SAS TPF TRANSPORTS PETROLIERS FOSSEENS
** — À Fos-sur-Mer, TPF incarne la logistique courte du pétrole : peu de salariés, beaucoup de gravité industrielle.
À propos de SAS TPF TRANSPORTS PETROLIERS FOSSEENS
Précision de cadrage. — L’entité traitée est bien la SAS au SIREN 391 616 190, forme et code NAF 49.41B, activité déclarée *transport de produits pétroliers et marchandises*. Le siège social en vigueur est au 65 allée Mendez, 13270 Fos-sur-Mer, tel que relève le registre agrégé par Rubypayeur et Societe.com ; la mention « Saint-Cloud » dans le cache ne correspond pas à cette immatriculation — il s’agit vraisemblablement d’une erreur de géolocalisation à corriger côté données.
1. Modèle économique
TPF vend du transport routier de fret de proximité appliqué aux produits pétroliers dans et depuis la fosse industrielle de Fos : une activité classée « distribution » sur un globe parce qu’elle alimente la chaîne amont des stations et dépôts. La structure est volontairement familiale et resserrée : présidence tenue par Lorette Gallego, direction générale par Luc Gallego, avec Baptiste Gallego passé directeur technique après décision publiée au greffe en novembre 2024 (Rubypayeur, événement du 10/11/2024). Sur l’exercice clos le 30/06/2025, Rubypayeur reporte un chiffre d’affaires de 744 906 € (+7 % sur un an) — un rebond de volume compatible avec une zone portuaire toujours dépendante des flux hydrocarbures — mais un résultat net de −13 741 € après −14 249 € en 2024 : deux années dans le rouge d’affilée. L’effectif reste de tranche INSEE 3 à 5 salariés (dernière fourchette publique 2023 sur la même fiche). La dépendance de marché est structurelle : TPF vit au rythme des raffinages, dépôts et plateformes de Fos ; le rachat de la raffinerie Esso par Rhône Energies, acté dans la presse régionale fin 2024 (Maritima), noue géographiquement l’entreprise à un actif qui lui-même affronte la mutation carbone du site.
2. Impact réel
L’impact climat direct d’une telle PME se lit d’abord dans la combustion des flottes thermiques et la densité énergétique des produits acheminés. Rubypayeur ne publie pas de bilan GES ouvert ; en revanche, Societe.com propose, dans sa couche extra-financière, un indicateur de tonnage CO₂ (ordre de grandeur ~80 tCO₂ sur l’exercice suivi, noté dans une grille type « bilan carbone » grand public) — signal à prendre comme éclairage marché, pas comme audit ISO. Comparé aux trajectoires nationales de transport de marchandises mises en avant par l’outillage public de transport durable | ADEME, une activité 100 % pétrolière reste, par définition, du côté des émissions à réduire, même lorsque l’entreprise n’est qu’un maillon d’exécution. Aucun pourcentage d’énergies renouvelables ou de km « bas carbone » n’est documenté publiquement pour TPF ; à ce stade, la lecture honnête est celle d’une empreinte fossile dominante, à la mesure d’une microstructure sans déclaration CSRD identifiable.
3. Innovations / partenariats
TPF n’apparaît pas, dans les sources consultées, comme signataire de projets e-fuel ou d’accords industriels sur l’hydrogène : l’innovation visible se situe sur le territoire, pas dans sa com’. À Fos, les annonces récentes concernent NeoCarb et des investissements dans les e-carburants (Journal ENR), tandis que BarMar profile une infrastructure hydrogène d’ampleur européenne (La Provence). Pour TPF, la question n’est pas « brevet ou levée de fonds », mais collateral damage ou opportunité : rester sous-traitant routier d’un liquide dont une partie pourrait demain circuler par conduit plutôt que par semi-remorque.
4. Greenwashing / zones grises
Il n’y a pas ici de campagne marketing « vert » à débusquer : le risque est inverse, celui du silence prospectif face à un squelette financier fragile. Sur 2025, Rubypayeur calcèle un EBITDA négatif de −31 013 € (après −15 919 € en 2024) pour un gearing à 1,9, avec autonomie financière ramenée à 16,5 % — des chiffres qui décrivent une entreprise qui consomme sa marge avant même de « raconter » quoi que ce soit au grand public. Le Figaro Entreprises soulignait en 2025 un passif lourd par rapport à des capitaux propres étroits (de l’ordre de 218 k€ de dettes pour ~43 k€ de fonds propres selon leur lecture des comptes publiés). Ajoutez-y la pression d’infrastructure : l’accord H2V / SPMR vise le transport par pipeline de carburants aviation durables dès 2029 (France Hydrogène) — un signal pour toute la filière des transports routiers courts qui vivaient du dernier kilomètre hydrocarbures. Aucune condamnation, litige environnemental ou mobilisation locale contre TPF n’a été identifiée dans la presse vérifiée pour cette fiche.
5. Positionnement stratégique
Dans une fenêtre où Rhône Energies remet en ligne la gouvernance industrielle de l’ancien Esso Fos (Maritima), TPF reste un partenaire de proximité potentiel… ou une variable d’ajustement si les flux se liquident autrement. La reprise technique par une génération Gallego au milieu des années 2020 (Rubypayeur) s’inscrit dans un contexto où la PME doit arbitrer renouvellement de flotte, coûts carburant-carbone et volatilité des volumes — sans filet patrimonial visible au-delà du capital social de 16 k€ (Rubypayeur). Le pari sectoriel n’est pas esthétique : il tient à savoir si Fos produira encore autant de km-camion pétroliers en 2030 qu’aujourd’hui.
Verdict WattsElse
TPF n’est pas une entreprise qui « fait sa transition » : c’est un thermomètre — jusqu’ici en dépression EBITDA avec un CA qui repart, coincé entre la résilience fossile de court terme et les projets hydrogène / e-fuel qui redessinent les tuyaux. Tant que les litres passeront encore par la route, elle existera ; le jour où SPMR et les nouveaux liquides de synthèse feront le gros du trajet sans elle, la marge se jouera ailleurs.
Sources : rubypayeur.com · societe.com · maritima.fr · agirpourlatransition.ademe.fr · journal-enr.org · laprovence.com · entreprises.lefigaro.fr · france-hydrogene.org
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