Schlumberger (British Virgin Islands)
Schlumberger n’est plus qu’un nom d’étiquette : le groupe opère sous la marque SLB et se présente comme une « tech » de l’énergie.
À propos de Schlumberger (British Virgin Islands)
1. Modèle économique
L’entité Schlumberger Oilfield Holdings Limited, immatriculée aux Îles Vierges britanniques (actif depuis 1992, société n°57357), s’inscrit dans l’architecture financière du groupe SLB : elle ne résume pas à elle seule l’opérationnel mondial, mais en facilite les flux et la structuration juridique typique des grands groupes upstream. Le cœur économique demeure les technologies et services pour l’exploration-production — forage, géosciences, sous-marin, gestion de production — complété par une rampe « Digital » en forte croissance et par des acquisitions ciblées : en 2025, SLB a porté son périmètre production / artificial lift via le rapprochement avec ChampionX, valorisé environ 4,9 Md$ en transaction principalement actions, selon les documents financiers consolidés déposés auprès de la SEC. Sur l’exercice 2024, le groupe publie un chiffre d’affaires d’environ 36,3 Md$, en hausse d’environ 10 % sur un an : la croissance du segment historique « Oil & Gas » reste le soufflet principal, même lorsque la communication met en avant le « New Energy » et le digital.
2. Impact réel
Côté bilan carbone interne, SLB revendique dans son bilan RSE 2025 une réduction de 40 % des émissions de Scope 1 et 2 par rapport à 2019, au-delà de son objectif intermédiaire de −30 % fixé pour 2025. Le document annonce aussi −27 % sur le Scope 3 par rapport à 2019, avec des leviers nommément identifiés sur la supply chain et la logistique (dont une réduction logistique évoquée à plus de 115 000 tonnes CO₂e). Dans les projets « bas carbone », le groupe met en avant la coentreprise SLB Capturi™ et une première chaîne industrielle de capture au site cimentier de Brevik (Norvège), avec jusqu’à 400 000 tonnes de CO₂ captées par an pour le client. Parallèlement, un partenariat avec Ormat Technologies vise la géothermie « nouvelle génération », explicitement reliée aux besoins énergivores des data centers. Ces éléments ont un sens environnemental réel ; ils restent cependant une fraction du gigantisme des flux fossiles induits par les activités des clients — ce que les agrégats sectoriels européens (par ex. trajectoires PPE III ou benchmarks ADEME sur efficacité et climat) contradictoires avec un monde « net zero » upstream ne compensent pas à eux seuls.
3. Innovations / partenariats
Le 28 avril 2026, SLB annonce le lancement commercial de AlphaSight™, solution de cartographie réservoir et d’intelligence de forage présentée comme une avancée du « Sight family » : capteurs azimutaux extra-profonds, calcul downhole, géosteering en temps réel ; déploiements cités au Moyen-Orient, Mer du Nord, Amérique du Nord et Asie. Sur le volet « IA industrielle », le site investisseurs met en avant une collaboration SLB–NVIDIA pour industrialiser l’IA dans le secteur énergétique — convergence attendue entre calcul haute performance et ingestion massive de données de gisement. L’empilement digital + sous-surface + sous-marin prolonge la stratégie « plateforme » initiée avec Lumi et les offres intégrées (EPC sous-marins, contrats « integrated » au Moyen-Orient signalés au premier trimestre 2026).
4. Greenwashing / zones grises
La critique ne porte pas sur l’existence des briques bas carbone ou numériques, mais sur leur pondération face au socle fossile : les segments « Core » pétroliers et gaziers portent encore l’essentiel de la valeur et de la croissance cyclique (voir ventilation et commentaires du formulaire 10-K 2024). Le même filing décrit explicitement un risque de financement lié au désengagement des institutions sur les actifs fossiles — tension rarement assumée avec autant de clarté dans une communication « transition ». Sur la chaîne d’approvisionnement, SLB reconnaît que son programme d’empreinte produit (PCF) couvre plus de 60 % des émissions des catégories « fabrication et chimie » sourcing — soit une avancée méthodologique, mais aussi une zone grise documentée sur le reste des achats sensibles (communiqué bilan RSE 2025). Enfin, un volet social-gouvernance éclaire autrement la « culture groupe » : selon Bloomberg Law, une action collective (Haselman v. filiales Schlumberger/SLB, dépôt avril 2026) reproche à l’employeur d’utiliser des cotisations 401(k) « forfeited » pour alléger ses propres charges obligatoires au plan — motif ERISA, distinct du climat mais révélateur de tensions sur la régulation « extra-financière » dans son sens large.
5. Positionnement stratégique
SLB vise un équilibre paradoxal : verdir les services (méthane, CCUS, géothermie, IA) tout en consolidant les segments les plus liés au brut via M&A et contrats offshore profonds. Le T1 2026 affiche 8,72 Md$ de revenus — signal de cycle encore soutenu — pendant que la narration « sustainability » est poussée dans les awards CDP et les classements cités dans le rapport 2025. Pour un média qui lit les étiquettes sectorielles (cache « Innovation » WattsMonde), SLB incarne la fusion fictionnelle entre plateforme logicielle et machine-outil du forage : la première attire les multiples boursiers ; la seconde fixe encore le multiple géologique.
Verdict WattsElse
SLB a renommé la maison sans changer le métier : demain se décide encore sous terre, même lorsque le storytelling monte dans le cloud — la transition affichée nourrit la rentabilité cyclique, pas l’inverse.
Sources : i-bvi.com · sec.gov · investorcenter.slb.com · slb.com · slb.com · ademe.fr · slb.com · investorcenter.slb.com · news.bloomberglaw.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
ENTPE
Trois lettres, deux mondes : ENTPE nomme en France une grande école d’ingénieurs à Vaulx-en-Velin, porteuse d’un agenda « territoires et transition » — pas une ETI de production d’électricité renouvelable.
Voir la ficheAlteo Zrt.
Hongroise, cotée à Budapest sous le ticker ALTEO, cette ALTEO Energiaszolgáltató Nyrt.
Voir la fichePars Makina
À Ankara, Pars Makina se rêve en petite fabrique de machines de rupture pour la chaleur industrielle, l’ORC et les systèmes tournants.
Voir la ficheParque Solar Roma
Sous le nom hispanophone « Parque Solar Roma », les bases ouvertes pointent avant tout vers un chantier précis : le Parco Solare Le Torri à Tor Bella Monaca, présenté comme l’un des pivots du solaire urbain romain et d’une communauté énergétique renouvelable (CER).
Voir la ficheMOULIN DE LA MARCHE
Ce n’est pas un producteur d’électricité : la SAS Moulin de la Marche (Châteaulin, Finistère), rattachée au groupe Agromousquetaires (enseignes Intermarché / Netto), industrialise surtout la fumaison de poisson.
Voir la ficheTaketoyo Mega Solar Power Plant
Le Taketoyo Mega Solar n’est plus une centrale : ce nom renvoie à un parc photovoltaïque pilote de 7,5 MW, greffé sur le site de la centrale thermique de Taketoyo (préfecture d’Aichi, Japon), avant son démantèlement en 2015 pour libérer l’emplacement de l’unité thermique actuelle.
Voir la ficheNord Stream AG
Consortium historiquement domicilié à Zoug pour le gazoduc sous-marin reliant la Russie à l’Allemagne via la Baltique, Nord Stream AG incarne aujourd’hui une infrastructure sans flux mais avec des bilans climatiques et juridiques explosifs.
Voir la ficheEolus
Eolus AB, développeur nord-américano-européen basé en Suède, affiche une capacité sous gestion au-delà du gigawatt alors que ses comptes 2025 basculent dans le rouge sous le coup de dépréciations et d’un offshore balte sous tension géopolitique.
Voir la ficheENERTRAG
Installée dans l’Uckermark brandebourgeoise, Enertrag incarne une trajectoire rare : d’un développeur familial de vent au pilote d’un « Verbundkraftwerk » intégrant électricité renouvelable, stockage et hydrogène, avec des ambitions gigantesques sur les dossiers internationaux — et une histoire allemande déjà jalonnée de frictions avec le modèle «…
Voir la fichePT. Chevron Geothermal Salak Ltd
La désignation « PT Chevron Geothermal Salak Ltd » renvoie à la séquence juridique et industrielle du champ géothermique de Gunung Salak, en Java occidental, vendu par Chevron à un consortium mené par Star Energy en 2017, aujourd’hui intégré à l’empilement Barito Renewables / Barito Pacific.
Voir la fichePlains Exploration & Production
C’était un nom de pétro indépendant, taillé pour le forage.
Voir la ficheImpulso Solar las Lloysas SpA
En apparence, c’est un simple écran corporate : un bloc de trois mégawatts crête sur dix hectares au Chili, chiffré à la virgule.
Voir la fichenatural gas utility
National Fuel Gas Company incarne une utilité américaine au gaz très intégrée : régulation garantie en aval, exposition totale aux cycles du gaz en amont.
Voir la ficheVAPEC INDUSTRY
Créée au printemps 2025 pour industrialiser « Made in France » un savoir-faire historiquement suisse, Vapec Industry incarne la course aux chaufferies hybrides dans une industrie encore très gazée.
Voir la ficheOPTYMA
Un caméléon industriel qui aurait préféré être un athlète du CO2 : un peu d’ingénierie, de gestion et parfois de web, mais toujours avec l’ambition de réduire les coûts... et peut-être un peu l’empreinte.
Voir la ficheCompagnie des Produits Chimiques et Raffineries de Berre
À Berre-l’Étang, la vieille colonne vertébrale pétrochimique française n’est pas morte: elle change de mains.
Voir la ficheNawa Technologies
Une société française passée tout près du vide judiciaire en 2023, sauvée par son actionnaire industriel ; trois ans plus tard elle brandit des usines XXL à Rousset et Dayton, mise sur l’hydrogène et l’aéronautique, et parie sur cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2029.
Voir la ficheTuulivoimapuisto Soidinmäki Oy (Megatuuli)
Une SPV n’a pas d’aura ; elle a des contrats, des compteurs et, parfois, des procédures.
Voir la ficheManitoba Hydro
Stéphane n’est pas au Manitoba, mais le schéma vous parlera tout de même : une filière « verte » par le mix peut basculer dans le rouge dès que l’eau manque.
Voir la ficheChina Suntien Green Energy
China Suntien Green Energy vend un récit de transition, mais ses comptes racontent une mécanique plus ambivalente: du vent en vitrine, du gaz dans la caisse.
Voir la fichePrisma Energy International
Coquille juridique née de la faillite la plus médiatisée du début des années 2000, Prisma Energy International a servi à empaqueter des réseaux gaz et électricité hors des États-Unis pour les vendre au meilleur prix — puis à disparaître dans la fusion de l’acheteur.
Voir la ficheEPM Empresas Públicas de Medellin
EPM n’est pas une « energy company » de façade : c’est le bras armaturel d’une métropole qui a fait de l’électricité et de l’eau un pacte social.
Voir la ficheLurgi AG
Le nom « Lurgi » ne figure plus en lettres visibles en bourse : depuis 2007, cette ingénierie allemande est dans le moteur du groupe Air Liquide.
Voir la fiche