ont été trouvés dans les sources consultées pour attribuer à la STIR des quotas comparables au PPE3 ou aux fiches-type ADEME — instruments français/européens peu transférables tel quel. Ce qui est certain, c’est l’empreinte structurelle d’un raffinage fossile alimenté par des carburants encore lourdement subventionnés : le projet de budget 2026 retient un taux de subvention moyen de 27 % sur les carburants (Budget 2026), ce qui maintient artificiellement bas le signal-prix à la pompe et retarde la compression mécanique de la demande.

3. Innovations / partenariats

Le discours “industriel propre” repose surtout sur la conformité : le site revendique un faisceau ISO (dont 14001, 9001, et des actualités datées 2023 sur les renouvellements) et un laboratoire accrédité orienté contrôle qualité (actualités ISO). Côté investissements, la presse professionnelle évoque un chantier de modernisation/extension de la raffinerie de Bizerte, avec une phase d’étude et des échéances évoquées vers fin 2025 (brief industriel) — davantage de maintien en conditions d’exploitation et de capacité que de rupture technologique “bas-carbone”. Aucun partenariat R&D majeur, contrat vert ou finance climat documenté dans les fils suivis pour cette synthèse.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque n’est pas tant le slogan marketing que le découplage chiffré entre ISO et gouvernance financière. En 2026, l’État prévoit 1,86 milliard de TND de subvention pour la STIR — dans un volet global de 4,99 milliards pour carburants + électricité — tout en programmant le paiement de 320 millions de TND d’arriérés dus pour 2018, 2022 et 2024 (Budget 2026). Parallèlement, la presse économique décrivait fin 2021 un résultat net quasiment nul et 1,356 milliard de TND de dettes fournisseurs (bilan 2021 commenté). Sur le terrain, la Stratégie 2035 vise +50 % de capacité (objectif usuel de 48 000 b/j si l’on prolonge mécaniquement les 32 000 b/j cités par la presse) (Millim) — pari fossile au moment où la demande mondiale de produits pétroliers est de plus en plus questionnée. Ajoutez les tensions de paiement dans la chaîne ETAP–STIR–STEG (Le Quotidien), un mouvement de grève syndical reporté au 20 février 2025 (Tunisie Numérique) et des blocages autour du site de Bizerte sur fond de revendications locales (mobilisation Bizerte) : autant de signaux où la “transition” reste politique et financière avant d’être climatique.

5. Positionnement stratégique

Pour Tunis, la STIR est un instrument de souveraineté énergétique relative : sans elle, la facture d’import serait encore plus massive ; avec elle, le budget public porte une part croissante du différentiel prix marché / prix pompe. La lectique est claire dans le projet 2026 : baisse enveloppe subventions, mais versements d’arriérés et hypothèse de consommation pétrolière +6 % (Réalités) — soit une trajectoire tensionnée avec le FMI en arrière-plan. Industriellement, la remise à niveau et l’extension apparaissent comme paris de durée de vie d’actifs pétroliers, pas comme stratégie de sortie.

Verdict WattsElse

La STIR n’est pas une “entreprise plus verte” : c’est le compte d’épargne-usine d’un pays pris entre subventions, dette fournisseurs et promesse d’extension fossile — et quand la pompe coûte moins cher que la réalité du baril, c’est tout le budget qui transpire.

Sources : webmanagercenter.com · stir.com.tn · lequotidien.com.tn · millim.tn · realites.com.tn · stir.com.tn · industrialinfo.com · webmanagercenter.com · tunisienumerique.com · tunisienumerique.com

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