SAN JUAN DE BARGAS EOLICA S.L.
Ce n’est ni une start-up ni un nom fantasque : San Juan de Bargas Eolica S.L.
À propos de SAN JUAN DE BARGAS EOLICA S.L.
1. Modèle économique
L’activité est celle d’un producteur indépendant d’électricité : la société monétise la vente de MWh produits par ses turbines, dans un cadre où la trésorerie et la gouvernance se lisent surtout à travers EDP Renovables (rapport annuel et publications investisseurs). Selon les éléments disponibles dans les bases « entreprise », l’entité est présentée comme filiale à 100 % d’EDP Renovables España et unipersonnelle, avec des comptes audités (fiche Empresia). Le capital social déclaré dans un document SEC reste symbolique (3 600 €), ce qui est cohérent avec une véhicule patrimonial optimisé pour l’actif éolien (notice SEC). Côté performance commerciale, un classement économique relève une contraction marquée du chiffre : environ ‑26,6 % de facturation en 2024 par rapport à 2023 (classement Economia Digital), signal typique des producteurs sensibles aux prix spot et à la courbe de génération. Les effectifs directs au niveau de cette SL ne sont pas consolidés de manière exploitable dans les sources ouvertes consultées ici : l’intégration groupe laisse souvent une structure de pilotage mutualisée plutôt qu’une masse salariale locale affichée.
2. Impact réel
Le parc San Juan de Bargas est recensé comme opérationnel, 44,8 MW, avec 56 aérogénérateurs (déclinaisons Made AE‑52 / AE‑56, 800 kW) sur le territoire de la province de Saragosse (base The Wind Power). À cette échelle, l’impact climat « brut » est celui d’un éolien terrestre historique : il déplace du fossile sur le réseau espagnol quand il produit, sans que les sources ouvertes citées ici fournissent pour cette SL un bilan carbone ou un volume de CO₂ évité certifié. Pour le lecteur français, l’enjeu est surtout systémique : l’UE resserre progressivement ses objectifs de part d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, ce qui maintient une demande structurelle pour ce type d’actifs, tout en rendant plus visibles les conflits d’usage sur la biodiversité (synthèse sur l’expansion des EnR dans l’UE à 2030). Un parc de ~45 MW reste modeste dans le portefeuille ibérique, mais non négligeable à l’échelle d’un couloir rural aragonais densément équipé.
3. Innovations / partenariats
Il s’agit avant tout d’un parc d’actifs classiques mis en service au milieu des années 2000, avec des machines de kilowattage modeste par rapport aux turbines actuelles (profil technique). Les sources ouvertes recensées ne documentent pas de brevet, de pilotage numérique propriétaire ou de PPA récent au nom précis de San Juan de Bargas Eolica S.L. ; l’innovation observable est financière et industrielle : intégration verticale dans la plateforme EDPR et pilotage via les servicios financieros du groupe, garantissant des synergies de couverture de risque, de passation de contrats et de reporting. En l’état des fichiers consultés, aucun partenariat R&D public ou coopération technique distincte n’est attestée pour cette entité juridique en particulier.
4. Greenwashing / zones grises
La décroissance de ‑26,6 % du chiffre 2024 (classement Economia Digital) rappelle que la « vertitude » du kilowattheure en catalogue ne protège pas du risque de marché : un discours volontariste climat peut coexister avec une pression immédiate sur la marge quand les prix baissent. Sur le volet biodiversité, la ligne de front n’est pas le greenwashing corporate mais le contentieux d’usage : le 11 janvier 2024, un reportage d’AraInfo cite ANSAR et relate la mort prétendue d’une « pareja de búhos reales » (grands‑ducs, *Bubo bubo*) sous une éolienne du parc San Juan de Bargas, avec une formule choc sur « vingt ans » de problèmes récurrents (article AraInfo). Parallèlement, la superposition de dossiers éoliens en Aragon alimente des analyses d’impacts synergiques portées dans les circuits du BOA, où se joue l’arbitrage entre accélération des EnR et seuils écologiques — angle central pour évaluer si le projet reste socialement soutenable, indépendamment des engagements climat du groupe.
5. Positionnement stratégique
EDPR continue de présenter l’Espagne comme une poche d’actifs majeure (l’ordre de gigawatts est évoqué dans le reporting groupe ; voir espace investisseurs EDPR), ce qui range San Juan de Bargas dans la longue traîne cash-flow plutôt que dans la branche « annonces ». Sur la gouvernance, un BORME de novembre 2025 documente un renouvellement du conseil avec entrée de Pedro Collares Pereira de Vasconcelos, profil typique de cadre groupe sur une SL satellite (publication BORME). Dans un marché européen où l’éolien terrestre est à la fois indispensable aux cibles 2030 et de plus en plus politiquement fragmenté au niveau local, cette SL illustre la double contrainte : performances financières exposées au wholesale, licence sociale exposée aux ONG et aux médias régionaux.
Verdict WattsElse
San Juan de Bargas Eolica n’est pas une marque accessible : c’est une pince à linge financière sur un souffle méditerranéen vieillissant — et ce souffle, en 2024, a soufflé moins fort en euros, trop fort pour certains rapaces. La transition y est réelle sur le mix, coûteuse sur la balance, incendiaire sur le terrain : l’éolien n’est « propre » que si la densité, le prix et la faune tiennent la même ligne.
Sources : edprenovaveis.com · empresia.es · sec.gov · empresas.economiadigital.es · thewindpower.net · connaissancedesenergies.org · arainfo.org · boa.aragon.es · boe.es
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Acorn
Un nom court pour un dossier géant : acheminer le CO₂ des fumées écossaises jusqu’aux réservoirs usés de la mer du Nord via un réseau hérité du gaz mature.
Voir la ficheParque Eólico Valdecarro, S.L.
Derrière une raison sociale taillée pour l’éolien se cache une SPV espagnole qui exploite surtout du photovoltaïque au cœur de la Castille-La Manche — avec des comptes qui ont brutalement reculé en 2023.
Voir la ficheSolar del Valle
Trente-six ans après sa naissance dans la Sierra de Cordoue, cette PME d’installation solaire poursuit une trajectoire de proximité, entre parc pilote et soutiens publics.
Voir la ficheCopesa Cia Constructora Petrolera Sa
Entre géotechnique fossilier et tentative d’être opérateur « transitoire », COPESA incarne à Caleta Olivia la dépendance d’une manne de services aux hydrocarbures en pleine mue stratégique.
Voir la fichePetroperú
C’est la compagnie pétrolière d’État la plus emblématique du Pérou, prise en étau entre une raffinerie qui a explosé le budget, une trésorerie serrée et une scission d’actifs lancée d’urgence.
Voir la ficheArtefa
Artefa circule dans les bases comme une « société tchèque », mais hors registres, elle est presque invisible — et c’est précisément là que le journalisme utile commence.
Voir la ficheVena Energy
Vena Energy incarne la grande machine de l’électrification propre en Asie-Pacifique : gigawatts de solaire, d’éolien et de batteries, une dette de taille institutionnelle et, désormais, un bras de fer philippin qui oppose « énergie verte » et sanctuaires naturels.
Voir la ficheEssar Refinery
Le nom « Essar Refinery » renvoie en pratique à la raffinerie de Vadinar (Gujarat), aujourd’hui opérée par Nayara Energy après le rachat d’Essar Oil par un consortium dominé par Rosneft.
Voir la fichePatnaik Minerals Pvt. Ltd
Patnaik Minerals Private Limited n’est pas un « pur player » européen des EnR : c’est une maison de Keonjhar / Odisha née du fer et du manganèse, qui a greffé des éoliennes côté Gujarat et Maharashtra.
Voir la fichePowerdot
Le nom « Powerdot » renvoie d’abord, sur les encyclopédies en ligne, à un paquet de présentation LaTeX — homonyme trompeur.
Voir la ficheGül Enerjİ Elektrİk Üretİm Sanayİ Ve Tİcaret Anonİm Şİrketİ
Trois lettres pour incarner le pari hydraulique d’un groupe industriel ancré à Gaziantep : Gül Enerji n’est pas un pure player mondial affiché en Bourse, mais un opérateur de barrages exposé aux vagues du climat et au capital patient des banques de développement.
Voir la ficheComisión Técnica Mixta Salto Grande
Le géant du fleuve Uruguay alimente des portions massives de deux grilles, mais son argent vient surtout de règles tarifaires et politiques dont les riverains doutent.
Voir la ficheÅbo Akademi University
Seule université multidisciplinaire exclusivement suédophone de Finlande, Åbo Akademi University prolonge à Turku — avec une présence à Vaasa — une histoire institutionnelle qui remonte à 1918.
Voir la ficheEUROPEAN ASSOCIATION FOR INNOVATION IN LOCAL DEVELOPMENT
L’association bruxelloise incarne une couche souvent invisible du débat climatique : celle qui fait dialoguer territoires, dossiers LIFE et règles agricoles ou de cohésion.
Voir la ficheMSU
Le sigle « MSU » prête à confusion : ici, il ne s’agit ni de l’université moscovite ni d’un pétrolier classique, mais d’un producteur d’électricité argentin qui a bâti sa rentabilité sur trois cycles combinés gaz puis achète à l’État un géant hydroélectrique.
Voir la ficheMotul
** Maison familiale de lubrifiants devenue marque mondiale du moteur thermique et de la compétition, Motul accélère sur l’électricité « verte », le recyclage (gamme NGEN) et le refroidissement immersif des data centers — tout en restant exposée à la fin lente du parc ICE et à la part pétrolière résiduelle de ses formules.
Voir la ficheVSB Énergies Nouvelles
Spécialiste français des renouvelables qui fait tourner les pales et capter le soleil, tout en se faisant racheter par le géant fossile qui veut verdir son image.
Voir la ficheLUT University
Université publique technique implantée à Lappeenranta et Lahti, LUT joue un rôle discret mais central dans la « mise en réseau » des molécules et des données du système énergétique finlandais — hydrogène, PtX, flexibilité — alors que ses comptes 2025 explosent les records et que ses propres chercheurs contestent la transparence des modèles nationaux.
Voir la ficheJaguar Energy Guatemala
La centrale de Masagua, dans l’Escuintla guatémaltèque, concentre l’inverse d’une success story « verte » : très grosse part dans le système électrique, combustible encore essentiellement fossile et fil d’épisodes judiciaires, médiatisés puis documentés hors du Guatemala.
Voir la ficheHaier A/C
Climatiseurs qui font des miracles d’air frais... mais le service client reste à rafraîchir.
Voir la ficheNewmount Australia / Transalta
Le cache « Pétrole & Gaz » qui vous a amené ici ne colle pas au métier réel : Newmont est une major de l’or (filiales australiennes Cadia, Boddington, Tanami…), TransAlta un producteur d’électricité nord-américain (EnR + gaz).
Voir la ficheSwegon Operations S.r.l.
Fabricant italien d'équipements de réfrigération et ventilation non domestiques, quand ventiler devient un art industriel.
Voir la ficheLow Temperature Carbonisation
La carbonisation à basse température (LTC) n’est pas une « entreprise unique » côté marchés : c’est d’abord un procédé — puis une lignée industrielle, du brevet à l’usine, jusqu’à des reprises aujourd’hui en composites ou en biocarburants.
Voir la fiche